4 avril 2011 Le Conseil des arts et des lettres du Québec : 17 ans de soutien public à la création artistique et littéraire
Allocution de M. Yvan Gauthier
président-directeur général du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ)
Colloque « 50 ans d’action publique en matière de culture au Québec »
activité venant souligner le 50e anniversaire de la création du Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec.

Cet événement s’est tenu à la Chaire de gestion des arts de l’École des Hautes Études commerciales (HEC), à Montréal, le 4 avril 2011.

RÉSUMÉ

Le CALQ est, au Québec, le plus important organisme de soutien gouvernemental aux artistes professionnels et aux organismes artistiques sans but lucratif. Dans une large mesure, les artistes et les organismes qu’il soutient forment un laboratoire de recherche de pointe et d’innovation, dont se nourrit l’ensemble de la culture québécoise. Aujourd’hui, l’action du CALQ doit tenir compte de plusieurs enjeux, les mêmes que ceux de la société québécoise, soit les changements démographiques, tant sur le plan générationnel que sur celui de la diversification culturelle de la population, et ce, en lien avec certaines préoccupations territoriales. À cela s’ajoute l’ouverture sur le monde, qui touche également le marché de l’art, et la circulation des oeuvres et, enfin, les changements technologiques. L’exposé de monsieur Gauthier s’articulera autour de ces grands enjeux de société et tentera de situer l’intervention du CALQ au regard des grands enjeux de société.

 

TEXTE INTÉGRAL

Le Conseil des arts et des lettres du Québec : 17 ans de soutien public à la création artistique et littéraire

Introduction

La Politique culturelle du Québec de 1992 a permis des avancées importantes et demeure toujours un point de repère majeur de l’action culturelle du gouvernement du Québec par l’affirmation de valeurs telles la liberté et l’autonomie de la création ainsi que la reconnaissance de l’excellence comme fondement de notre système culturel. Dans la réalisation de cette politique, la création du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) ainsi que celle de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) ont été des gestes importants.

Au Québec, le CALQ est le plus important organisme de soutien gouvernemental offert aux artistes professionnels et aux organismes artistiques sans but lucratif. Son action se situe au coeur de la création artistique et littéraire contemporaine. Il traite annuellement près de 7 000 demandes d’aide financière en provenance de toutes les régions du Québec. Le CALQ soutient plus de 600 organismes et 1 200 artistes professionnels. Dans une large mesure, ces artistes et ces organismes forment un laboratoire de recherche de pointe et d’innovation dont se nourrit l’ensemble de la culture québécoise.

Les orientations et les moyens d’action du CALQ ont en outre permis le développement de nouveaux publics, la création de nouveaux partenariats, la multiplication des activités de diffusion, le rayonnement international et, enfin, l’affirmation d’un plus grand professionnalisme dans tous les secteurs.

L’existence du CALQ est un acquis important, non seulement pour les arts et les lettres, mais pour la société québécoise et la démocratie. Il assure l’indépendance du pouvoir politique dans la distribution de fonds publics, la liberté de la création et la non intervention dans les choix artistiques.

En proposant la création du CALQ dans sa politique culturelle, le gouvernement québécois témoigne de son soutien à la création artistique, déterminé au mérite par une évaluation des demandes par les pairs. Cet exercice n’est toutefois pas laissé au hasard des subjectivités. Il est encadré par des critères d’évaluation rigoureux et une équipe de professionnels qui possèdent des compétences pointues dans chaque discipline.

Le principe de l’évaluation par les pairs peut s’appliquer de façon bien différente d’un conseil des arts à un autre. La notion de critères d’évaluation n’est pas toujours présente parmi les modèles les plus connus. Ce type d’évaluation, aussi sacrée soit-elle, peut avoir ses revers s’il souffre d’un manque d’encadrement adéquat.

L’engagement des pairs peut aussi s’illustrer d’autres manières dans le fonctionnement d’un conseil des arts. Chaque année, le CALQ consulte les milieux artistique et littéraire sur divers enjeux disciplinaires ou transversaux, sous la forme de sondages ou encore de forums. Ses commissions consultatives, composées de pairs, ont récemment eu l’occasion de se prononcer sur des éléments aussi pointus que les critères d’évaluation permettant de déterminer le niveau de l’excellence artistique. Cette excellence est mesurée dans la gestion des organismes, dans leur contribution au développement de la discipline ou encore dans le cadre de leur présence au sein de la communauté.

Au chapitre du soutien aux arts et aux lettres, le CALQ est devenu partie prenante de l’impact de la politique culturelle du Québec. Sa contribution se traduit, notamment, par une évolution du milieu artistique professionnel, par un soutien accordé aux artistes et aux organismes dans toutes les régions du Québec et à leur rayonnement sur la scène internationale, nourrissant une création artistique riche, originale et porteuse d’identité.

La démocratisation de la culture, l’accès de la population québécoise à une diversité d’oeuvres de qualité et le développement de publics sont d’autres facteurs étroitement liés à l’avenir de la culture québécoise. L’apport des partenaires locaux et régionaux à cette synergie du secteur culturel est stratégique.

Aujourd’hui, l’action du CALQ doit faire face aux mêmes enjeux que rencontre la société québécoise. Ainsi, elle doit tenir compte des changements démographiques, tant sur le plan générationnel que sur celui de la diversification culturelle de la population, et ce, en lien avec certaines préoccupations territoriales. À cela s’ajoute l’ouverture sur le monde, qui touche le marché de l’art et la circulation des oeuvres, et enfin, les changements technologiques. La présente communication tentera de situer l’intervention CALQ au regard de ces grands enjeux de société.

Dans l’attribution de ses bourses et subventions, le CALQ tente de miser sur le maintien de plusieurs équilibres. Le premier vise l’occupation culturelle du territoire québécois; le second, la répartition entre les diverses fonctions de création, de production, de diffusion, de rayonnement, et ce, dans chaque discipline, et le dernier vise son soutien aux différentes générations d’artistes et d’organismes artistiques professionnels.

L’exercice du soutien à l’excellence permet-il d’atteindre ces équilibres ? C’est le pari qu’a pris le Québec en se dotant d’un conseil des arts il y a 17 ans, sur la base d’un modèle qu’il avait expérimenté avant la création du ministère des Affaires culturelles il y a 50 ans. Dans une version évoluée du modèle en question, le Québec des années 1990 se ralliait à une vision partagée par plusieurs pays, provinces canadiennes et états américains en ce qui a trait à l’administration des fonds publics du secteur artistique.

Le rôle du CALQ n’est pas de définir la culture ou d’en diriger l’évolution, mais de soutenir, le mieux possible, ceux et celles qui la font, tout en respectant leur indépendance et leur liberté. À titre d’exemple, et contrairement à certains modèles plus centralisés, le CALQ ne s’immisce pas dans la gouvernance d’organismes qu’il soutient, pas plus que dans leur direction artistique. Leur autonomie est respectée, dans la mesure où ils répondent aux critères rigoureux de reddition de compte du CALQ et en vertu desquels la majorité des organisations sont soumises.

Aujourd’hui, force est de constater que le soutien à l’excellence consolide l’excellence et qu’il peut avoir des conséquences indirectes sur le financement des organismes. Par exemple, la part de financement accordé à des organismes québécois par le Conseil des Arts du Canada atteint 31 %, alors que le Québec représente 21 % de la population canadienne.

Au cours des dernières années, le secteur des arts et des lettres a connu un élan remarquable dans la Capitale-Nationale, à Montréal et dans toutes les régions du Québec. Le public québécois a la chance d’avoir accès à une pratique artistique de très haut niveau. Cette qualité artistique exceptionnelle assure également une présence québécoise sur la scène internationale. Le rayonnement des artistes, des écrivains et des interprètes contribue à imposer l’image du Québec comme étant une société qui soutient l’audace, l’originalité, l’excellence et l’expression des différences.

Permettez-moi de citer quelques exemples :

  • Le Québec a été le tremplin du renouvellement artistique du cirque et le CALQ a été le premier subventionneur public à reconnaître les arts du cirque en tant que discipline artistique (le Conseil des Arts du Canada l’a, par la suite, reconnue).
  • La dramaturgie québécoise, tant pour adulte que pour l’enfance et la jeunesse, est un phare pour le théâtre de la Francophonie.
  • De nombreux auteurs-compositeurs et interprètes québécois de la chanson et plusieurs de nos chefs d’orchestre se distinguent partout dans le monde.
  • Le Québec est à l’avant-garde du développement des arts numériques à l’échelle internationale.
  • La littérature jeunesse québécoise s’est affirmée comme un modèle du genre.
  • Le Québec est devenu l’emblème de la danse contemporaine, et Montréal, son coeur.
  • Les artistes et les écrivains québécois remportent un succès retentissant au Québec et dans le monde :
    – Le théâtre québécois a été l’invité d’honneur à l’édition 2009 du Festival d’Avignon.
    – La danse contemporaine québécoise a reçu les mêmes honneurs à la Biennale de Venise en 2010.
    – L’Orchestre symphonique de Montréal et Les Violons du Roy rayonnent à l’étranger et les chefs d’orchestre Yannick Nézet-Séguin et Bernard Labadie font partie des figures prééminentes de la musique classique.
    – La soliste Marie-Nicole Lemieux a obtenu l’un des plus prestigieux honneurs musicaux en France, le prix de l’Académie Charles-Cros.
    – En arts visuels, les oeuvres de David Altmej – lauréat du Prix Sobey 2009 – ont été présentées à la Biennale de Venise.
    – Les oeuvres du metteur en scène et auteur Robert Lepage sont applaudies à travers le monde.
    – En France, Fred Pellerin poursuit sa réinvention du conte.
    – Le groupe francophone Karkwa a reçu, en 2010, le prix Polaris pour le meilleur album canadien.

Ce succès sur la scène internationale ne va pas sans peine et je ne souhaite pas brosser un tableau tout en rose de la réalité artistique et littéraire du Québec. Celle-ci est aussi faite de conditions de travail parfois difficiles, d’un financement parfois insuffisant, qui fragilise les organismes, ou de problèmes de rétention d’une main-d’oeuvre qualifiée. À cela s’ajoute la nécessité de s’imposer dans un contexte de mondialisation où la compétition est féroce et l’essoufflement lié au fait de devoir conjuguer la poursuite d’une démarche de création de pointe à une gestion serrée est bien présent. Dans ces circonstances, et pour les avoir côtoyés depuis plus de vingt ans, je crois que les artistes, les écrivains et les organismes font des miracles. Et j’ose dire qu’ils constituent l’inspiration au CALQ.

Façonné par une remarquable diversité culturelle, le secteur des arts et des lettres est au centre du foisonnement culturel du Québec d’aujourd’hui, reconnu pour la force de ses idées. Ce foisonnement est attribuable au travail de ses créateurs et au dynamisme de ses organismes, à leur engagement et à leur mobilisation ainsi qu’au soutien financier provenant des divers paliers gouvernementaux. Le CALQ se retrouve ainsi au carrefour du développement culturel et territorial québécois. Il travaille de concert avec des partenaires pour soutenir le coeur créatif de la culture.

Quelques chiffres sur l’évolution du soutien aux arts et aux lettres depuis la création du CALQ

Le budget accordé au CALQ par le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine totalisait tout près de 100 M$ en 2009-2010, dont 92 M$ ont été affectés au soutien destiné aux artistes et aux organismes artistiques et littéraires.

Au cours de la même année, le CALQ a attribué 69,7 M$ à 615 organismes artistiques et 10 M$ à 1 210 artistes professionnels. Les fonds alloués ont été accordés aux artistes et aux organismes qui oeuvrent en arts visuels, en arts médiatiques, en littérature et conte, en théâtre, en danse, en musique, en arts multidisciplinaires, en arts du cirque et en recherche architecturale. La répartition entre les disciplines, en excluant le programme Placements Culture, se détaille comme suit : 76 % vont aux arts de la scène, 11 % aux arts visuels, 7 % aux arts médiatiques, 5 % à la littérature et 1 % aux différentes ententes en lien avec d’autres secteurs, telle la recherche appliquée.

Tableau 1 : Répartition de l’aide financière du CALQ selon le secteur et la discipline artistiques en 2009-2010 (excluant Placements Culture)

Tableau - 50 ans d'action publique en matière de culture au Québec

1 Observatoire de la culture et des communications du Québec, conseils régionaux de la culture, organismes pluridisciplinaires (ex : Cinars).

Note : Le soutien public du gouvernement du Québec à certains secteurs peut être partagé avec la SODEC ou le MCCCF.

Malgré un contexte de restrictions budgétaires, le budget du CALQ a plus que doublé depuis sa création. Il est passé de 40 M$ à près de 100 M$, un seuil symbolique historiquement revendiqué par les milieux artistique et littéraire.

Afin d’allouer le maximum de crédits au soutien des artistes et des organismes artistiques, le CALQ s’est donné une gestion austère et a maintenu ses coûts administratifs sous la barre de 10 % (7,6 % en 2009-2010). Les dépenses administratives comprennent, non seulement la gestion des programmes d’aide financière, mais aussi l’accompagnement professionnel sur l’ensemble du territoire.

De plus, le CALQ compte sur une équipe de 75 personnes ayant des expertises pointues. La plupart des chargés de programmes ont en effet une formation spécialisée dans l’une ou l’autre des disciplines artistiques ou en gestion. Nombre d’entre eux ont exercé une pratique artistique, et tous connaissent les problématiques touchant la création, la production ainsi que la diffusion culturelle. Leur vaste expérience et leur engagement dans la cause culturelle en font des agents très actifs dans le développement de la vie artistique québécoise.

La souplesse et l’innovation du soutien public à la création

La première orientation stratégique du CALQ consiste à adapter ses programmes. Son appui vise à soutenir la diversité et le développement de la pratique artistique et littéraire, en relation avec les tendances nouvelles, les contextes et les enjeux propres aux disciplines. Différentes mesures vont en ce sens. En voici un exemple.

Au cours de ses 15 premières années, le CALQ a attribué des bourses à des artistes professionnels en tenant compte de leur nombre d’années de pratique artistique. Ainsi, les écrivains ou conteurs ayant plus de dix ans de pratique professionnelle pouvaient se prévaloir d’une bourse de type A d’un montant maximal de 25 000 $ (montant variable selon les disciplines) alors que ceux qui cumulaient de deux à dix ans de pratique avaient accès aux bourses de type B, s’élevant à 20 000 $. L’évolution des courbes générationnelles au fil des ans et l’aplatissement des écarts entre les deux catégories suggéraient que la population d’artistes et d’écrivains soutenus par le CALQ gagnait en expérience et en âge. C’est en partie pourquoi le CALQ a mis en place de nouvelles mesures afin de mieux soutenir la relève.

Graphique 1
Évolution du nombre de bourses accordées par le CALQ selon les types A et B, de 1994-1995 à 2008-2009

Graphique 1 Évolution du nombre de bourses accordées par le CALQ selon les types A et B, de 1994-1995 à 2008-2009

 

La nouvelle approche permettait de ne plus seulement tenir compte du nombre d’années de pratique, mais de considérer l’ampleur de la production artistique et littéraire des demandeurs. Elle permettait également de repositionner les catégories de montants accordés face aux nouvelles réalités de la pratique et aux cycles de la création artistique et littéraire. La nouvelle approche du CALQ voulant que l’artiste soit évalué en fonction de sa prolificité au lieu du nombre d’années de pratique, favorisait enfin un accès plus rapide à des bourses plus élevées pour les artistes actifs et novateurs de la relève.

La question de la relève et du renouvellement des gestionnaires d’organismes culturels préoccupe le CALQ est peu documentée jusqu’à ce jour. Le Conseil tente de soutenir au mieux les organismes concernés par la transition entre les générations. Par ailleurs, la venue de nouveaux organismes, qui ont des structures différentes et innovantes, amène le CALQ à adapter ses modes de soutien. Ces changements sont, entre autres, liés à la montée de l’utilisation des nouvelles technologies dans le processus de création, de production, de diffusion, de promotion et de mise en marché des oeuvres. L’apparition de compagnies à créateur unique est un exemple de ces nouveaux modèles d’organisation.

L’occupation culturelle du territoire

L’occupation culturelle du territoire demeurera toujours un enjeu majeur pour le Conseil. La signature d’ententes régionales et municipales mises en oeuvre par le CALQ favorise l’engagement des communautés et soutient des initiatives en lien avec la population. Le Conseil demeure ainsi à l’écoute des milieux régionaux qui expriment la volonté de prendre en charge leur propre développement culturel. Ces ententes ciblent des priorités communes, des investissements partagés, un exercice de cogestion et un respect des valeurs et des spécificités du territoire.

En complémentarité aux programmes de soutien nationaux, ces aides publiques sont financées par différentes instances. Elles offrent aux artistes, aux écrivains et aux organismes les ressources nécessaires pour soutenir la création tout en leur permettant de demeurer dans leur région. Cette façon de diversifier les sources de financement par l’implication de divers partenaires constitue un effet de levier important pour l’activité culturelle. Ces ententes répondent aux besoins spécifiques des régions et les décisions sont prises par des comités formés de pairs issus du territoire. Par le biais des ententes régionales, le CALQ reconnaît la nécessité d’une intervention territorialisée, en partenariat avec les principaux acteurs du développement artistique et culturel du territoire. Les conseils régionaux de la culture et des partenaires régionaux s’associent également dans le cadre de la gestion et de la remise des prix à la création artistique du CALQ.

La culture doit être accessible à toute la population, pouvoir s’épanouir en toute liberté et se renouveler pour être vivante et enracinée dans toutes les régions du Québec. Un défi important compte tenu de l’étendue du territoire québécois, de la faible densité de sa population, de la nécessité d’assurer l’autonomie de la création et d’associer les communautés artistiques et territoriales à la gestion de leur soutien. Il s’agit donc d’un mouvement de territorialisation et non de décentralisation qu’a entrepris le CALQ avec les ententes régionales.

Le CALQ s’est ainsi engagé dans un mode d’appariement financier, de gestion et de valeurs partagées avec plus de 21 administrations différentes – principalement des conférences régionales des élus – dans 16 des 17 régions administratives du Québec (incluant le Nunavik et bientôt la Jamésie).

Les impacts dans les communautés sont multiples. Depuis la mise en oeuvre de ses premières ententes régionales, on observe une meilleure sensibilisation du citoyen et de l’élu à la reconnaissance du travail professionnel de l’artiste et des organismes artistiques. Par ailleurs, de plus en plus d’élus sont sensibles à l’activité culturelle sur leur territoire et comprennent mieux le principe de reconnaissance par les pairs. L’accès à des oeuvres diversifiées et de qualité s’en trouve valorisé, de même que l’engagement des communautés pour un meilleur soutien des initiatives artistiques, sans oublier la découverte de talents locaux.

Ce bilan suscite l’intérêt croissant des nouveaux partenaires avec pour résultat des ententes bonifiées. En voici quelques exemples :

Le Conseil des arts de Montréal, le CALQ, la Conférence régionale des élus et le Forum jeunesse de l’Île de Montréal ont récemment signé une entente de partenariat Pour soutenir la création, l’innovation et la diversité des pratiques artistiques professionnelles de la région de Montréal. Les partenaires ont investi un montant de plus de 1,5 M$, soit une bonification de près de 40 % par rapport à l’entente précédente. Ce montant est consacré au développement de la relève artistique et littéraire, au renouveau de la création et à l’innovation en matière de diffusion. Les partenaires soutiennent aussi les pratiques émergentes, les pratiques faisant appel aux nouvelles technologies, à la diversité des expressions culturelles et au métissage des courants artistiques. Ont ainsi vu le jour, un programme dédié aux organismes des communautés culturelles ainsi qu’un programme de bourses destiné aux artistes et écrivains autochtones.

Je vous parle de l’entente de Montréal, mais j’aurais pu aussi vous entretenir de l’entente régionale pour le soutien aux artistes et écrivains de la jeune relève professionnelle de la région de la Capitale-Nationale, du Fonds du Bas-Saint-Laurent pour les arts et les lettres ou encore du Fonds des arts et des lettres de l’Abitibi-Témiscamingue. Chaque entente est unique et répond aux enjeux prioritaires du territoire, toujours avec la collaboration des partenaires des régions.

Quelques mots sur le soutien du CALQ pour les artistes autochtones. Celui-ci a longtemps mijoté l’idée d’offrir à ces derniers un programme national de soutien. Il en est cependant venu à la conclusion qu’une approche territorialisée leur serait plus profitable.

En s’inspirant du modèle des ententes régionales, le CALQ travaille à la mise en place d’ententes impliquant différents partenaires, dont des communautés autochtones. Il collabore déjà avec le comité Art Culture du Réseau pour la stratégie urbaine de la communauté autochtone à Montréal, l’administration régionale Kativik et l’Institut culturel Avataq dans le Nord-du-Québec, l’Institut culturel et éducatif montagnais (ICEM) sur la Côte-Nord et l’Administration régionale crie de la Baie-James.

À titre d’exemple, l’entente régionale avec le Nord-du-Québec comporte deux volets, un programme de bourses de création destiné aux artistes inuits et un programme de résidences croisées entre le nord et le « sud ». Depuis deux ans déjà, cette entente permet à un artiste inuit de venir créer à Montréal pour une durée de deux mois, et à deux artistes québécois de faire une résidence de création à Inukjuak pour une même durée de temps. Le CALQ souhaite également offrir dans un avenir rapproché un soutien aux organismes autochtones.

La prise en compte de l’occupation culturelle d’un territoire implique la considération de défis ou d’opportunités de pratique artistique, qui peuvent s’avérer différents d’un pôle culturel régional à une capitale culturelle. Le CALQ est le principal organisme de soutien à la recherche et à la création artistique sur le territoire québécois. Il doit donc tenir compte des réalités démographiques et territoriales pour un soutien adapté.

Le mouvement de territorialisation des politiques culturelles a aussi pour signification l’avènement de systèmes locaux auxquels prennent part les acteurs culturels du territoire, témoignant ainsi de la possibilité de faire coexister des mécanismes de prise de décision et de solliciter des partenariats. C’est ainsi que la recherche et la création artistiques et littéraires deviennent les fondements d’une chaîne de production, de diffusion, de circulation d’oeuvres marquantes, de rayonnement et de perfectionnement des artistes qui se développe parfois parallèlement à l’industrie culturelle. Les différentes instances reconnaissent, dans ce contexte, un fort potentiel et plusieurs possibilités importantes pour l’écologie du milieu artistique et littéraire et son développement.

La façon de gérer l’aide gouvernementale peut ainsi se concevoir selon d’autres mécanismes de développement et devenir un levier financier, l’aide directe n’étant plus la seule voie de soutien. Au Québec, le programme Placements Culture est un succès inspirant. Il offre des subventions aux organismes culturels en contrepartie aux montants recueillis dans leur campagne de financement. Ce programme a permis un apport de 64 M$ aux avoirs des organismes culturels en cinq ans. Il en va de même pour les ententes de partenariat régionales ou municipales. Dans les deux cas, le CALQ vise à apparier des sommes issues d’autres sources de financement, parfois publiques, et parfois privées.

La création québécoise sur la scène internationale : un enjeu vital pour le Québec

La présence affirmée et régulière de nos écrivains, artistes et organismes sur la scène internationale apporte une contribution exceptionnelle au rayonnement du Québec. La diffusion et la promotion des oeuvres québécoises à l’étranger constituent un gage solide de rayonnement et de renouvellement de la création, permettant de conquérir de nouveaux marchés et d’accroître la durée de vie des productions artistiques.

Les artistes et écrivains québécois demeurent les ambassadeurs les plus percutants du Québec : l’expression de la création est un langage universel et s’inscrit dans les missions diplomatiques et commerciales.

Le monde à la portée des artistes et des écrivains québécois

Le CALQ a développé, à l’extérieur du Québec, un réseau de lieux de création, de production et de ressourcement afin de permettre aux artistes et aux écrivains de poursuivre leur travail dans des conditions professionnelles. Considéré comme un moyen privilégié pour encourager la présence des créateurs québécois et de leurs oeuvres sur la scène internationale, le réseau des résidences artistiques du CALQ a permis de participer au développement de leur carrière et de multiplier les échanges avec des pays étrangers.

Les résidences artistiques s’inscrivent dans une tradition vieille de plusieurs siècles, liée à la formation des artistes et des écrivains qui souhaitent se ressourcer en séjournant dans des villes réputées pour leur richesse culturelle.

Au milieu des années 1960, le gouvernement québécois met à la disposition des créateurs un premier studio à Paris, l’une des principales capitales mondiales qui attirent alors peintres, sculpteurs, compositeurs et musiciens du monde entier. D’abord destiné aux représentants des arts visuels, ce studio accueillera par la suite des artistes de toutes les disciplines pour un séjour de création ou de ressourcement de plusieurs mois.

Vingt ans plus tard, la formule des résidences s’impose peu à peu chez les écrivains et les artistes professionnels, tant au Québec que dans plusieurs pays occidentaux, comme une étape importante dans le développement de leur carrière. Le gouvernement ouvre un deuxième studio en 1981, cette fois à New York. Situé dans un quartier d’avant-garde, celui-ci deviendra au cours des décennies suivantes un endroit pouvant accueillir autant des écrivains, des compositeurs, des dramaturges que des chorégraphes, des architectes ou des artistes en arts visuels.

De plus, un programme de résidence à Montréal destiné aux artistes et aux écrivains québécois vivant à l’extérieur de la métropole voit le jour en 1986, et une première résidence basée sur un échange d’artistes est également créée en 1988 avec la Suisse.

L’expansion du réseau québécois

Dès le début de ses activités, le CALQ hérite de la gestion du réseau des résidences artistiques développé au sein du ministère de la Culture et des Communications. Depuis, ce réseau connaît une véritable expansion comprenant aujourd’hui plusieurs studios du Québec à l’étranger et de nombreuses résidences basées sur le partenariat et les échanges d’artistes. Certaines résidences sont destinées aux jeunes artistes alors que d’autres, comme les studios du Québec, ouvrent leurs portes uniquement aux créateurs québécois établis.

Le CALQ a développé son réseau en complémentarité aux résidences offertes par les organismes artistiques québécois, qui sont souvent de courte durée et associées à des projets de production et de diffusion. Le Conseil mise, quant à lui, sur l’établissement de résidences de longue durée qui offrent aux participants la possibilité d’expérimenter et de cheminer selon leurs propres buts dans un réseau d’accueil de calibre international. Ce positionnement reflète en fait les valeurs de liberté et d’autonomie artistiques mises de l’avant dans la politique culturelle du Québec.

En offrant des programmes de résidences artistiques, le Conseil souhaite, d’une part, soutenir et encourager les créateurs en mettant à leur disposition un environnement et des moyens appropriés à la réalisation et à la diffusion de leurs oeuvres. D’autre part, il souhaite favoriser leur ressourcement en leur donnant accès à un milieu culturel nouveau et stimulant. Les résidences artistiques du Conseil permettent également l’échange de points de vue artistiques ou littéraires et l’établissement de liens durables entre les créateurs du Québec et de l’étranger.

Pour la sélection des participants, le Conseil respecte les décisions des organismes d’accueil et des jurys d’artistes et d’écrivains. Tous tiennent compte dans leur évaluation de la qualité du travail artistique des projets soumis, de l’argumentation des candidats et de l’intérêt de leur projet en lien avec leur démarche artistique.

Le Conseil accorde annuellement des bourses à près d’une quarantaine d’artistes et d’écrivains québécois pour un séjour en résidence au Canada ou à l’étranger. En retour, il accueille une vingtaine d’artistes en provenance de pays aussi divers que la Finlande, la France, la Suisse, la Belgique, le Royaume-Uni, le Brésil, le Mexique, etc. Les différents types de résidence sont les studios du Québec, les résidences axées sur les échanges d’artistes et les résidences spécialisées afin de répondre aux artistes de différentes générations, toutes disciplines confondues.

Aujourd’hui, le réseau du CALQ compte environ 25 résidences, dont les studios du Québec à Berlin, Londres, New York, Paris, Rome et Tokyo. Il y a également des programmes d’échanges avec le Manitoba, le Nouveau-Brunswick, l’Ontario et l’État de New York ainsi que des résidences en Allemagne, en Belgique, en Colombie, en Écosse, en Finlande, en France, au Mexique, au Portugal, en Suisse, au Pays de Galles, au Banff Centre dans l’Ouest canadien, à la British School at Rome et à l’International Studio and Curatorial Program de Brooklyn. Les artistes québécois peuvent aussi séjourner dans des lieux d’accueil qui sont membres du réseau des Pépinières européennes pour jeunes artistes.

En 2010, le CALQ a reçu le Prix d’excellence de l’administration publique québécoise dans la catégorie du rayonnement international pour son programme de résidences artistiques.

La réussite d’une résidence repose à la fois sur l’engagement des partenaires et, aussi, sur celui de l’artiste. Pour plusieurs artistes et écrivains québécois, leur séjour en résidence a favorisé le rayonnement de leur travail sur la scène internationale. Il leur a permis en outre d’avoir un regard neuf sur leur création, d’établir des collaborations fructueuses ou encore de faire découvrir leurs réalisations à de nouveaux publics.

La présence de nos artistes sur la scène internationale passe par plusieurs autres mécanismes de soutien telles les bourses de déplacement pour les artistes ou encore l’aide financière à la tournée internationale, à la prospection et au développement de marchés pour les organismes. Pour plusieurs d’entre eux, une présence sur la scène internationale est souvent une question de survie, une importante occasion de développement de marchés et de prolongation de la durée de vie des productions artistiques et littéraires québécoises. Dans un contexte de rationalisation du soutien public, le Québec a voulu garder le cap sur le rayonnement international et mettre en place des mesures spéciales pour soutenir le déséquilibre imposé aux organismes, concernant le soutien à la tournée internationale.

En somme, le vaste rayonnement international des oeuvres québécoises découle en partie de la stimulation de l’offre culturelle québécoise à l’étranger créant aujourd’hui une demande. C’est parce que nos organismes ont été soutenus, notamment pour la tournée internationale, que les oeuvres québécoises sont connues et appelées à tourner davantage en dehors des frontières québécoises.

Les changements technologiques

Je ne saurais terminer ce portrait du soutien du CALQ sans aborder la question des changements technologiques sur l’ensemble des activités du milieu artistique et littéraire.

Dès l’émergence des technologies numériques, les artistes ont utilisé de nouveaux outils informatiques et de télécommunications pour explorer des modes inédits de représentations artistiques. Cette révolution s’est amorcée au début des années 1950, s’étendant progressivement du son aux lettres puis à l’image. Au Québec, elle fut portée par l’ambiance effervescente d’Expo 67 et des démonstrations d’avant-garde technologique auxquelles l’exposition universelle a servi de vitrine.

Lors des décennies suivantes, les technologies numériques se sont étendues à l’ensemble des arts et des industries culturelles. L’essor des techniques, les procédés multimédias novateurs et la déferlante d’Internet marquèrent la décennie 1990. Ils ont bousculé de nombreuses pratiques établies, aussi bien pour les artistes que pour le public. C’est le cas en musique, dans le secteur du livre, au cinéma et à l’audiovisuel (cinéma 3D, télévision HD, téléphonie intelligente, téléprésence interactive, lecteurs multimédias mobiles).

En marge des applications qui affectent les communications et les industries culturelles, un secteur artistique à part entière s’est développé depuis plus de 60 ans : celui des arts numériques. Tant d’appellations chapeautent ce secteur qu’il est difficile à définir : arts médiatiques, arts électroniques, arts multimédias, etc. Les pratiques et les disciplines y sont des plus multiformes et en mouvance : musique électronique, arts audio, imageries diverses, jeux vidéo, effets spéciaux audiovisuels ou scéniques, arts en ligne, etc.

Les technologies numériques traversent toutes les activités des sociétés les plus développées. Chaque année, au Québec comme ailleurs, l’usage des appareils numériques par la population augmente de façon exponentielle. Le développement des arts et des lettres dans le contexte des technologies numériques devient ainsi un enjeu majeur. Il s’agit bien plus que d’une utilisation croissante des technologies numériques dans la pratique des arts et des lettres. C’est toute une économie nouvelle de la culture qui émerge, centrée sur le coeur créatif, l’artiste, capable plus que jamais d’autoproduire son travail, de diffuser ses oeuvres directement à son public. D’une économie de produit culturel, on passe à une économie de services. L’enjeu : une charge de travail plus lourde, une pression plus forte sur le créateur, mais des opportunités dans l’économie des moyens et une liberté qui favorise la diversité des expressions.

Pour que la culture québécoise et ceux qui la font vivre puissent tirer leur épingle du jeu dans le développement fulgurant des technologies numériques, madame Christine St-Pierre, ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine a confié au CALQ et à la SODEC le mandat d’élaborer des scénarios d’action visant le développement des arts et des lettres dans le contexte des technologies numériques. Le CALQ travaille à ce vaste chantier depuis quelques mois déjà, conjointement avec des acteurs du milieu. Il compte déposer ses scénarios d’action à la ministre à la fin de l’automne 2011. Mais auparavant, le CALQ tiendra en mai un Forum sur la création littéraire au cours duquel une journée sera consacrée à la place des technologies numériques dans le secteur de la littérature et du conte.

Conclusion

La richesse et la force du CALQ reposent sur la diversité des points de vue qui s’expriment, le rassemblement des compétences et le partage des expériences. Cette synergie permet à ses interventions d’être porteuses de développement durable pour le domaine des arts et les lettres.

Le Conseil a énormément investi d’énergie dans le développement de partenariats novateurs et cohérents avec sa mission de soutenir les créateurs québécois à chaque étape de leur démarche et d’accroître la diffusion et le rayonnement de leurs oeuvres.

La culture s’acquiert d’abord et toujours au contact des créateurs, des écrivains et des artistes. Les activités artistiques et culturelles sont des expériences qui enrichissent la capacité de communication et la pensée créative des jeunes du préscolaire, du primaire et du secondaire. Elles sont proposées par des artistes, des écrivains, des organismes culturels, des lieux de diffusion et de conservation, qui transmettent leur passion aux jeunes, les sensibilisent aux arts, à la littérature et leur donnent le goût de fréquenter des lieux et des organismes culturels. Cet accès constitue un enjeu majeur du développement des politiques culturelles et de démocratisation de la culture et est un des fondements de la société québécoise de demain.

Ce développement et la création de toutes ces oeuvres et productions, objets de fierté, ont commencé en tête à tête avec une page blanche, une toile, un écran d’ordinateur ou sur une scène de répétition, dans des conditions souvent difficiles. C’est précisément à cette étape-là que le CALQ cherche à intervenir de la manière la plus cruciale, en soutenant la recherche et le risque artistique qui assurent le renouvellement, la diversité et la liberté de la création.

Depuis 17 ans, le CALQ a soutenu la recherche et l’expérimentation parallèlement à la consolidation et au développement des organismes. Il a favorisé l’amélioration des conditions de pratique des créateurs et mis en place des mesures visant le respect des droits d’auteur. Il a encouragé l’intégration des artistes de la relève et la poursuite de carrières amorcées de longue date. Il a milité pour l’occupation artistique de l’ensemble du territoire québécois, pour l’intégration des créateurs issus de l’immigration et des minorités visibles, le rayonnement et la présence de nos créations d’ici dans de nouveaux marchés.

Sur la valorisation du rôle socio-économique de l’art et de la culture et les interrogations possibles des décideurs politiques et de la population en général sur les finalités de l’action gouvernementale en matière de culture, un pas de géant a été fait, en particulier dans les deux dernières décennies. Le CALQ a participé à la consolidation d’une certaine légitimité en cette matière. Le fait de tenter de quantifier l’apport des artistes à l’économie nationale, d’évaluer la consommation des biens culturels et d’estimer la fréquentation des institutions et des activités culturelles demeure un exercice périlleux, mais néanmoins nécessaire en période de restrictions budgétaires.

Je terminerais donc en abordant la fonction « conseil » d’un conseil des arts. Conseil envers le milieu artistique et littéraire sur les outils mis à sa disposition pour faciliter son propre développement; conseil envers les autorités ministérielles sur la situation des artistes et des organismes, leurs conditions socio-économiques et leurs conditions de pratique artistique.

En somme, la fonction d’un conseil des arts va bien au-delà de celle d’un bailleur de fonds public. La nécessité de rendre compte de ses actions et de leurs retombées fait aussi partie de l’équation du soutien public aux arts.

Notes biographiques
Yvan Gauthier est président-directeur général et membre du conseil d’administration du Conseil des arts et des lettres du Québec depuis 2004.

Avant son entrée en fonction au CALQ, il a occupé pendant plus de 20 ans des postes de direction dans les secteurs de la culture, des communications et du loisir. Il a notamment été directeur général du Conseil des métiers d’art du Québec et de ses corporations affiliées, de 1992 à 2004. Il a été président des conseils d’administration de la Fédération canadienne des métiers d’art, du Conseil québécois des ressources humaines du secteur culturel et du Conseil de la culture de Montréal. Il a également été membre du conseil d’administration de l’organisme Les Arts et la Ville et de la Délégation culturelle au Sommet de Montréal en 2002, ainsi que commissaire à la Commission des biens culturels du Québec.

De 2006 à 2010, Yvan Gauthier a présidé le Comité de direction du réseau des Organismes publics de soutien aux arts au Canada (OPSAC).

Bibliographie
Conseil des arts et des lettres du Québec (2009), Plan stratégique 2009-2012 Soutenir la création et le dynamisme des arts et des lettres du Québec, p. 7.

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