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3 SOUTENIR LA CRÉATION,
LA PRODUCTION ET ASSURER LEUR RAYONNEMENT
3. 1 - Le soutien aux
artistes professionnels
La création est au cœur de toute politique
dédiée au développement des arts et de la culture (Note
15). (...) l'autonomie de la création et la liberté
d'expression constituent des valeurs fondamentales pour toute société
démocratique (Note
16).
La somme des œuvres de nos
romanciers, de nos poètes, de nos dramaturges, de nos compositeurs,
de nos auteurs-compositeurs, de nos chorégraphes, de nos peintres, de
nos sculpteurs, de nos cinéastes ou de nos vidéastes constituent
l'essence même de la culture québécoise. Le travail du créateur
individuel est à la base de toute culture. Le programme de bourses
aux artistes professionnels constitue l'outil majeur de recherche et
de développement de la pratique artistique au Québec. Aussi, le
Conseil attribue à ce programme environ 15 % de l'enveloppe budgétaire
destinée à l'aide financière, soit 6,2 M $ pour l'exercice
financier 1998-1999.
A. Un programme essentiel
Par sa politique culturelle, le
gouvernement québécois confiait au Conseil des arts et des lettres
du Québec la responsabilité de " concevoir et de mettre en œuvre
un programme spécifique à la création " pour remplacer le
programme d'aide aux artistes professionnels existant. Dès sa première
année de fonctionnement, le Conseil rencontrait les artistes lors
d'une grande tournée régionale et ajustait certains paramètres du
programme. En 1997, il procédait à sa révision en profondeur.
Il est apparu essentiel au Conseil
de maintenir une intervention forte en faveur des créateurs et
d'adapter son programme de bourses aux réalités des disciplines qui
diffèrent l'une de l'autre ainsi que de mieux l'ajuster au développement
de carrière des artistes.
Les orientations principales
retenues lors de la révision visait à soutenir financièrement les
artistes à toutes les étapes de leur carrière, à moduler le
programme en fonction des réalités de chacune des disciplines
artistiques et à permettre un meilleur arrimage entre la création et
la diffusion des œuvres. Des bourses servent à soutenir la recherche
et la création, d'autres permettent aux artistes de se perfectionner
ou d'effectuer des déplacements ou des séjours à l'étranger bénéfiques
à la poursuite de leur cheminement artistique. En outre, en
1998-1999, le Conseil accordait pour la première fois trois bourses
de carrière pour souligner la contribution exceptionnelle d'artistes
ayant à leur actif plus de 25 ans de pratique et dont l'œuvre a
marqué la création artistique québécoise.
En 1998-1999, le Conseil a accordé
803 bourses à des artistes professionnels. Pour répondre à un vœu
maintes fois exprimé par la communauté artistique qui souhaitait que
les programmes publics ne soient plus des opérations de saupoudrage
et que les bourses permettent véritablement aux artistes
professionnels de réaliser leur projet, le Conseil a augmenté le
montant des bourses. Il a contribué par là à améliorer
substantiellement la situation économique des artistes qu'il
soutient. Avant la création du Conseil, la bourse moyenne en
recherche et création était de 6 505 $ ; en 1998-1999, elle est de
10 508 $.
Lorsque l'on considère les
exigences, ne serait-ce que de temps, nécessaires à la réalisation
d'une œuvre d'art et les conditions socioéconomiques (Note
17) dans lesquelles vivent la très grande majorité de nos créateurs
pourtant reconnus et qui font notre fierté à l'étranger, on
constate que le montant moyen des bourses est encore très bas et que
bon nombre de bourses ne peuvent être octroyées, faute de crédits.
En 1998-1999, le Conseil disposait
de 5 M $ pour les bourses en recherche et création, toutes
disciplines confondues. Répondant favorablement à 25 % du nombre des
demandes, il a octroyé 475 bourses. Les jurys qui ont siégé au
cours de cet exercice ont estimé que 189 autres projets, totalisant 3
M $, auraient également mérité d'être soutenus et les ont inscrits
sur la liste de substituts. À titre d'exemple, en arts visuels et médiatiques,
secteur qui regroupe près de 50 % des demandeurs, ces difficultés de
répondre adéquatement à la demande compromettent l'appui aux
travaux de nature exploratoire, aux besoins de perfectionnement, à la
prospection de nouveaux marchés et la circulation des œuvres au sein
d'une multiplicité de réseaux, à la documentation et l'interprétation
des œuvres à des fins éducatives et promotionnelles, à la
sensibilisation des publics, jeunes et moins jeunes, et au rayonnement
national et international. Cela dit, l'état endémique des
investissements en recherche et en création laisse en plan le
potentiel magnifique de la création contemporaine du Québec.
B. Un outil de développement
de carrière
Le gouvernement confiera au Conseil des arts
et des lettres du Québec le mandat de soutenir les créateurs afin
qu'ils aient la possibilité (...) de se ressourcer et d'être
confrontés à des démarches artistiques à l'extérieur de leur région
ou du Québec (Note
18).
À la suite de la révision du
programme de bourses, le Conseil a considérablement augmenté le
nombre de bourses de déplacement pour permettre à un plus grand
nombre d'artistes d'accepter des invitations de l'extérieur du Québec
pour participer à des activités rattachées à la pratique de leur
art et à des manifestations liées au développement de leur carrière.
Ce peut être pour participer à une biennale internationale de
peinture, à une rencontre internationale d'écrivains ou de vidéastes,
à un marché de spectacles, ou encore pour diriger un orchestre dans
un autre pays. En 1998-1999, 200 artistes ont pu ainsi profiter d'un
soutien à leur déplacement.
On sait l'importance pour l'évolution
de la démarche d'un artiste de confronter sa pratique à celle
d'autres artistes et de l'enrichir en s'ouvrant à d'autres milieux,
à d'autres cultures. Inscrivant son action dans une optique de
partenariat et d'échanges avec d'autres pays, le Conseil a élargi de
façon significative le réseau de studios et d'ateliers-résidences
accessibles aux créateurs québécois. Les écrivains et les artistes
peuvent désormais bénéficier de séjours à Villeneuve Lez Avignon,
en France, à Mexico ou à Espoo, en Finlande, en plus des studios à
Paris et à New York déjà mis à leur disposition depuis une
vingtaine d'années.
Le Conseil a également établi des
programmes d'échanges à l'intention de la relève : l'un, en
collaboration avec l'Office franco-québécois pour la jeunesse et
l'Association française d'action artistique, qui offre aux jeunes créateurs
des séjours en France, dans différents centres spécialisés en arts
visuels, en arts médiatiques, en arts multidisciplinaires et en métiers
d'art, et un second, avec l'association des Pépinières européennes
pour jeunes artistes, qui permet des échanges dans l'ensemble des
pays de la Communauté européenne. Au total, chaque année, plus
d'une vingtaine d'artistes de toutes les disciplines peuvent profiter
de séjours à l'étranger ou sont accueillis au Québec en vertu de
ces programmes d'échanges.
Ce soutien des artistes lié à des
échanges avec d'autres pays s'inscrit dans un désir de favoriser
l'exportation de nos produits culturels en renforçant la réciprocité
; ainsi, de plus en plus d'artistes québécois peuvent s'illustrer à
l'étranger grâce à un rayonnement accru de leurs œuvres.
S'il est essentiel de soutenir dans
leur démarche les artistes en pleine carrière, il est tout aussi
crucial d'encourager adéquatement les jeunes créateurs qui dessinent
la vie artistique de l'avenir. Le Conseil a donc mis en place des
mesures adaptées aux besoins de la relève c'est-à-dire aux artistes
qui ont entre deux et dix années de pratique professionnelle.
Afin d'offrir aux artistes et aux écrivains
de la relève vivant à l'extérieur des grands centres un accès équitable
aux bourses de création, le Conseil leur réserve annuellement une
enveloppe de 1 M $. Le mode d'évaluation de leurs demandes par des
jurys interrégionaux permet de tenir compte spécifiquement des réalités
de la pratique artistique en région, tout en préservant le principe
de l'évaluation sur la base de la qualité artistique. D'année en
année, plus de 60 % des boursiers sont issus de la relève. En
1998-1999, 501 artistes en début de carrière ont reçu l'an dernier
une bourse du Conseil sur un total de 803 boursiers.
Par ailleurs, 6 % des boursiers de
1998-1999 s'identifient comme des individus d'origine autre que française
et anglaise alors que 2 % sont des autochtones, une proportion
correspondant sensiblement à la proportion d'artistes qui ont présenté
une demande de bourse.
3. 2 - Le soutien aux
organismes artistiques
Le Conseil apporte un soutien
financier aux organismes à but non lucratif qui œuvrent en arts de
la scène, en arts visuels, en arts médiatiques ou en littérature,
et ses interventions s'inscrivent dans une dynamique de développement
global qui repose sur l'intégration des activités de création, de
production et de diffusion au sein de chaque discipline artistique.
Au cours du dernier exercice
financier complet, le Conseil a accordé au-delà de 24 M $ aux
organismes de production des arts de la scène ; il a soutenu 109
organismes au fonctionnement et 96 aux projets. Il a distribué près
de 3 M $ à 59 centres d'artistes en arts visuels et en arts médiatiques,
près de 1 M $ à 28 éditeurs de périodiques culturels et 1,7 M $ à
36 associations professionnelles, regroupements nationaux et
organismes de services. Au plan de la diffusion, le Conseil a versé
6,5 M $ en subventions pour le soutien de tournées au Québec, pour
la diffusion des arts de la scène hors Québec, pour la diffusion et
la promotion des arts visuels et des arts médiatiques, pour
l'organisation d'événements nationaux et internationaux, pour la
programmation de diffuseurs spécialisés et pour l'accueil de
spectacles en provenance de l'étranger sur le territoire québécois.
Le Conseil, en vertu de son mandat,
se doit de soutenir en priorité les organismes les plus porteurs au
plan de la qualité artistique dans toutes les disciplines et dans
toutes les régions du Québec.
Afin de maximiser l'impact de son
aide financière, le Conseil n'a ménagé aucun effort pour soutenir
les organismes qui travaillent au rétablissement de leur situation
financière. Le Conseil a résolument inscrit son action, comme le prévoyait
la Politique culturelle, dans l'optique de la stabilisation et de la
consolidation des organismes artistiques. Ainsi, il a offert à
plusieurs un financement pluriannuel pour leur permettre de mieux
planifier leurs activités artistiques et d'accroître leur marge de
manœuvre administrative dans leur gestion. En 1997-1998, 43 % des
organismes de production présentant une situation d'équilibre ou de
surplus financier ont pu se prévaloir de cette mesure.
Depuis sa création, le Conseil a de
plus contribué à stabiliser la situation financière de 34
organismes auparavant soutenus aux projets en les accueillant au
fonctionnement, les rendant ainsi éligibles à un financement
statutaire. Par ailleurs, tous les organismes qui affichaient un déficit
supérieur à 15 % de leurs revenus se sont engagés dans des plans de
redressement auxquels le Conseil a collaboré, soit en apportant son
expertise professionnelle ou en finançant le recours à des
ressources spécialisées externes, soit en suscitant des efforts
concertés de la part de leurs différents partenaires financiers. Sur
les 26 organismes qui étaient dans cette situation en 1997-1998,
quatre ont résorbé entièrement leur déficit et 18 autres l'ont réduit
dans des proportions allant de 25 % à 75 %.
Si les difficultés financières
perdurent, ce n'est pas faute d'efforts de la part des organismes pour
rationaliser leur gestion et augmenter leurs revenus autonomes. Ils
ont rivalisé d'imagination pour trouver des moyens originaux de
recueillir des dons et des commandites. D'ingénieux projets de mise
en commun de lieux, de services administratifs et de développement de
réseaux ont vu le jour.
Le Conseil a systématiquement référé
les organismes aux programmes gouvernementaux comme les programmes
d'emploi ou autres initiatives. Mais que feront les organismes
artistiques quand prendront fin ces programmes gouvernementaux
ponctuels que sont le Fonds de stabilisation et de consolidation des
arts et de la culture du Québec, et le Fonds de lutte contre la
pauvreté, auquel ils s'adressent notamment pour obtenir les sommes nécessaires
à l'embauche de personnel?
A. Les arts de la scène
La réputation de nos compagnies de
théâtre, pour les adultes comme pour le jeune public, de nos
orchestres symphoniques, de nos ensembles de musique de chambre ou de
musique contemporaine et actuelle, ou encore de nos compagnies de
ballet ou de danse contemporaine n'est plus à faire. Elle a depuis
longtemps franchi nos frontières, et occupe une présence de plus en
plus marquée à l'étranger. L'ensemble des compagnies de production
en arts de la scène subventionnées par le Conseil ont donné, en
1997-1998, 7 000 représentations devant près de 3 millions de
personnes dont plus d'un demi-million à l'extérieur du Québec.
De façon générale, l'appui du
Conseil au secteur du théâtre vise à consolider les organismes les
plus porteurs aux plans artistique et administratif et à assurer une
répartition des fonds permettant une présence théâtrale dynamique
aussi bien dans les grands centres qu'en région. Au cours du dernier
exercice, le Conseil a soutenu le fonctionnement de 59 compagnies de
théâtre. Sur ces compagnies, 37 sont établies à Montréal, 10 à
Québec et 12 en région. De plus, il a octroyé des subventions
permettant à 43 autres organismes de réaliser des projets de
production. Si la programmation de ces organismes offre des œuvres du
répertoire mondial de théâtre classique et contemporain, elle fait
aussi une large place à la dramaturgie québécoise. Elle met également
en évidence des artistes dont le travail, souvent expérimental,
propose de nouvelles formes d'expression théâtrale.
Parmi les 59 organismes soutenus au
fonctionnement l'année dernière, 17 compagnies œuvrent
exclusivement pour le jeune public. Le théâtre pour l'enfance et la
jeunesse regroupe les organismes qui s'adressent principalement aux
jeunes de 3 à 12 ans. Faisant montre d'un volume d'activités
toujours impressionnant, la plupart de ces organismes ont comme
particularité de vendre leurs spectacles à un diffuseur spécialisé,
une école ou un service de loisirs.
Le théâtre en milieu anglophone
doit composer, quant à lui, avec des réalités qui diffèrent de
celles qui prévalent en milieu francophone puisque son marché est
principalement concentré à Montréal. En 1998-1999, neuf compagnies
anglophones, dont deux s'adressaient au jeune public, ont obtenu un
soutien financier du Conseil.
L'année dernière, le Conseil a
apporté son appui, sous forme de subventions de fonctionnement, à 27
formations musicales particulièrement actives allant de l'orchestre
symphonique à l'ensemble plus restreint . Il a également soutenu 31
autres compagnies pour des projets ponctuels de création ou de
production. Les répertoires de ces organismes vont de la tradition
classique à la musique actuelle en passant par l'opéra, le jazz, la
musique traditionnelle et les musiques du monde. Les orchestres
symphoniques régionaux jouent un rôle vital en permettant aux
musiciens d'exercer leur art dans leur région. Par ailleurs, ces
organismes, en plus de présenter du répertoire de musique
symphonique et de musique de chambre dans différentes villes de leur
région, consacrent également beaucoup d'énergie à la réalisation
d'activités de sensibilisation et d'animation ainsi qu'à l'accueil
de productions provenant de l'extérieur de leur région.
Le milieu de la danse connaît
depuis plusieurs années une croissance exceptionnelle au Québec.
Quoique dominée par la danse contemporaine, la pratique de la danse
est très variée : qu'elles soient classiques, contemporaines,
folkloriques ou d'influence ethnique, ses diverses tendances démontrent
le potentiel de créativité que proposent les chorégraphes québécois
à un public de plus en plus averti. En 1998-1999, le Conseil a
soutenu au fonctionnement 16 compagnies de danse. Il a également
accordé son aide financière à 16 autres organismes, dont plusieurs
font partie de la relève, pour la réalisation de projets ponctuels.
Malgré la concentration des compagnies de danse à Montréal,
quelques-unes œuvrent en région et y déploient nombre d'efforts
pour attirer de nouveaux publics. La mesure mise de l'avant par le
Conseil en 1998-1999 de réserver aux régions autres que Montréal et
Québec 30 % des fonds consacrés aux projets de production en arts de
la scène a permis au cours de cet exercice de soutenir six compagnies
établies dans le Centre-du-Québec, en Estrie, à Laval, en Mauricie
et en Montérégie.
Les arts multidisciplinaires
connaissent un développement spectaculaire depuis le début des années
1990 au Québec, faisant éclater les cloisons entre les disciplines
artistiques et suscitant de nouvelles formes d'expression. Au cours du
dernier exercice financier, le Conseil a soutenu 13 organismes en arts
multidisciplinaires, dont sept au fonctionnement, situés en milieu
fortement urbanisé. Les spectacles d'arts multidisciplinaires
touchent un public de plus en plus nombreux et l'image d'avant-garde
qui les caractérise séduit des diffuseurs de l'étranger qui
sollicitent leurs auteurs pour la présentation de spectacles,
l'accueil d'artistes en résidence, la participation à des colloques
ou à des rencontres internationales.
Le Conseil soutient en arts de la scène
les activités de 16 associations professionnelles, regroupements
nationaux ou organismes de services. Les regroupements et associations
d'artistes œuvrent fondamentalement au développement d'un domaine
artistique et à la reconnaissance des artistes. Les organismes de
services, quant à eux, offrent un soutien professionnel à des
artistes ou des organismes : ce soutien peut se traduire par la
disponibilité de salles de répétitions communes pour les danseurs,
d'accès à des centres de documentation ou de référence, ou encore
prendre la forme de services administratifs pour les organismes de
faible taille.
La diffusion des arts de la
scène
Le Conseil des arts et des lettres du Québec
sera "chargé d'accroître, de diversifier et de soutenir la
circulation des expositions, des spectacles et des activités
culturelles au Québec (Note
19)."
La diffusion constitue un des enjeux
majeurs inscrits dans le mandat du Conseil des arts et des lettres du
Québec, soit de rendre accessible à l'ensemble de la population québécoise
l'art sous toutes ses formes. Tel que stipulé précédemment, il est
primordial de consolider la synergie entre la création, la production
et la diffusion afin de maximiser nos interventions.
Le Conseil travaille en étroite
collaboration avec les organismes artistiques pour déterminer les
meilleures stratégies de diffusion. Jugeant crucial d'accroître le
rayonnement et la diffusion des créations québécoises, le Conseil a
entrepris, en 1996, une vaste consultation dans les milieux du théâtre
et a subventionné des projets porteurs de solutions tels que une enquête
du Conseil québécois du théâtre sur les pratiques de mise en marché
des compagnies et des diffuseurs en théâtre ; le soutien aux
rencontres " Fenêtres de la création théâtrale " pilotées
par le Théâtre de la Ville de Longueuil, en collaboration avec
l'Association des compagnies de théâtre et le Réseau-Scènes ;
l'ajout par le Festival de théâtre des Amériques d'un volet "
Nouvelle scène ", qui compte une programmation axée sur la
production de jeunes compagnies de création et l'organisation de
rencontres formelles avec des diffuseurs québécois, et, dans le même
esprit, le soutien au volet " Nouvelle garde " mis sur pied
par le Carrefour international de théâtre de Québec.
En 1998, le Conseil a jugé
essentiel de renforcer la diffusion des productions québécoises auprès
du jeune public. Il contribue notamment au financement d'une étude
menée sous l'égide du Conseil québécois de la musique, en
collaboration avec le Conseil québécois du théâtre et le
Regroupement québécois de la danse, en vue de faire le point sur les
enjeux de la diffusion auprès du jeune public.
L'obtention de nouveaux crédits au
Conseil a permis d'augmenter sensiblement depuis quatre ans le nombre
de tournées de spectacles au Québec et à l'extérieur, l'appui aux
diffuseurs spécialisés et l'accueil de spectacles en provenance de
l'étranger.
La circulation de spectacles au Québec
est essentielle car elle rend les productions accessibles à la
population sur l'ensemble du territoire ; elle permet, en outre,
d'assurer une diversité dans la programmation qui lui est proposée,
de prolonger la durée de vie des spectacles et de permettre non
seulement aux compagnies montréalaises d'aller en région mais aussi
aux compagnies régionales de présenter leurs spectacles partout au
Québec.
Le nombre de compagnies qui ont fait
des tournées de spectacles au Québec est passé en cinq ans de 29 à
48, soit une augmentation de 65 %. Au cours du dernier exercice
financier, 33 organismes de Montréal, six de Québec et neuf établis
en région, ont présenté un total de 218 spectacles différents hors
de leur lieu de résidence.
Le programme spécial de soutien aux
projets innovateurs de concertation et de coopération en diffusion
des arts de la scène, lancé en 1997-1998 pour trois ans et géré
conjointement avec le ministère de la Culture et des Communications
et la Société de développement des entreprises culturelles, a
permis, entre autres, des sorties du Théâtre du Nouveau Monde dans
sept villes du Québec qui ont attiré 15 000 nouveaux spectateurs.
Par ailleurs, le Théâtre du Double Signe, à Sherbrooke, a développé
son " Club des mordus du théâtre " et le Théâtre
Denise-Pelletier a travaillé au développement du public adolescent.
Au cours de la saison 1999-2000, le projet La Danse sur les routes du
Québec permettra à 32 villes d'accueillir 18 compagnies de nouvelle
danse québécoises ; ces compagnies de Montréal, de Sherbrooke et de
Trois-Rivières donneront un total de 92 représentations dans les
diverses régions. Ce programme a permis des avancées intéressantes
en matière de développement de publics.
Au fil des ans, le Québec est
devenu un grand exportateur de manifestations artistiques ;
d'importants festivals internationaux, des diffuseurs de même que des
producteurs étrangers invitent régulièrement nos artistes et leurs
créations. Outre les retombées positives qu'elle revêt au regard de
la confrontation artistique, la tournée internationale constitue une
importante source de revenus pour les compagnies tant par la vente de
spectacles que par les fonds de création qui leur sont consentis par
les structures d'accueil étrangères afin de coproduire des œuvres
inédites d'auteurs, de compositeurs ou de chorégraphes québécois.
Dans nombre de cas, les tournées à l'étranger font partie intégrante
des activités annuelles des compagnies en arts de la scène. Celles
dont la démarche est axée davantage sur la recherche et la création
sont très en demande sur le plan international. Ce qui témoigne de
l'importance de l'innovation et de la qualité de la créativité
artistique au Québec, mais aussi de l'audace et de l'intense dévotion
à leur art de nos créateurs et interprètes.
En investissant dans les tournées
à l'international, le Conseil soutient le rayonnement de la culture
québécoise, la vitalité et la santé financière des compagnies
artistiques, et favorise l'accès à la scène mondiale qui s'avère
essentiel au développement de nouveaux marchés, vu l'exiguïté du
marché québécois.
En 1998-1999, le Conseil a soutenu
51 organismes pour leurs projets de tournées ou de développement de
marchés. Le théâtre québécois a une excellente renommée à l'étranger
et ce, aussi bien en Europe qu'en Amérique; les compagnies Ex
Machina, Carbone 14, le Théâtre Ubu, le Carrousel, Les Deux Mondes,
DynamO Théâtre, le Théâtre sans fil, pour ne nommer que celles-là,
sont applaudies sur la scène internationale pour leur créativité et
leur apport original au renouvellement du théâtre. Toutes les
troupes qui font du théâtre pour l'enfance et la jeunesse tournent
au Québec et parfois même à l'étranger. En effet, certains
spectacles pour jeune public peuvent connaître une diffusion
exceptionnelle et être joué plus de 1000 fois, imposant aux
compagnies productrices des cycles de création et de diffusion fort
différents du théâtre pour adultes.
La musique ne cède pas sa place sur
la scène internationale où l'Orchestre symphonique de Montréal
remporte un franc succès. Par ailleurs, nos ensembles de musique de
chambre, de musique ancienne et de musique contemporaine se taillent
rapidement une place sur la scène internationale et y acquièrent une
renommée d'excellence à la fois par leur créativité, l'originalité
de leur approche et la qualité de leur interprétation.
La danse québécoise se situe dans
le courant d'avant-garde de la danse contemporaine en Occident. Les Édouard
Lock, Marie Chouinard, Ginette Laurin, Jean-Pierre Perreault et
Paul-André Fortier mènent leur compagnie à l'avant-scène du monde
et fascinent par le renouvellement constant de leur langage chorégraphique.
La plupart des compagnies faisant des tournées internationales y
tirent la majorité de leurs revenus et y présentent les deux tiers
de leurs spectacles.
Le Conseil soutient annuellement une
dizaine d'événements nationaux et internationaux qui ont des retombées
artistiques et économiques importantes dans les régions. D'une part,
Montréal et Québec représentent des pôles importants avec les
grands festivals de théâtre et de danse, d'autre part, se tiennent
à Joliette, le Festival international de Lanaudière ; à Jonquière,
la Semaine mondiale de la marionnette ; à Rimouski, le Festi-Jazz
international et à Victoriaville, le Festival international de
musique actuelle.
Ces événements présentent des créations
québécoises inédites en première mondiale et accueillent des
compagnies et des artistes étrangers réputés ainsi que des œuvres
et des spectacles à la fine pointe de la modernité. Ce sont aussi
des lieux de confrontation de pratiques artistiques novatrices et des
outils exceptionnels de promotion de nos artistes, particulièrement
ceux de la relève, tant auprès du public d'ici que des acheteurs étrangers.
Afin de favoriser une réciprocité dans les échanges culturels
multilatéraux, le Conseil a mis sur pied un programme dédié à
l'accueil de spectacles étrangers au Québec qui permet d'enrichir la
programmation artistique offerte aux différents publics québécois
notamment en danse et en théâtre.
Le Québec compte des salles de
spectacles vouées à la diffusion d'une seule discipline artistiques
telles que L'Agora de la danse, la Maison-Théâtre pour l'enfance et
la jeunesse, Le Périscope ou encore des organismes qui présentent
des saisons ou des programmations spécialisées en divers lieux comme
les Jeunesses musicales du Canada ou les concerts Ponticello en
Outaouais. En 1997-1998, le Conseil se voyait confier la responsabilité
du soutien à ces diffuseurs spécialisés. Leur apport à la
promotion des arts de la scène, au rayonnement des compagnies et à
la sensibilisation des publics est considérable. En 1998-1999, le
Conseil a soutenu 38 diffuseurs spécialisés des arts de la scène
pour un montant de 1,9 M $.
B. Les arts visuels et les
arts médiatiques
Le domaine des arts visuels et des
arts médiatiques a connu un essor remarquable au Québec au cours des
quinze dernières années. Développant un champ de compétences
artistiques très large dans toutes les régions du Québec en matière
de création, de diffusion, de production et de circulation de leurs
œuvres, peintres, sculpteurs, installateurs, performeurs, vidéastes,
photographes, architectes, graveurs, holographes, cinéastes et
artisans des métiers d'art ont pris à leur charge l'exploration et
le rayonnement de pratiques artistiques novatrices qui étaient, pour
plusieurs d'entre elles, demeurées méconnues jusque-là du grand
public. L'atelier de l'artiste est aujourd'hui un foyer d'accueil
ouvert au public, la salle d'exposition se prête à la curiosité des
écoliers, l'espace de production assure aux jeunes artistes de la relève
un accès à des équipements spécialisés à la faveur de leur compétence.
Fruit d'un travail acharné et d'une passion peu commune, le succès
de nombreux artistes et organismes se fait sentir aujourd'hui sur les
scènes régionale, nationale et internationale.
Outre l'aide qu'il accordait aux
artistes professionnels, le Conseil des arts et des lettres du Québec
apportait, en 1998-1999, un soutien au fonctionnement de près de 3 M
$ à une soixantaine de centres d'artistes répartis dans le domaine
des arts visuels et des arts médiatiques. Fondés et gérés par des
artistes et des artisans professionnels, les centres d'artistes du Québec
regroupent des créateurs, des animateurs et des administrateurs
professionnels autour de lieux qui assurent des conditions favorables
à la production et à la diffusion d'œuvres issues d'une pluralité
de pratiques artistiques.
Présents sur l'ensemble du
territoire du Québec, les centres d'artistes garantissent, depuis
plus de vingt-cinq ans pour certains d'entre eux, la cohérence des
enchaînements essentiels qui font qu'une œuvre visuelle -
exposition, performance, installation, projections vidéo, arts télématiques
et multimédia - soit présentée. Ces centres d'artistes offrent,
annuellement, environ 750 activités qui rejoignent un quart de
million de personnes. Conjuguant, selon leur mission, les fonctions de
diffusion, de production, d'accueil d'artistes en résidence,
d'animation, de circulation, de perfectionnement, de documentation et
de sensibilisation du public, ces centres offrent aux créateurs
aguerris comme aux artistes de la relève des équipements et des
services favorables au développement de leur carrière.
À cet égard, dans la seule année
1998-1999, chacun des 59 centres d'artistes soutenus par le Conseil
accueillait la prestation d'une cinquantaine d'artistes professionnels
dont le tiers était issu de la relève. Combinant avec audace les
savoir-faire traditionnels aux nouvelles avenues technologiques, les
artistes et les centres d'artistes du domaine des arts visuels et médiatiques
prennent ainsi une place active et engagée que leur communauté leur
reconnaît en termes de support et de participation et qui suscite
l'envie des nombreux pays avec lesquels ils sont en réseau.
C'est d'ailleurs dans cette foulée
que le Conseil soutenait, en 1998-1999, le rayonnement des arts
visuels et médiatiques au Québec et à l'étranger en allouant près
de 900 000 $ à 52 projets novateurs dont plusieurs étaient inscrits
à la programmation d'événements présentés en Belgique, en Écosse,
aux États-Unis, en France, au Maroc, en Roumanie et en Suisse. Sur ce
même plan, soulignons l'impact et le succès publics d'événements
nationaux et internationaux soutenus par le Conseil, parmi lesquels on
retrouve le Symposium de la jeune peinture de Baie Saint-Paul, la
Biennale du dessin, de l'estampe et du papier-matière d'Alma, le Mois
de la photo à Montréal, la Biennale de céramique à Trois-Rivières,
les symposiums de la Fondation Derouin dans les Laurentides, la
Biennale de Montréal, le Symposium en arts visuels de l'Abitibi-Témiscamingue,
la Manifestation internationale vidéo et arts électroniques de Montréal
ou le Printemps du Québec en France. En soutenant de tels événements
qui mettent en valeur l'expertise des professionnels du monde
artistique et le talent des artistes qui s'affirment dans les régions,
le Conseil participe à l'accueil de créateurs étrangers et à
l'inscription du Québec au réseau des grandes manifestations
internationales d'art contemporain.
L'appui du Conseil à neuf éditeurs
de périodiques culturels consacrés aux arts visuels et au cinéma
contribue, en outre, à documenter et à enrichir la réflexion
critique et publique entourant la pratique des arts visuels et médiatiques.
Suscitant l'apport des artistes, des critiques d'art, des historiens,
des commissaires et des journalistes, certaines de nos revues spécialisées
dans ce domaine se taillent aujourd'hui une place de choix sur la scène
internationale, pour ne citer que la revue Parachute, alors que
d'autres explorent brillamment les zones d'union des pratiques
artistiques, comme le font les éditeurs de la revue Le Sabord, au
regard du visuel et du littéraire. Enfin, le Conseil encourage une
vie associative dynamique dans le domaines des arts visuels et médiatiques
en soutenant six associations et regroupements nationaux d'artistes.
En dépit de l'essor remarquable que
l'on observe au Québec dans le domaine des arts visuels et médiatiques,
la situation économique des artistes et des organismes demeure
difficile, voire précaire. Le rapport du Groupe-conseil en arts
visuels, produit en 1996, en a d'ailleurs brossé un portrait
saisissant : les revenus générés par les créateurs des arts
visuels comptent parmi les plus bas du secteur culturel et leurs œuvres
tardent à trouver des débouchés en termes de marché ; quant aux
organismes, le niveau aigu de précarité financière qu'ils
rencontrent et les conditions de travail qui y prévalent imposent un
redressement à la hauteur de leur contribution artistique, économique
et sociale.
Au fil des dernières années, les
outils de communication et de promotion des organismes du domaine des
arts visuels et médiatiques sont restés dérisoires en dépit
d'efforts remarquables. La sensibilisation et la participation du
public en souffrent. La diversification et la multiplication des
sources de revenus sont arrimées à la disponibilité des bénévoles
qui acceptent de s'en charger. La qualité des services à la
communauté, le développement des équipements et la mise en valeur
des ressources offertes au public font, plus souvent qu'autrement, démonstration
d'une certaine indigence. Au regard de l'amélioration du statut économique
des artistes, le versement de cachets honorables et le respect des
droits d'auteur demeurent nettement insuffisants pour les rémunérer
à la hauteur de leur professionnalisme. Face à une telle situation,
le Conseil ne peut qu'être profondément inquiet quant au développement
professionnel des activités artistiques et à l'amélioration des
conditions économiques des artistes vivants à l'échelle québécoise.
C. La littérature et les périodiques
culturels
La littérature est une forme
d'expression forte et féconde de la culture d'un peuple. Les poètes
comme les romanciers et les auteurs de littérature jeunesse québécois
nous offrent un panorama littéraire de plus en plus diversifié où
se distinguent déjà plusieurs auteurs issus d'autres horizons qui y
apportent la richesse de leur culture d'origine. À travers les pages
d'un livre, sous l'emprise de l'imaginaire et de l'écriture d'un
auteur, on découvre les différentes facettes d'une culture.
L'appui important que le Conseil
apporte au secteur de la littérature est axé essentiellement sur le
soutien à la création littéraire, à la publication de périodiques
culturels et à la promotion des œuvres littéraires par les
regroupements d'écrivains. Le soutien à l'édition, à la diffusion
des livres et aux salons du livre est du ressort de la Société de développement
des entreprises culturelles alors que le soutien à la lecture
publique, entre autres aux bibliothèques, relève du ministère de la
Culture et des Communications. En 1998-1999, le soutien du Conseil au
secteur de la littérature a été de l'ordre de 1 847 726 $ dont 912
422 $ sous forme de bourses à 94 écrivains.
Ainsi, le Conseil soutient divers événements
littéraires : le Festival de littérature de l'Union des écrivaines
et écrivains québécois, le Festival international de la poésie de
Trois-Rivières, le Festival interculturel du conte de Montréal et la
Rencontre internationale des écrivains. Grâce aux crédits
additionnels obtenus dans la foulée de la Politique de la lecture et
du livre, le Conseil a créé un programme de diffusion et de
promotion de la création littéraire québécoise ouvert aux
associations et collectifs d'auteurs régionaux pour la tenue
d'activités de sensibilisation dont les spectacles littéraires. Ce
phénomène, dû à l'initiative des écrivains pour faire mieux connaître
au public la littérature québécoise, a pris de l'ampleur ces dernières
années. À Montréal comme dans les autres régions, les associations
d'écrivains proposent au public des lectures d'œuvres sous la forme
de véritables spectacles où la littérature s'accompagne de musique,
d'audiovisuel, d'œuvres d'art ou de procédés multimédias. Enfin,
le Conseil peut désormais accueillir des projets d'écriture
d'auteurs de non fiction.
Les périodiques culturels jouent un
rôle essentiel au Québec. Ce sont des lieux de réflexion, de débats
et de création, qui se distinguent des grands médias par leurs
analyses spécialisées sur la création artistique et l'importance de
l'espace rédactionnel qu'ils accordent à la production artistique et
littéraire ; ils fournissent une précieuse source d'information sur
l'ensemble de l'activité artistique et littéraire qui se déroule au
Québec. De la trentaine de périodiques culturels que le Conseil
appuie, plus de la moitié se consacrent à la littérature. La
majorité des périodiques littéraires publient des œuvres de création
; ce sont des lieux privilégiés d'expression de la fiction, de la
nouvelle et de la poésie, en particulier pour les jeunes auteurs qui
y trouvent souvent la première occasion de se voir publiés. Les
magazines littéraires rendent compte de l'actualité littéraire par
le biais de dossiers, d'analyses, de critiques et d'entrevues.
Le Conseil a maintes fois souligné
les difficultés liées au sous-financement des périodiques
culturels. L'injection de fonds nouveaux dans le secteur de la littérature
a contribué à réduire leurs déficits et à relancer leurs activités
de promotion et de mise en marché, mais leur situation financière
demeure précaire. Les frais de production grugent l'essentiel de leur
budget : ils sont soumis à des hausses de coûts souvent imprévisibles
comme l'augmentation du prix du papier. En fait, la plupart de ces périodiques
survivent en bonne partie grâce à l'investissement bénévole des
responsables de la production et à la très faible rémunération de
leurs collaborateurs. Les fonds supplémentaires qu'a pu leur accorder
le Conseil se sont traduits par une bonification des cachets versés
aux collaborateurs, même si leur travail de rédaction est encore
rarement rémunéré à sa juste valeur. À cet égard, au cours des
dernières années, le Conseil a incité les éditeurs de périodiques
à se doter d'une politique de cachets aux écrivains et aux artistes
qui collaborent à ces revues, et il a tenu compte de cet aspect dans
l'évaluation des demandes de subventions.
3. 3 - La présence d'une
diversité culturelle
La moitié des organismes de
production soutenus au fonctionnement par le Conseil en 1998-1999
comptent parmi leur personnel des individus d'origine autre que française,
anglaise ou autochtone. Ces individus travaillent majoritairement dans
la région de Montréal et représentent environ 5 % du personnel de
l'ensemble des organismes (Note
20).
On observe une situation assez
semblable lorsqu'on considère la langue maternelle des employés des
organismes artistiques : 40 % des organismes disent avoir des employés
de langue maternelle autre française ou anglaise, et cette proportion
grimpe à 50 % lorsqu'il s'agit des personnes de langue maternelle
anglaise. Au total, les employés de langue maternelle autre que française
compteraient pour 12 % de l'ensemble des travailleurs des organismes
artistiques soutenus au fonctionnement par le Conseil.
Par ailleurs, 5 % des organismes
comptent parmi leur personnel des personnes d'origine autochtone ce
qui représente près de 1 % du personnel de l'ensemble des
organismes.
En plus d'avoir à leur emploi des
personnes de diverses origines ethnoculturelles, 17 % des organismes
disent avoir une vocation ou une mission liée explicitement à la
question du rapprochement entre les cultures. À titre d'exemple, des
événements tels que le festival de culture autochtone Terres en vues
et Nuits d'Afrique sont issus d'initiatives de communautés. On peut
aussi mentionner la troupe de théâtre autochtone Ondinnok et le théâtre
Deuxième Réalité, qui regroupent sur scène des comédiens
francophones, anglophones et de diverses origines ethniques, de même
que le Black Theatre Workshop. Le Conseil subventionne également des
compagnies de danse qui ont une vocation du même type : c'est le cas
notamment de Misrasena/Sinha Danse, qui s'est donné comme mission de
mettre en valeur les minorités visibles, et de Métaspora Danse qui
cherche à favoriser l'accès aux spectacles de danse contemporaine
aux personnes appartenant aux communautés ethnoculturelles.
Par ailleurs, plusieurs organismes,
sans avoir une mission liée au rapprochement interculturel,
organisent à l'occasion des activités à caractère ethnoculturelles
: 13 % des organismes de production soutenus au fonctionnement ont dit
avoir mené de telles activités. Ce sont, par exemple, des événements
visant à faire connaître un artiste d'une autre culture (vivant ici
ou venant d'ailleurs), à sensibiliser le grand public à des réalités
sociales ou culturelles propres à certaines communautés ou à
rejoindre des auditoires venant de communautés culturelles diverses.
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