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par Me Ghislain Roussel
De nombreuses raisons peuvent inciter un individu à siéger au
conseil d'administration d'une compagnie artistique. Le désir de
s'engager plus à fond dans la cause des arts. La fierté bien légitime
de participer à la croissance et à l'orientation d'un organisme qui
lui tient à coeur. Sans oublier le prestige d'être associé à une
entreprise qui bénéficie d'une certaine renommée. Mais le statut
d'administrateur comporte aussi des devoirs. La présente chronique a
pour but de vous éclairer sur la question en abordant les principales
obligations qui se rattachent à ce poste.
Règles et responsabilités
Depuis l'entrée en vigueur du nouveau Code Civil, une importante
modification apportée aux règles de responsabilité fiduciaire rend
personnellement responsables les membres du conseil d'administration
d'un organisme sans but lucratif (aussi appelé «association»).
Ainsi, ils peuvent être accusés d'avoir provoqué la faillite d'une
association s'ils ont endossé des engagements en sachant pertinemment
que celle-ci n'avait pas les moyens de les assumer.
De façon générale, l'administrateur ou l'administratrice doit
agir avec prudence et diligence, honnêteté et loyauté, tout en
respectant les limites de son mandat. Consciencieux, l'administrateur
prend des décisions de manière réfléchie, en évaluant sérieusement
leurs conséquences sur l'association dont il est membre. Mais il est
malheureusement possible d'enfreindre des règles tout en agissant de
bonne foi. Par exemple, en voulant accélérer les choses pour
accorder des contrats sans suivre le processus de fonctionnement
interne prescrit, en privilégiant certains créanciers plutôt que
d'autres ou, plus simplement, en ignorant ou en oubliant les détails
de certaines règles qu'un administrateur est tenu de savoir.
Être ou ne pas être en conflit d'intérêt
Le membre d'un conseil d'administration doit bien sûr éviter de
se placer dans une situation de conflit d'intérêt. S'il est lié par
contrat avec une autre entreprise, il doit le déclarer à
l'association dont il est membre et s'abstenir de participer à toute
discussion et décision rattachées à ses autres fonctions. Un
administrateur ne peut ni confondre les biens d'une compagnie avec les
siens, ni les utiliser à son profit, ni les détourner au profit d'un
tiers. Il ne peut pas non plus quitter son poste en s'appropriant des
informations confidentielles ou des documents de haute valeur.
La responsabilité personnelle d'un administrateur peut également
être engagée si, par exemple, l'association dont il est membre ne
respecte pas les normes du travail ou incite ses employés à
contourner délibérément des lois. Il est susceptible d'un recours
de la part d'un employé congédié si ce congédiement peut être
qualifié d'abus de droit de sa part.
Une personne qui ne se conforme pas à ses obligations
d'administrateur peut faire l'objet de recours juridiques et ne pourra
plus siéger à d'autres conseils d'administration si elle a été
trouvée coupable d'un acte criminel comportant malhonnêteté ou si
elle a manqué de façon répétée à ses obligations.
Il est bon de noter que les organismes peuvent souscrire à une
police d'assurance-responsabilité civile qui les protège en cas de
procès intentés à leurs dirigeants ou à leurs employés. Les
primes varient selon la nature et la taille de l'entreprise.
Siéger à un conseil d'administration peut vous conduire loin, à
condition d'avoir en main la bonne feuille de route...
Pour de plus amples renseignements, consulter la brochure Administrateur
de compagnie: guide des droits, devoirs et responsabilités,
disponible aux Publications du Québec.
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