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Au nom de la ministre de la Culture et des Communications du Québec,
Madame Louise Beaudoin, et du Conseil des arts et des lettres du Québec,
je souhaite la plus cordiale bienvenue aux membres du Conseil
international des doyens des disciplines artistiques. Je me réjouis de la tenue au Québec d'un événement qui soulève aussi vivement la question de la place des arts dans l'enseignement supérieur, une question qui, chez nous, est au coeur même des réflexions du ministère de la culture et du conseil des arts et des lettres, particulièrement cette année où se déroule une imposante réflexion dans le cadre des états généraux de l'éducation. Dans la société québécoise comme dans toute société, la culture joue un rôle fondamental. Au même titre que la langue, la culture témoigne de l'existence d'une collectivité. Elle est à la fois le terreau et le tuteur de son identité. En négligeant d'accorder une juste place à sa culture, un peuple perd l'expression même de son identité. L'accès et la sensibilisation aux arts apparaissent donc aussi importants au développement de l'être humain que l'alphabétisation. Dans le mémoire qu'il déposait récemment aux états généraux de l'éducation, le Conseil des arts et des lettres du québec soulignait qu'une culture sans écho était condamnée à parler dans le vide. Il insistait sur le fait que l'école, au sens large du mot, devait se faire l'écho de la culture collective. Il préconisait notamment une sensibilisation aux arts dès le plus jeune âge par un accès accru aux productions artistiques et une présence plus marquée de l'artiste dans les écoles. L'université est un merveilleux lieu de formation qui doit permettre à ceux qui désirent se consacrer aux arts de s'initier à tous les modes d'expression qui s'offrent à eux. Le passage d'un étudiant dans une faculté des arts constitue un moment privilégié d'exploration des différents moyens de création. On ne peut aujourd'hui évoquer les nouveaux moyens d'expression artistique sans aborder les nouvelles technologies qui sont en train de bouleverser aussi bien le milieu de la création que celui de l'éducation. Elles entraînent des formes de création novatrices et inédites qui laissent entrevoir de fabuleuses possibilités aux artistes. Parallèlement, l'apparition de médias interactifs qui donnent au public la possibilité d'agir sur une oeuvre est en train de redéfinir le rôle et la place du créateur. Il est essentiel que l'enseignement dispensé par les institutions ouvrent toutes les portes possibles à ces nouveaux moyens d'expression. Les artistes de la relève doivent être initiés aux méthodologies de conception et d'écriture inhérentes aux nouvelles technologies pour leur permettre de devenir des navigateurs culturels autonomes. S'ils ne fabriquent pas eux-mêmes les produits culturels qui découlent des nouvelles technologies, ils seront condamnés à consommer uniquement ceux des autres. En permettant une grande ouverture sur le monde, les nouvelles technologies recèlent des moyens de diffusion extraordinaires pour les créateurs et l'accès au public. Dans ce village plus global que jamais, tous les gens impliqués dans le milieu culturel, que ce soit au niveau de la création, de la diffusion, de l'enseignement ou du soutien aux arts, doivent réfléchir sur la pertinence de leur action, sur l'orientation à donner à leur intervention et sur la nécessité d'encourager une plus grande synergie entre eux. Pour notre part, nous continuerons à soutenir l'excellence, la diversité et le renouvellement de la création, tout en nous associant aux démarches visant à intégrer les arts à la vie quotidienne, y compris celles entreprises par le système d'éducation. Je suis persuadée que les prochains jours seront fertiles en réflexions et propices à l'émergence de solutions originales adaptées à la nouvelle problématique qui entoure l'enseignement des arts. Je souhaite aux organisateurs de ce 32e congrès que son succès soit à la hauteur de leurs efforts. |
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