Insigne honorifique de l'Ordre des arts et des lettres du Québec, conçu par l'artiste Christine Dwane

© Anthony McLean

Marie Brassard, Anne-Marie Jean (PDG du CALQ), Madeleine Careau, Jean-Pierre Ferland, Marie-Nicole Lemieux, Bernard Labadie, Marie Côté (Présidente du C.A. du CALQ), et Janine Sutto lors de la remise de l’Ordre des arts et des lettres du Québec, le 13 juin 2016. .

© Louise Leblanc

Marie Brassard

© Conseil des arts et des lettres du Québec

Madeleine Careau

© Marco Campanozzi

Jean-Pierre Ferland

© Conseil des arts et des lettres du Québec

Bernard Labadie

© François Rivard

Marie-Nicole Lemieux

© Geneviève Lesieur

Rita Letendre

© Conseil des arts et des lettres du Québec

Janine Sutto

© Monic Richard

Edouard Lock

© Conseil des arts et des lettres du Québec
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13 juin 2016 Compagnes et Compagnons de l’Ordre des arts et des lettres du Québec 2016
Insigne honorifique de l'Ordre des arts et des lettres du Québec, conçu par l'artiste Christine Dwane

En 2016, Marie-Claire Blais, Marie Brassard, Madeleine Careau, Jacqueline Desmarais, Jean-Pierre Ferland, Bernard Labadie, Édouard Lock, Guy Laliberté, Marie-Nicole Lemieux, Rita Letendre, Rafael Lozano-Hemmer, Anna McGarrigle, André Melançon, Moshe Safdie, Gilles Ste-Croix, Janine Sutto, Denis Villeneuve et Gilles Vigneault ont reçu le titre de Compagne ou de Compagnon des arts et des lettres du Québec. Cette distinction honorifique leur est accordée par le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) afin de souligner leur apport exceptionnel au milieu artistique québécois.

Marie Côté, présidente du conseil d’administration du CALQ, a remis les insignes à Marie Brassard, Madeleine Careau, Jean-Pierre Ferland, Bernard Labadie, Marie-Nicole Lemieux, Edouard Lock, Janine Sutto et Rita Letendre (représentée par son fils, Jacques Letendre) lors d’une cérémonie qui a pris place à la Maison de la littérature, à Québec, le 13 juin 2016. Les autres insignes seront remis aux récipiendaires ultérieurement, lors d’événements particuliers.

« Source intarissable de fierté, les personnalités honorées aujourd’hui contribuent à faire briller l’excellence artistique québécoise, ici comme à l’international. Les œuvres qui sont nées de leur talent de créateur ou d’organisateur ont marqué notre imaginaire collectif, et se révèlent aussi majeures qu’inoubliables. Aux quatre coins du Québec, elles nourrissent les conversations, les émotions et les réflexions et projettent dans le monde une image positive et moderne du Québec qui suscite l’admiration », a souligné Mme Côté.

Photos de la cérémonie du 13 juin 2016

Courtes biographies des personnalités honorées le 13 juin 2016

 

Marie Brassard

Marie Brassard

Marie Brassard est un trésor national dont les plus importants théâtres du monde connaissent la valeur. Originaire de Trois-Rivières, formée au Conservatoire de Québec, elle a fait de  Montréal le terreau de sa création et est parvenue à prendre sa place  sur les scènes de bien d’autres grandes villes de la planète, s’illustrant dans des productions chaleureusement applaudies.

Avec elle, le mot artiste se définit de façon prismatique. Si elle est comédienne de formation, les disciplines ne connaissent plus de frontières lorsqu’elle cède à une pulsion créatrice. Tout semble inspirer cette femme inspirante qui multiplie les collaborations fécondes avec des artistes de tous horizons. Grande amie et complice artistique de Robert Lepage, elle a créé avec lui des œuvres marquantes du répertoire québécois, en plus d’y briller comme interprète : La Trilogie des dragons, Le Polygraphe ou Les 7 branches de la rivière Ota, pour ne nommer que celles-là.

Depuis le tournant du siècle, elle s’éclate avec sa compagnie Infrarouge, où sa liberté artistique se déploie dans des créations percutantes et étonnantes comme Jimmy, créée au passage de l’an 2000, et Peep-show, qui a remporté un énorme succès, a beaucoup tourné et a même été diffusé sur ARTV.  Dans ces œuvres, elle sonde l’âme humaine en bouleversant la forme du spectacle, tordant le réel par diverses explorations technologiques. Par son goût du risque, son audace, la profondeur et les nuances de ses créations et de ses interprétations, elle occupe une place unique dans notre paysage artistique.

 

Madeleine Careau

Madeleine Careau

Madeleine Careau s’est tenue à l’impossible toute sa vie. Dynamique, polyvalente, infatigable, cette communicatrice et gestionnaire aguerrie a été le bras droit de personnalités aussi variées que Guy Latraverse, Pierre-Marc Johnson, Clément Richard, Guy Fournier et Gilbert Rozon. Au fil de ses mandats, elle a écrit plusieurs chapitres de notre histoire culturelle en conjuguant une vision audacieuse à une persévérance phénoménale et une intégrité inattaquable.

Elle a fondé et structuré l’ADISQ, produit le premier Gala des Gémeaux, dirigé le Festival Juste pour rire et est même parvenue à conserver l’amitié de Luc Plamondon après l’avoir réveillé chaque matin à 8 heures pour accompagner la mise en œuvre de Notre-Dame de Paris! Comme tous les créateurs dont elle a épaulé la démarche, ce membre fondateur du C.A. du CALQ savait que cette persistance était au service de l’art et n’avait pour but que la réalisation de ses rêves. Le dévouement et l’engagement de Madeleine Careau se manifestent aussi par sa participation bénévole à de nombreux conseils d’administration.

Son esprit pragmatique va droit à l’essentiel, toujours à l’affût de solutions originales pour réaliser les projets ambitieux qui lui sont confiés. Un de ses plus grands exploits restera probablement d’avoir recruté Kent Nagano et doté l’Orchestre symphonique de Montréal d’un écrin à la mesure de sa qualité. Sources de fierté bien légitime, cette Maison symphonique et ses grandes orgues sont emblématiques d’une carrière axée sur la démocratisation de la culture et le désir qu’elle ait une résonance profonde et durable pour tous les Québécois.

 

Jean-Pierre Ferland

Jean-Pierre Ferland

Que dire de Jean-Pierre Ferland qu’il n’ait déjà chanté? Depuis 60 ans, l’auteur-compositeur-interprète s’est livré à nous au fil de centaines d’œuvres. Ses paroles et musiques ont donné une trame sonore à nos vies et imposé notre identité à la Francophonie tout entière. Pour devenir notre chantre national, il a bien fait les choses dès le départ, en naissant un 24 juin. On était souvent des milliers à ses partys d’anniversaire, car Boule de gomme est devenu un homme mais aussi une bête de scène. Sa carrière est une longue histoire d’amour avec le public, ponctuée de spectacles mémorables, de grandes tournées, de festivals, de comédies musicales et d’émissions de variétés fracassant les cotes d’écoute.

Pas étonnant de le voir arborer le sourire du chat d’Alice au Pays des merveilles, à moins que ce ne soit celui du Café des artistes ou du « bon chat » qui a inspiré Une chance qu’on s’a. Il a de quoi ronronner. Comme les grands vins, sa trentaine d’albums ont vieilli en consolidant sa réputation. Sa voix chaleureuse continue de nous envelopper tendrement. Son travail enthousiasme la critique et le public. Il a tellement de talent qu’il peut en prêter aux autres en leur taillant des chansons sur mesure.

Consacré « meilleur album du Québec » par un jury d’experts, son disque Jaune a marqué la chanson québécoise par sa facture résolument moderne, la qualité de son enregistrement et la force de son concept. Notre Petit Roy Soleil a été intronisé au panthéon des auteurs-compositeurs canadiens et on compte par dizaines les prix, distinctions et hommages nationaux et internationaux qui jalonnent son parcours, dont deux Grands prix de l’Académie Charles-Cros et l’Ordre national du Québec.

Jean-Pierre Ferland est devenu immortel, comme ses chansons. Il a fort généreusement accepté que le Conseil adapte au slogan de son 20e anniversaire l’un de ses refrains les plus célèbres : quand on crée, on a toujours 20 ans. Au fond, Jean-Pierre Ferland n’a que 4 fois 20 ans.

 

Bernard Labadie

Bernard Labadie

Natif de Québec, le chef d’orchestre Bernard Labadie a fondé deux joyaux de notre patrimoine musical : Les Violons du Roy et le chœur de La Chapelle de Québec, dont il dirige depuis plus de 30 ans les saisons et les tournées.

Bernard Labadie a toujours su faire rimer rigueur et chaleur, prouvant que la constance pouvait aller de pair avec l’innovation, tout comme les instruments modernes avec des copies d’archets d’époque. Sa vision novatrice et sa connaissance prodigieuse des répertoires des 17e et 18e siècles se sont traduites par des interprétations extrêmement vivantes et modernes qui ont conquis un vaste public.

Reconnue internationalement, son expertise est très recherchée par les grands orchestres symphoniques, notamment ceux de Chicago, New York, Boston, Philadelphie, Cleveland, San Francisco, Los Angeles, Saint-Louis, Houston et Toronto. Son rayonnement dépasse les frontières du continent américain puisqu’il a été au pupitre de l’Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam, du Liceu de Barcelone, de l’Orchestre symphonique de Melbourne, de l’Orchestre de la Radio Bavaroise et de celui de Radio-France.

Des centaines de concerts, une quarantaine de disques, une moisson de prix Félix, Opus et Juno, nombre de reconnaissances dont l’Ordre du Canada, l’Ordre national du Québec et le prix Samuel de Champlain, témoignent du parcours exceptionnel de ce grand ambassadeur de notre vie musicale.

 

Edouard Lock

Édouard Lock

Véritable enfant terrible de la danse, Édouard Lock a bâti rigoureusement son propre langage chorégraphique, audacieux et intrépide, imposant une signature visuelle et sonore reconnaissable entre toutes par sa vigueur et son originalité. Avec la complicité et la virtuosité de danseurs extraordinaires et autres partenaires de création, il a bousculé les conventions et transgressé les frontières, secoué puis conquis la critique et le public d’ici et d’ailleurs.

Chacune de ses productions a été une aventure, l’aboutissement et le tremplin de la recherche d’absolu qui l’anime depuis toujours. Elles ont enrichi notre vie culturelle et insufflé un élan exceptionnel à la création chorégraphique au Québec. Son rayonnement planétaire nous remplit d’une fierté bien légitime, car il affirme la vitalité de notre culture et son ouverture à l’avant-garde, dont le fondateur de La La La Human Steps reste l’un des plus brillants fleurons. Ses œuvres ont marqué l’imaginaire et inspiré des générations de chorégraphes en interrogeant sans cesse l’essence même de la danse.

Tout récemment, à l’invitation du Ballet national de l’Opéra de Paris, il créait des tableaux ludiques et saisissants pour Casse-Noisette, investissant l’espace scénique avec enthousiasme, intelligence et humour, confirmant ainsi son intention et son aptitude à poursuivre sa démarche passionnée en toute liberté.

 

Marie-Nicole Lemieux

Marie-Nicole Lemieux

Née à Dolbeau-Mistassini, Marie-Nicole Lemieux est issue des conservatoires de musique de Chicoutimi et de Montréal, attestant la valeur de la formation dispensée par ces institutions qui l’ont préparée aux concours internationaux où ses qualités vocales éclateraient au grand jour. Après avoir remporté le Prix de la Reine Fabiola et le Prix du Lied au Concours Reine Elisabeth de Belgique, notre Diva du Saguenay–Lac-Saint-Jean s’est hissée sur les plus prestigieuses scènes du monde. Passant de la musique baroque aux répertoires français et italien du 19e siècle, elle s’est imposée comme récitaliste hors pair de la mélodie française, russe, ainsi que du lied allemand.

D’une ampleur admirable et d’une ligne magnifiquement tenue, d’une virtuosité sans faille et d’un registre très étendu, la voix de Marie-Nicole Lemieux a résonné de la Scala à Covent Garden, et de Salzbourg à Paris. Elle chantera bientôt au Metropolitan Opera de New-York, que deux Compagnons de l’Ordre connaissent bien : Bernard Labadie, ici présent, et Yannick Nézet-Séguin, qui vient d’en prendre la direction.

Une discographie riche et variée où se côtoient notamment Vivaldi, Berlioz, Wagner, Mozart, Mahler, Schoenberg et Rossini témoigne de sa carrière impressionnante, jalonnée de reconnaissances dont l’Ordre National du Québec, l’Ordre du Canada, l’Ordre de la Pléiade et le prix international du disque de l’Académie Charles Cros.

La contralto a conquis le public par sa voix sublime, sa présence lumineuse et les nuances subtiles dont elle colore chacune de ses interprétations. Ses nombreux admirateurs québécois pourront bientôt l’entendre avec les Violons du Roy au Domaine Forget ainsi qu’avec l’Orchestre Symphonique de Québec et l’Orchestre Symphonique de Montréal.

 

Rita Letendre

Rita Letendre

Artiste phare de sa génération, Rita Letendre nous fascine et nous inspire depuis 65 ans par son audace, sa soif de liberté et son énergie. Rien ne prédestinait cette enfant d’un milieu pauvre de Drummondville, issue d’une mère québécoise et d’un père d’origine amérindienne de la nation des Abénakis, à devenir une de nos plus grands peintres. L’art s’est imposé à elle comme un coup de foudre, celui que nous ressentons aujourd’hui en fréquentant son œuvre qu’il est difficile de cerner avec des mots. Automatiste, coloriste, muraliste, graveure, elle a développé son propre style en s’inspirant de ses rencontres avec Paul-Émile Borduas et autres signataires de Refus Global.

Ses tableaux flamboyants sont de formidables déclarations d’amour à la couleur qui nous emportent dans un univers de fulgurances et d’harmonies absolument saisissantes. Par leur vibration chromatique et la pureté de leurs lignes, ils évoquent des faisceaux lumineux, des comètes, des rayons qui traversent notre rétine pour rejoindre notre âme. Leur force et leur singularité ont rayonné à travers le monde, de galeries en musées. De Montréal à Paris, en passant par Rome, Tel-Aviv, San Francisco, Los Angeles, New York, Vancouver, Winnipeg, Toronto, et bien sûr, Québec. Fort heureusement, une partie de son corpus s’est posé au Musée des Beaux-Arts du Québec à qui elle a fait don de 101 œuvres.

Si vous vous promenez sur l’avenue Cartier à Québec, en ce moment, vous verrez certaines de ses œuvres présentées sur de grands abat-jours qui s’allument le soir venu, signe que son art continue aujourd’hui, de nous éblouir.

 

Janine Sutto

Janine Sutto

En 2012, Janine Sutto était en tournée dans sa ville natale, Paris, avec une pièce emblématique de la dramaturgie québécoise, Les Belles-Sœurs. La boucle était bouclée pour cette grande dame de la scène que les Québécois portent dans leur cœur depuis plus de 75 ans. Elle est entrée dans leur vie dès l’adolescence, grâce à Guy Mauffette, peaufinant son métier de feuilletons radiophoniques en téléromans, et des planches aux plateaux de tournage.

Elle a participé aux débuts du cinéma québécois, du Théâtre du Nouveau Monde et de la télévision québécoise. À l’aise dans tous les registres où s’est déployé son talent, elle nous a fait rire et pleurer, réfléchir et rêver en se mettant corps et âme au service d’auteurs d’une grande diversité, de Molière à Shakespeare, de Montherlant à Feydeau, de Félix Leclerc à Michel Tremblay, en passant par Janette Bertrand et Marcel Dubé.

À l’instar du personnage qu’elle interprétait dans Harold et Maude, elle incarne une phénoménale vivacité, une volonté de fer dans un écrin de velours. Aux antipodes du personnage de Mademoiselle Lespérance qu’elle a rendu inoubliable à des générations de téléspectateurs assidus du téléroman Symphorien écrit par Marcel Gamache.

Depuis 20 ans, elle surfe sur une déferlantes d’hommages célébrant sa carrière foisonnante : prix Rideau, Masques, Gémeaux, Ordre du Canada, Ordre national du Québec, prix du Gouverneur général et même Citoyenne d’honneur de la Ville de Montréal. De fait, elle est citoyenne d’honneur de notre paysage culturel et source d’inspiration émérite.

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