INVESTIR DANS L'IMAGINAIRE DE

Les Jardins de Métis

Investir dans l'imaginaire des Jardins de Métis

Entre la botaniste Elsie Reford et l’architecte Pierre Thibault dont l’oeuvre Jardin M a inspiré cette illustration, il y a une parenté écologique et artistique manifeste. Dès les années 1920, la visionnaire au pouce vert cultivait la diversité pour mettre en valeur la richesse végétale du Bas-Saint-Laurent.

Découvrir les Jardins

Elsie Reford mit trois décennies à transformer le camp de pêche dont elle avait hérité en une œuvre d’art horticole exceptionnelle, reconnue à l’échelle internationale : Les Jardins de Métis. C’est là que s’est enraciné un événement annuel et vivace aussi réputé que les pavots bleus emblématiques de l’endroit : Festival international de jardins, dirigé par Alexander Reford.

Lieu d’exploration, d’expérimentation et de partage, le festival est un terreau fertile pour la créativité. Conçu par Atelier in situ et Vlan paysages, l’espace de présentation accueille chaque été la fine fleur de l’architecture paysagiste et de l’art environnemental. Pour sa 20e édition, les participants devaient imaginer des espaces remarquables à l’intérieur de parcelles modestes.

En novembre dernier, à Victoria, le Festival international de Jardins remportait le prix Festival de Jardins de l’année décerné par le Canadian Garden Council, en reconnaissance de l’impact qu’il a eu sur le développement de la créativité et de l’innovation dans le domaine de l’architecture de paysage et l’architecture contemporaine depuis 2000.

Vertical Line Garden

Vertical Line Garden– Crédit photo : Martin Bond

Depuis sa création il y a 20 ans, le Festival international de jardins s’est affirmé comme un important moteur économique pour sa région :

  • un million de visiteurs depuis 1999
  • 200 concepteurs émergents et renommés en provenance d’une quinzaine de pays
  • 150 jardins temporaires aménagés
  • 3000 variétés de végétaux sur plus d’un kilomètre de sentiers.

Quelques concepteurs de jardins

Cent ans plus tard, Pierre Thibault continue à réhabiliter l’emploi des essences de bois locales pour créer ses œuvres mariant la géométrie au territoire, l’espace à la fonction et la tradition au modernisme. Depuis plusieurs années, son atelier participe au Festival international de jardins à Grand-Métis.

La vision de Pierre Thibault est axée sur les retombées-bonheur, la qualité de vie et le respect de l’environnement. Plusieurs de ses créations servent d’écrins à des organismes culturels (Espace chorégraphique de la fondation Jean-Pierre Perreault, Théâtre de la Dame de Cœur, Centre d’exposition de Baie-Saint-Paul). À Grand-Métis, son atelier a conçu des jardins roulants, flottants, lumineux ou perchés qui dialoguent avec l’environnement, jouent avec les couleurs, formes, sons et même les odeurs.

Jardin M, par l'Atelier Pierre Thibault, présenté au Festival de jardins en 2018.

Jardin M, par l’Atelier Pierre Thibault, présenté au Festival de jardins en 2018. – Crédit : Sylvain Legris

José Luis Torres a réalisé plusieurs œuvres d’art public éphémères lors d’événements tels que Passages insolites (Québec), Art souterrain (Montréal) et le Festival des Architectures Vives (Montpellier, France). Au Festival international de jardins 2019, il présente Ici et ailleurs, une installation ludique qui surgit du paysage comme une oasis de couleurs, invitant à la contemplation de l’espace environnant et de différents horizons.

Spécialiste des projets in situ à mi-chemin entre l’installation artistique, le design de mobilier et l’aménagement végétal, Collectif Escargo (Pierre-Yves Diehl, Karyna St-Pierre, Julie Parenteau) propose Escale, un jardin mobile, nourricier, médicinal ou ornemental que l’on peut emporter.

Escale, par le Collectif Escargo

Escale, par le Collectif Escargo – Crédit : Jean-Christophe Lemay

Soutien à la recherche architecturale

Faisant partie des premiers administrateurs du Conseil des arts et des lettres du Québec, Melvin Charney a contribué à positionner la recherche architecturale au même rang que les autres formes d’art. Comme discipline, la recherche architecturale englobe les pratiques, discours et œuvres visant le renouvellement du langage artistique de l’architecture, l’architecture de paysage, l’urbanisme et le design de l’environnement. Les projets de recherche et création, commandes d’œuvres, déplacements, diffusion au Québec et à l’extérieur, manifestations et présentations publiques, perfectionnement, prospection et publications peuvent ainsi recevoir un appui financier du Conseil.

Les professionnels de l’architecture ont également accès à une quinzaine de studios et résidences dont celle de la prestigieuse British School at Rome où ont séjourné notamment Pierre Gendron, Darrel Ronald, Katherine Lapierre, Felix Schwimmer, Natacha Boucher, Marie-Claire Blais et Dan Popa.

L'oeuvre «Gratte-ciel, cascades d’eau / rues, ruisseau… une construction» de Melvin Charney

L’oeuvre Gratte-ciel, cascades d’eau / rues, ruisseau… une construction de Melvin Charney, sur la Place Émilie-Gamelin. Crédit : Guy L’Heureux

Autres chercheurs-bâtisseurs

Célébrée pour ses recherches et ses interventions passionnées sur la restauration et l’aménagement urbain, l’architecte Phyllis Lambert a fondé en 1989 le Centre canadien d’architecture, où les visiteurs du monde entier constatent qu’au Québec, l’avant-garde vit en parallèle avec « Je me souviens ».

Jacques Plante a employé sa bourse de carrière reçue en 2005 à explorer le rôle théâtral de la façade dans l’espace urbain. Spécialiste des besoins scénographiques (salles de théâtre, de concert et de cinéma), il intègre à son langage architectural des notions écologiques, dont témoigne notamment la conception du chapiteau de la TOHU, à Montréal, et de la Salle Raoul-Jobin du Palais Montcalm, à Québec.

Salle Raoul-Jobin du Palais Montcalm

La Salle Raoul-Jobin du Palais Montcalm – Crédit : Palais Montcalm

Depuis 1995, in situ atelier d’architecture (Annie Lebel et Stéphane Pratte) est reconnu pour la clarté de ses concepts, la facture épurée de ses réalisations et la qualité de la réalisation matérielle de projets fondés sur une pratique architecturale multidisciplinaire. Il a, entre autres, collaboré au réaménagement du Centre Phi, laboratoire de création et lieu de diffusion d’une grande polyvalence.

Centre Phi

Centre Phi – Crédit : Centre Phi

Conçu par EXMURO arts publics, sous la direction artistique de Vincent Roy, le parcours d’art public Passages Insolites propose des œuvres d’art singulières et surprenantes réalisées par des artistes d’ici et d’ailleurs, surgissant de façon spectaculaire dans les quartiers centraux de Québec. À voir du 20 juin au 14 octobre 2019.

Regroupement d’une nouvelle génération d’architectes aux profils variés, unis par leur engagement à diluer la limite entre le paysage, l’urbain, l’art, le média et l’architecture, Plux.5 a remporté le grand prix du Festival des Architectures Vives 2011, à Montpellier en France.

En 2018, la Maison de l’architecture du Québec ouvrait son espace aux intrigantes architectures élaborées par Katherine Lapierre nous entraînant dans le labyrinthe d’une tour mystérieuse, sur le toit d’un triplex à nuage et autres « fictions en 3D » marginales et naïves.

Katherine Lapierre - photo Maison de l'architecture

Et pour avoir changé notre façon d’être au monde, de le percevoir et de l’habiter, Melvin Charney, Michel Dallaire, Phyllis Lambert, Moshe Safdie ont Pierre Thibault ont reçu l’Ordre des arts et des lettres du Québec.

25 ans du Conseil des arts et des lettres du Québec

Cet article s’inscrit dans une série d’histoires consacrées aux imaginaires et aux œuvres ayant reçu l’appui du Conseil des arts et des lettres du Québec depuis 1994.

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