INVESTIR DANS L'IMAGINAIRE DE

Yellow Towel

Investir dans l'imaginaire de Dana Michel

Enfant, Dana Michel posait une serviette jaune sur sa tête pour tenter de devenir blonde. De cette expérience est née la puissante pièce Yellow Towel, un solo de 60 minutes durant lequel l’artiste revisite le monde imaginaire de son altérité dans un rituel performatif alliant austérité et absurdité.

Au fil de cette « tentative d’exorcisme en technicolor », Dana Michel creuse les stéréotypes de la culture noire et des êtres marginalisés, laissant surgir de sa mémoire une créature étrange qu’elle apprivoise en même temps que nous.

Son approche originale et sa capacité de s’interroger, de façon absolument personnelle, sur le processus créatif, vaudront à la chorégraphe et performeuse le prestigieux Lion d’argent de la Biennale de Venise pour l’innovation en danse en 2017.

Le Conseil avait accordé une bourse de 11 000 $ à Dana Michel pour la création de cette œuvre qui s’est classée au palmarès de Voir (Montréal), Dance Current Magazine (Canada) et Time Out (New York), et s’est promenée aux quatre coins du monde.

Yellow Towel, de Dana Michel.

Yellow Towel, de Dana Michel. Crédit : Ian Douglas

Marginale et fascinante

Avec une démarche marquée à la fois par l’improvisation, la sculpture, la comédie et le cinéma, Dana Michel est vite sortie du lot de la relève en danse, en imposant une gestuelle qui ne ressemble à aucune autre.

En 2006, The Globe and Mail la considère « Meilleure chorégraphe émergente ». Suivront le prix ImPulsTanz Award (Vienne) en reconnaissance de ses réalisations artistiques exceptionnelles et l’ANTI – Festival international Prize for Live Art, l’un des plus prestigieux prix d’Europe. En 2014, le New York Times la mentionne dans la foulée de Pina Bausch. Classée trois ans de suite dans le Top 10 du Mirror, elle a déjà présenté son travail dans six pays d’Europe et d’Amérique du Nord.

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Dana Michel. Crédit : Camille McOuat

Née à Ottawa, basée à Montréal, rayonnant internationalement, Dana Michel est associée à la compagnie de danse contemporaine Par B.L.eux, fondée et dirigée par Benoît Lachambre. Elle a été accueillie en résidence à l’Usine C (Montréal) et au Centre National de la Danse (Ottawa).

Sur pointe, en fauteuil et en ligne

Au Québec, la danse prend toutes les formes et les couleurs. Du ballet au contemporain, de la gigue au jazz, du locking  au voguing, elle reflète une diversité d’expressions qui lui donnent sa force et son originalité. Mue par le talent et le dynamisme de ses praticien(ne)s, la danse a pris les routes du Québec et s’est envolée à l’international, visant à rejoindre les publics de toutes générations et à intégrer les interprètes de divers horizons.

Devenue tétraplégique à 17 ans, France Geoffroy (Corpuscule Danse) s’est accrochée à son rêve de danser professionnellement, ce qu’elle fait, en fauteuil roulant, depuis 25 ans. Sa démarche artistique est centrée sur l’esthétique et les possibilités de mouvance du corps atypique, en utilisant les contraintes physiques comme données de départ et non comme limites. Elle a invité Lucie Grégoire, Deborah Dunn, Sarah-Ève Grant et Benoît Lachambre à proposer de nouveaux langages chorégraphiques aux interprètes ayant des corps atypiques, les incitant à réunir des danseurs avec et sans handicap. Pionnière de la danse intégrée, France Geoffroy a reçu le Prix du Gouverneur général, division civile, le Prix À part entière de l’Office des Personnes handicapées du Québec et le prix Michael J. Fox pour son engagement à faire voir et pratiquer la danse différemment.

Dieu de la danse en ligne contemporaine, Sylvain Émard répand son Grand Continental à travers le monde depuis 2009. Du Québec à la Corée du Sud, des États-Unis à la Nouvelle-Zélande, cette œuvre où se croisent danses populaires et contemporaines a rassemblé plus de 3 000 interprètes amateur(e)s de tous âges et toutes origines. En 2020, ce sera au tour du Festspielhaus St. Pölten en Autriche d’emboîter le pas à ce phénomène.

D’origine hollandaise et autochtone, l’interprète et chorégraphe Daina Ashbee agence des éléments contemporains et traditionnels dans ses œuvres audacieuses et radicales, à la frontière de la danse et de la performance, qui explorent la vulnérabilité et la force des femmes. Saluée comme l’une des jeunes chorégraphes les plus prometteuses de sa génération, elle a présenté son travail sur les scènes d’une trentaine de villes de 14 pays et dans des festivals prestigieux. Elle a remporté le Prix Découverte et celui de la Meilleure œuvre chorégraphique (décerné par le Conseil) pour When The Ice Melts, Will We Drink The Water?

Vladimir Laurore, alias 7Starr, fait sensation dans le domaine des danses issues de la culture hip hop. Soutenu dans le cadre de l’entente territoriale avec Laval, son projet House of Kardz, composé d’une pièce de groupe chorégraphiée et d’un duel, a été présenté à Gutta Zone, le plus grand événement consacré au krump au pays, en plus de rayonner sur diverses plateformes Web et de faire l’objet d’un article élogieux dans Le Devoir. 7Starr a aussi interprété un solo mi-krump mi-contemporain de Lucy M. May (anciennement avec la Compagnie Marie Chouinard) au théâtre La Chapelle.

Jumelant virtuosité kinesthésique et questionnement sur la condition humaine, Manuel Roque amalgame avec originalité toutes sortes de codes et d’influences. Son spectacle bang bang – dans lequel il livrait une performance époustouflante – a reçu le Prix du CALQ pour la meilleure œuvre chorégraphique 2016-2017.

Prix et reconnaissances

  • En reconnaissance de leur contribution exceptionnelle au milieu de la danse, Françoise Sullivan, Jeanne Renaud, Vincent Warren, Édouard Lock, Ginette Laurin, Zab Maboungou, Marie Chouinard, Louise Lecavalier et Paul-André Fortier et ont été nommé(e)s Compagnes et Compagnons des arts et des lettres du Québec.
  • Un prix du CALQ récompense annuellement la meilleure œuvre chorégraphique. Il a été décerné à Hélène Langevin (À travers mes yeux), Emmanuelle Lê Phan et Elon Höglund (Threesixnine), Manuel Roque (bang bang), Daina Ashbee (When the ice melts, will we drink the water?), Mélanie Demers (Would), Benoît Lachambre (Prismes), Daniel Léveillé (Solitudes solo), Marie Chouinard (LE NOMBRE D’OR (LIVE).
  • Le Conseil a aussi attribué des prix attestant de la vitalité de la danse en région : Cindy Mae Arseneault (Îles-de-la-Madeleine), Mélissandre Tremblay-Bourassa (Lanaudière), Chantal Caron (Chaudière-Appalaches), Francine Châteauvert (Estrie), Menka Nagrani et Sylvie Desrosiers (Outaouais).
Voir les lauréats des Prix du CALQ en danse
Threesixnine, oeuvre chorégraphique signée Tentacle Tribe.

Threesixnine, oeuvre chorégraphique signée Tentacle Tribe. Crédit : Alexandre Gilbert

25 ans du Conseil des arts et des lettres du Québec

Cet article s’inscrit dans une série d’histoires consacrées aux imaginaires et aux œuvres ayant reçu l’appui du Conseil des arts et des lettres du Québec depuis 1994.

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