Série Arts et développement durable : des artistes récupérateurs et engagés 1/2

© Vider - Sophie Castonguay
1 septembre 2020 Arts et développement durable : des artistes récupérateurs et engagés

L’art durable au Mois-Multi

Lors de la plus récente édition du Mois-Multi, l’auteur Daniel Danis, en collaboration avec Engramme, a réuni sur une période de deux jours différents intervenants afin de « questionner, débattre, réfléchir et rebâtir ». Sous le thème de L’art durable, cette rencontre a été l’occasion de mieux comprendre comment les œuvres artistiques peuvent jouer un rôle déterminant face aux transformations et nouvelles réalités sociales, économiques et environnementales.

Ont pris part à ce rendez-vous pour l’art, Étienne Berthold, détenteur d’un doctorat en études urbaines et directeur du certificat en développement durable de l’Université Laval, Loîc Fel, alors porte-parole pour l’organisme COAL en France, Claude Schryer, représentant pour la Commission canadienne pour l’UNESCO et à la table de concertation culture et environnement, les artistes Jacynthe Carrier et Raphaelle de Groot, ainsi que Bénédicte Ramade, historienne de l’art spécialisée dans l’art écologique.

Le surcyclage par les arts

Le surcyclage, nommé aussi récupération par le haut, s’applique aux artistes qui réutilisent des objets pour leur insuffler une seconde vie. Ils sont nombreux à s’inspirer et user de rebuts afin d’offrir une œuvre originale, qui porte ainsi un message sur notre rapport à l’environnement.

C’est le cas de Sophie Castonguay avec ses œuvres performatives et sculpturales de son projet Déchets, pour lequel avec sa famille, elle a conservé leurs déchets sur une période d’un an pour en faire des œuvres d’art.

Des œuvres porteuses d’une vision, d’un engagement

Caroline Monnet a également proposé une installation dans le cadre du projet Possible, portée La Serre – Arts vivants en 2017. Sa création Défendu de se baigner met en scène la piètre qualité de l’eau dans les communautés autochtones à travers le Canada et invite à la réflexion .

Le collectif formé de Michel Bachelet et Christine Juillard a lancé Zoné Vert, un projet créatif explorant la relation entre l’humain et l’environnement. Leur site permet également d’apprécier une diversité de projets créés dans la lignée du Land Art, une tendance de l’art contemporain qui utilise le cadre et les matériaux de la nature (bois, terre, pierres, sable, eau, rocher, etc.).

Point de vue, projet Zoné Vert par le collectif Michel Bachelet et Christine Juillard

Point de vue, projet Zoné Vert par le collectif Michel Bachelet et Christine Juillard

Stéphanie Morissette fut nommée lauréate du Prix – Œuvre de l’année en Estrie en 2017 pour son œuvre L’inquiète forêt, une installation d’esthétique ludique qui démontre les menaces et les dommages causés par l’activité humaine sur l’environnement. Cette œuvre a voyagé et fut présentée notamment dans le cadre de l’exposition collective Unnatural History au Spartanburg Art Museum en Caroline du Sud.

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L’inquiète forêt par Stéphanie Morissette

Des résidences artistiques vouées à l’exploration des liens entre l’humain et la nature

La Fondation Grandham pour l’art et l’environnement appuie les productions artistiques et la recherche sur l’art et veille à la promotion de ces activités, notamment auprès des jeunes en milieu scolaire. Depuis deux ans, la Fondation accorde, par voie de concours annuel, une bourse de 10 000 $ assortie d’une résidence de quatre à cinq semaines à un(e) artiste confirmé(e) du milieu des arts visuels et une autre, pour la recherche, d’une valeur de 5 000 $. Plus d’une centaine de candidatures ont été reçues lors du premier appel à projets.

Les premiers lauréats sont les membres du collectif Richard Ibghy et Marilou Lemmens, pour leur projet La terre n’est pas un tapis que l’on peut rouler et emporter avec soi qui a pour but de questionner l’intensification et la financiarisation de l’agriculture au Québec.

La terre n’est pas un tapis que l’on peut rouler et emporter avec soi, par le Collectif Ibghy-Lemmens

La terre n’est pas un tapis que l’on peut rouler et emporter avec soi, par le Collectif Ibghy-Lemmens

Vues sur l’environnement

En avril 2019, se tenait la première édition de Ciné Vert, un festival de films sur l’environnement visant à favoriser l’engagement du citoyen. Cette initiative est née d’une collaboration de Suco, organisme de coopération internationale et Funambules Médias voué à la création et la diffusion d’œuvres documentaires politiques et sociales.

Ciné Vert c’est aussi :

  • Un lieu de réflexion et d’échanges
  • Un point de convergence entre les luttes écologiques et les initiatives à la destruction de notre planète et un tremplin vers l’action
  • Une programmation permettant au public d’approfondir sa compréhension des œuvres et des thématiques abordées
  • Une plateforme pouvant servir de tremplin afin de mettre de l’avant de nouvelles initiatives au Québec, comme ailleurs dans le monde.

Sautez rapidement sur la 11e édition du Cinéma sous les étoiles, porté par Funambules Médias, qui est diffusée en ligne cette année. Consultez leur programmation dès aujourd’hui!

Cinéma sous les étoiles

Les engagements du Conseil à l’égard du développement durable

Depuis l’adoption de la Loi sur le développement durable du Québec en 2006, le Conseil des arts et des lettres du Québec a élaboré et mis en œuvre de façon proactive des plans d’action aux objectifs ambitieux autant dans ses pratiques de gestion, par exemple, en prônant l’écoresponsabilité au bureau, que dans ses interventions pour et avec la communauté artistique.

Le développement durable se définit en tant que « développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Le développement durable s’appuie sur une vision à long terme qui prend en compte le caractère indissociable des dimensions environnementale, sociale et économique des activités de développement. »
(Loi sur le développement durable)

Artistes, vous avez réalisé des projets artistiques en adéquation avec l’art durable? Partagez-nous le fièrement!

Depuis plusieurs années, le Conseil des arts et des lettres du Québec remarque que les artistes et organismes artistiques sont de fiers ambassadeurs des pratiques à adopter en faveur du développement durable. En effet, ceux-ci sont sensibles aux enjeux environnementaux et sociaux, et ils agissent en proposant des initiatives concrètes et concluantes pour un meilleur respect de l’environnement, tout en s’engageant dans leurs milieux et en sensibilisant leurs publics.

Observant que ce mouvement prend de l’ampleur, le Conseil présente donc une série de capsules ayant pour thème les arts et le développement durable, afin de présenter des outils, des ressources et des initiatives pertinentes.

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