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Madame la Ministre,
Madame la Présidente du C.A. du CALQ,
Chers artistes,
Mesdames et Messieurs,
Bonsoir,
C'est avec beaucoup d'émotion et de fierté que nous avons préparé
l'événement qui nous réunit et nous sommes très heureux que vous ayez
accepté de fêter avec nous le
15e anniversaire du Conseil des arts et des lettres du Québec. Pour le Conseil, cette fête est avant tout
l'occasion de vous remercier. Car vous tous ici présents avez joué un rôle dans son histoire et contribué à son développement. Ce Conseil,
c'est le vôtre, et c'est à Québec que se trouve son siège social.
La ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Madame Christine St-Pierre, qui nous fait l'honneur de sa présence ce soir, annonçait récemment la nomination de la nouvelle présidente du conseil d'administration du CALQ. J'ai donc tout d'abord le plaisir de vous présenter la présidente de notre conseil d'administration, madame Marie DuPont, qui est parmi nous pour la première fois publiquement.
Diplômée de l'Université d'Ottawa et de la London Film School, Marie DuPont a œuvré dans le domaine du cinéma et de la télévision durant plusieurs années et a occupé plusieurs postes de gestion.
Pendant plus de 10 ans, elle a été directrice générale de l'Orchestre Métropolitain du Grand Montréal. Depuis 1996, elle est directrice générale du Forum économique international des Amériques. En 2004, elle est devenue rédactrice en chef de la revue
Forces et directrice de Décision Média. Je crois que sa vaste expérience en gestion, sa profonde connaissance des grands enjeux de la mondialisation ainsi que son engagement dans le milieu artistique contribueront au plus haut point à la bonne évolution des activités du Conseil.
Maintenant, j'aimerais dire merci aux artistes, aux écrivains et âmes dirigeantes des organismes artistiques. Vous êtes la raison
d'être du Conseil et les partenaires de son évolution, étant étroitement associés aux prises de décisions qui concernent aussi bien
l'attribution de ses fonds que les orientations stratégiques de ses activités. Vous avez souhaité sa création et vous avez participé à tous les exercices de consultation qui ont permis
de bonifier ses actions, de réviser son mode de fonctionnement et d'ajuster
ses programmes afin qu'ils répondent à vos attentes et à vos besoins. Vous avez aussi donné beaucoup de temps et prêté votre expertise en siégeant à des commissions consultatives, des jurys et des comités.
Cette association des milieux artistiques et littéraires à tous les niveaux décisionnels du Conseil me fait souvent penser au fonctionnement
d'une grande famille au sein de laquelle on partage nos projets et nos ambitions, où on accepte
d'être jugé par des pairs, où il arrive parfois qu'on se chamaille, mais surtout
qu'on s'entraide.
Ce qui fait la richesse et la force du Conseil, c'est la diversité des points de vue qui peuvent
s'y exprimer, le rassemblement de compétences et le partage des expériences. Cette synergie permet aux interventions du Conseil
d'être porteuses de développement durable pour les arts et les lettres.
En se dotant d'un conseil des arts il y a 15 ans, le Québec se ralliait à une vision partagée par des dizaines de pays,
l'ensemble des provinces canadiennes et des états américains en ce qui a trait à
l'administration des fonds publics destinés au secteur artistique.
Dès 1994, le premier président-directeur général du Conseil, Monsieur Guy Morin, souhaitait que le Conseil se donne la mission de
"faire en sorte que la culture et les créateurs occupent une place prépondérante dans notre société."
Je crois aussi que l'avenir des arts et des lettres se bâtit en bonne partie sur la reconnaissance des arts comme valeur de base par notre société et sa disposition à épauler les artistes, les écrivains, les artisans et les organismes artistiques qui lui insufflent diversité et vitalité. Le rôle du Conseil
n'est pas de définir la culture ou d'en diriger l'évolution, mais de soutenir le mieux possible ceux qui la font tout en respectant leur indépendance et leur liberté.
Au cours des dernières années, le secteur des arts et des lettres a connu un élan remarquable dans la Capitale-Nationale, à Montréal et dans toutes les régions du Québec. Le public québécois, et particulièrement celui de Québec, a la chance
d'avoir accès à une pratique artistique de très haut niveau et cette qualité artistique exceptionnelle assure aussi une présence québécoise sur la scène internationale. Le rayonnement de nos artistes, de nos écrivains et de nos interprètes contribue à imposer
l'image du Québec comme d'une société qui soutient l'audace, l'originalité,
l'excellence et l'expression des différences.
Je me réjouis que l'on fasse l'éloge aujourd'hui de notre identité culturelle et de la force de la création. Je suis convaincu que
l'action du Conseil a contribué à cette vigueur en soutenant les artistes et les écrivains qui sont le moteur même de la culture dans
l'ensemble des disciplines. Permettez-moi de citer quelques exemples :
- le Québec a été le tremplin du renouvellement artistique du cirque, que le Conseil a été le premier subventionneur public à reconnaître comme une discipline artistique; la semaine dernière, le Conseil des Arts du Canada reconnaissait enfin cette discipline;
- la dramaturgie québécoise, tant pour les adultes que pour l'enfance et la jeunesse, est un phare pour tout le théâtre francophone, et la Capitale-Nationale peut notamment
s'enorgueillir d'être le berceau de Robert Lepage;
- de nombreux auteurs-compositeurs et interprètes québécois de la chanson et plusieurs de nos chefs
d'orchestre se distinguent partout dans le monde;
- nous sommes à l'avant-plan du développement des arts numériques à
l'échelle internationale;
- la littérature jeunesse québécoise s'est affirmée comme un modèle du genre;
- à Québec, la coopérative Méduse inspire le reste du monde par sa façon
d'abriter sous un même toit des organismes à l'avant-garde d'un large éventail de disciplines dans un esprit
d'interrelation, de partage et de complémentarité plutôt que de compétition, ce qui favorise
l'expérimentation, le développement artistique et le réseautage avec
l'étranger;
- à Saint-Jean-Port-Joli, on a réussi l'impossible : partir de
l'expression artistique traditionnelle et artisanale pour arriver à
l'art actuel, sans rupture.
J'aimerais rappeler que ce développement et la création de toutes ces œuvres et de ces productions dont nous avons raison
d'être fiers ont commencé en tête à tête avec une page blanche, une toile, un écran d'ordinateur ou sur une scène de répétition, dans des conditions souvent difficiles. C'est précisément à cette étape-là que le Conseil cherche à intervenir de la manière la plus cruciale, en soutenant la recherche et le risque artistique qui assurent un renouvellement, la diversité et la liberté de la création.
Depuis 15 ans, le Conseil a soutenu la recherche et l'expérimentation parallèlement à la consolidation et au développement des organismes. Il a favorisé
l'amélioration des conditions de pratique des créateurs et mis en place des mesures visant le respect des droits
d'auteur. Il a encouragé l'intégration des artistes de la relève et la poursuite de carrières amorcées de longue date. Il a milité pour
l'occupation artistique de l'ensemble du territoire québécois, pour
l'intégration des créateurs issus de l'immigration et des minorités visibles, pour le rayonnement et une présence sur de nouveaux marchés.
Le Conseil a multiplié les ententes régionales, dans 16 des 17 régions dont le Nunavik, et il proposera bientôt un programme aux artistes des Premières Nations conçu en collaboration avec des artistes de plusieurs communautés autochtones. Je tiens à souligner la présence de la première artiste Inuit ayant participé au programme
d'échange de résidences avec le Nunavik, Madame Jessie Koneak Jones.
Nous sommes aussi engagés dans nombre d'échanges internationaux qui font que chaque année, nos artistes et écrivains sont présents dans plus de 40 pays grâce, entre autres, aux efforts que nous avons déployés pour développer un des plus importants réseaux de studios et de résidences au monde.
J'en profite pour saluer tous les artistes et les écrivains qui ont pu ou qui
s'apprêtent à vivre l'expérience d'un séjour de création ainsi que les créateurs étrangers dont le Québec est
l'hôte et qui sont parmi nous ce soir.
Comme l'exprimait madame Marie Lavigne, qui dirigea le Conseil de 1995 à 2001 :
"La création du Conseil a été un pari démocratique, un geste
d'affirmation de la nécessité de l'autonomie de la création, un pari pour la liberté."
Depuis ce temps, ce pari a été tenu par plusieurs personnes et je veux tout
d'abord exprimer ma gratitude aux gouvernements et aux ministres de la culture qui ont accordé leur confiance au Conseil et lui ont procuré les moyens
d'accomplir sa mission même en temps de crise. Leur écoute et leur appui furent extrêmement précieux et motivants. Je peux témoigner à cet égard de
l'engagement actif de madame St-Pierre dans le soutien du rôle et du mandat du Conseil des arts et des lettres.
L'existence du Conseil a été jalonnée de nombreux soubresauts et remaniements, fruits
d'un questionnement constant visant à améliorer ses services ainsi que la cohérence et
l'efficacité de ses interventions. Mais son développement s'est aussi effectué dans une continuité grâce aux compétences de ceux et celles qui se sont succédé à sa direction. Merci à mes prédécesseurs, Guy Morin, Marie Lavigne et Marie-Claire Lévesque,
d'avoir guidé le Conseil en adhérant à des valeurs fondamentales que sont :
- le respect de l'autonomie et de la liberté de création, de l'indépendance artistique et administrative des
organismes;
- la reconnaissance du mérite artistique par les pairs;
- la concertation avec les milieux artistique et littéraire;
- la rigueur et la transparence des modes d'attribution de l'aide financière.
À cet effet. vous savez sans doute que l'Assemblée nationale a adopté en juin dernier une loi qui introduit de nouvelles règles de gouvernance au Conseil des arts et des lettres du Québec. Désormais, la direction est scindée entre la présidente du conseil
d'administration et le président-directeur général, et il y aura 8 membres indépendants parmi les 15 administrateurs prévus. Une majorité des administrateurs devront aussi être des femmes. Des comités de gouvernance, de déontologie et des ressources humaines
s'ajouteront sous peu au comité de vérification déjà en place. Tout cela
s'inscrit dans la volonté du gouvernement de moderniser la gouvernance des sociétés
d'État en la rendant plus transparente et imputable.
Je vous ai présenté la nouvelle présidente du conseil d'administration, Marie DuPont, et je tiens à remercier très chaleureusement tous ceux et celles qui ont siégé au
C.A. pour leur engagement, leur générosité, leur dévouement, l'intelligence, le dynamisme,
l'éthique, l'expertise et l'ouverture d'esprit qu'ils ont mis au service du Conseil et ce, bénévolement. Pour certains
d'entre eux, comme Johanne Dor, François Bédard et François Lahaye, cela a représenté le don de 20 à 25 jours de leur temps chaque année. Je salue les membres du CA actuel, la vice-présidente Francine Bernier et Mesdames Agathe Alie, Marie-Thérèse Fortin, Mona Hakim, Louise Lemieux-Bérubé et Dominique Payette ainsi que Messieurs Charles-Mathieu Brunelle, Alan Côté, Luc Courchesne, David Homel et Stéphane Laforest.
L'ensemble des réalisations du Conseil est rendu possible grâce aux efforts constants et au savoir-faire de ses employés, professionnels, fonctionnaires, et cadres répartis presque également entre les bureaux de Québec et de Montréal. Ils sont le cœur du Conseil. Depuis cinq ans, je les vois à
l'œuvre, animés par une conviction qui leur fait assumer de plus en plus de responsabilités de plus en plus complexes.
Le nombre de demandes et de dossiers traités a augmenté de près de 50 % au cours des
six dernières années. Malgré cette situation, le personnel du Conseil maintient la barre haute et différents rapports
d'examen gouvernementaux, dont celui du Conseil du Trésor en 2006, ont maintes fois réaffirmé que :
"Le Conseil a contribué au développement des arts et des lettres de façon transparente, équitable et rigoureuse tout en ayant le souci de servir la politique culturelle."
Je rend hommage à tous les employés, à leur compétence et à leur passion et je les remercie pour la qualité de leur travail et leur souci
d'entretenir des rapports attentifs avec les artistes et les organismes dont on leur confie les dossiers.
De l'équipe initiale des "pionniers du Conseil", il reste 18 personnes que je tiens à saluer ce soir : Alain Filion, Ginette Richard, Claude Bédard, Yvon Bergeron, Francine Champagne, Julie Dufresne, André Dugré, Jean Dumas, Marjolaine Jacob, Françoise Jean, Christiane Jobin, Line Johnson, Nathalie Leclerc, Patricia Nadeau, Réjean Perron, Lise Richard, Francine Royer et Andrée Ruel.
Marie-Claire Lévesque, qui fut PDG de 2001 à 2003, estimait que
"le soutien à la relève et le développement artistique en région constituait les enjeux majeurs du renouvellement de la création."
Le Conseil a déployé des efforts considérables afin d'adapter ses modes de soutien aux besoins de ces secteurs névralgiques.
J'exprime ma reconnaissance à tous les partenaires qui ont collaboré étroitement avec nous à cet égard, soit le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, la Société de développement des entreprises culturelles, les conseils régionaux de la culture, les conférences régionales des élus, les autres conseils des arts et les forums jeunesse.
Je profite de l'occasion pour saluer le Conseil régional de la culture de Québec et de Chaudière-Appalaches avec qui nous travaillons en étroite collaboration lors de la remise des deux Prix à la création artistique pour ces régions. Rappelons que ces
prix, assortis d'un montant de 5 000 $ chacun, seront remis pour une quatrième année, le 25 novembre prochain, dans le cadre des Prix
d'Excellence des arts et de la culture auxquels sont associés plusieurs partenaires de la région. Je remercie le président du CRC, Monsieur Philippe Sauvageau, ainsi que la directrice générale, Madame Manon Laliberté et toute son équipe de leur précieuse collaboration.
Évoquer tous ces partenariats me fait penser qu'il y a bientôt 15 ans que
j'entretiens un lien avec le Conseil. En 1995, à l'invitation du PDG de
l'époque, Guy Morin, j'avais accepté de participer à un comité portant sur le financement du
Conseil... un geste qui a probablement contribué à semer le germe d'un mouvement qui allait se constituer plus tard, le Mouvement des Arts et des Lettres, au sein duquel
j'ai été, disons, passablement actif pendant plusieurs années. Ce mouvement a permis une prise de conscience de
l'importance du financement de la création, qui est toujours la pierre angulaire de notre politique culturelle.
À titre de premier dirigeant du CALQ depuis 2004, j'ai la responsabilité et
l'immense honneur de relever des défis stimulants et de faire en sorte que les investissements dans les arts et les lettres contribuent au développement et au rayonnement des artistes et de leurs œuvres. Je veux vous assurer que nous poursuivrons tous ces efforts pour soutenir encore mieux la création et son rayonnement dans les nouveaux contextes que
l'on connaît.
Nous souhaitons que ce 15e anniversaire soit l'occasion de célébrer la création avec les artistes, les écrivains, les gestionnaires
d'organismes et tous nos partenaires répartis dans l'ensemble du Québec. À cette fin, nous tenons diverses activités tout au long de
l'année dans plusieurs régions, que ce soit lors de remises de prix, de panels de discussion sur la création.
Au printemps dernier, un hommage aux lauréats des prestigieuses bourses de carrière du Conseil, suivi
d'un cocktail réunissant artistes, représentants d'organismes, partenaires, administrateurs et employés a amorcé les fêtes du
15e à Montréal
Quelques semaines plus tard, le Conseil tenait une table ronde sur la création québécoise au Festival
d'Avignon, en présence de plusieurs artistes des arts de la scène d'ici et de diffuseurs européens. Cet automne, dans le cadre de la rencontre annuelle des membres du
Réseau des Organisateurs de Spectacles de l'Est du Québec (ROSEQ), le Conseil a organisé une table ronde portant sur les défis de la création et de la diffusion artistique et littéraire en région.
Une table ronde sur la création et l'expérience internationale s'est déroulée cet après-midi et je remercie la comédienne, metteure en scène et directrice artistique du Carrefour international de théâtre de Québec, Marie Gignac, de
l'avoir animée. Je salue tous les participants qui l'ont enrichie de leur expérience : le dramaturge et metteur en scène Daniel Danis, l'interprète Paule-Andrée Cassidy, la chorégraphe Lydia Wagerer, le directeur général de la Manif'd'Art
internationale de Québec Claude Bélanger, le directeur artistique des
Productions Recto-Verso et du Mois Multi Émile Morin, l'écrivain et le directeur littéraire des
éditions l'Instant Même Gilles Pellerin et le metteur en scène
bolivien Diego Aramburo, qui a reçu une bourse UNESCO-Ashberg/CALQ.
Enfin, je remercie notre partenaire Télé-Québec qui assure la captation des tables rondes qui seront diffusées au Canal Savoir, et nos commanditaires de cette fête, Alain Bolduc et Christine Babkine de la Société des alcools du Québec, dont la contribution à
l'ensemble des célébrations prévues cette année est fort appréciée.
Je remercie le président du conseil d'administration du Musée national des beaux-arts du Québec, Monsieur Pierre Lassonde, et la directrice générale Madame Esther Trépanier ainsi que son équipe qui ont permis de vous accueillir dans un cadre idéal.
Je vous invite à signer le livre d'or qui circule depuis ce printemps afin de recueillir des commentaires et témoignages qui sont publiés dans
l'album virtuel du 15e anniversaire sur notre site Web. Ce livre est posé à
l'entrée.
Pour ma part, en cet anniversaire, j'aimerais adresser un vœu à notre culture. Je lui souhaite
d'avoir les moyens d'occuper la place importante qu'elle mérite afin de pouvoir
s'exprimer en toute liberté et de continuer à nous étonner et à nous séduire, à nous interroger et à nous éblouir, à nous conscientiser et à nous faire rêver.
Merci à tous et bonne soirée !
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