Conférence interparlementaire sur la diversité des expressions culturelles, le 3 février 2011

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3 février 2011 L’expérience du Québec dans le soutien aux artistes et à la création: pour la promotion et la protection de la diversité des expressions culturelles
Allocution de M. Yvan Gauthier
Président-directeur général du Conseil des arts et des lettres du Québec
prononcée à la Conférence interparlementaire sur la diversité des expressions culturelles
Le 3 février 2011

 

M. Toussaint Tiendrebeogo, du Burkina Faso, responsable de projet de coopération Développement des politiques et industries culturelles à l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) et M. Yvan Gauthier, PDG du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ).

Toussaint Tiendrebeogo, du Burkina Faso, responsable de projet de coopération Développement des politiques et industries culturelles à l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) et Yvan Gauthier, PDG du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ).

La Conférence interparlementaire sur la diversité des expressions culturelles organisée par l’Assemblée parlementaire de la Francophonie et l’Assemblée nationale du Québec avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie en partenariat avec l’UNESCO s’est tenue à Québec les 2 et 3 février derniers.

Cette conférence réunissait les parlementaires membres de l’Assemblée des parlementaires de la Francophonie, des experts ainsi que des membres de la société civile autour du thème de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles de l’UNESCO, cinq ans après son entrée en vigueur.

À cette occasion, le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) et la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) ont été invités à présenter leur mission et actions à titre de modèles d’aides publique en matière de soutien à la culture.

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Une situation unique…

7,5 millions d’habitants sur une territoire équivalent à trois fois la France, dans un environnement nord-américain comprenant 280 millions d’anglophones.

80 % de la population vit le long du fleuve Saint-Laurent.

Près de la moitié se retrouve dans la région du grand Montréal.

83 % de la population québécoise parle français, 11% l’anglais et 6 % une autre langue.

11 nations autochtones (1 % de la population) utilisent soit la langue anglaise, soit la langue française mais la plupart s’expriment d’abord dans leur langue maternelle.

Carte du Québec - 50 ans d'action publique en matière de culture au Québec

Le Québec et ses régions
La culture comme facteur identitaire et de développement

À travers le monde, les identités nationales se sont en effet d’abord établies sur la base des référents culturels par la défense et la promotion de leurs artistes, des créateurs et de leurs œuvres. Ces pays et ces nations ont exprimé toute l’importance de mettre en valeur les compétences culturelles accordées par les lois fondamentales de leurs pays et ont orienté leurs politiques culturelles respectives afin de renforcer leur identité.

Le soutien à la culture constitue une dimension vitale du développement durable.

Façonné par une remarquable diversité culturelle, le secteur des arts et des lettres est au centre du foisonnement culturel du Québec d’aujourd’hui, reconnu pour la force de ses idées.

Ce foisonnement est attribuable :

  • au travail de ses créateurs;
  • au dynamisme de ses organismes;
  • à l’engagement et à la mobilisation du milieu et aux acquis en termes de soutien financier provenant des divers paliers gouvernementaux.

La politique culturelle de 1992, adoptée à la suite de l’adoption de la Loi sur le statut de l’artiste en 1987, privilégie le soutien à la création artistique sous toutes ses formes et le soutien à l’excellence.

Cette politique promeut :

  • La culture : aussi nécessaire à la vie en société que les dimensions sociale et économique.
  • L’autonomie de la création et la liberté d’expression.
  • Tout comme l’éducation, la culture est un droit pour chaque citoyen et citoyenne du Québec, quels que soient son pays d’origine et sa région.

La politique culturelle du Québec comprend 3 grands axes :

  • L’affirmation de l’identité culturelle : valoriser la langue et l’héritage culturel, renforcer le dialogue des cultures.
  • Le soutien aux créateurs et aux arts : favoriser la création, améliorer la situation socioéconomique des créateurs et développer les industries culturelles.
  • L’accès et la participation des citoyens à la vie culturelle : faciliter l’accès, encourager la participation, renforcer l’éducation et la sensibilisation.

L’organisation administrative est décentralisée :

  • 17 directions régionales affiliées au Ministère;
  • 12 sociétés d’État;
  • 3 institutions nationales (Archives nationales, Centre de conservation et le Conservatoire de musique et d’art dramatique).

Le soutien de l’État prend différentes formes : subventions, crédits d’impôt, fonds, capital de risque.

Deux sociétés d’État sont chargées du soutien direct aux artistes et aux organismes :

  • Le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ);
  • La Société de développement des entreprises culturelles (SODEC).

L’intérêt de cette politique fut d’avoir mis en place une administration publique de la culture radicalement différente, qui reconnaissait que la culture est constituée d’un ensemble de domaines (théâtre, danse, arts visuels, cinéma…) ayant chacun leur propre dynamique et leurs fins spécifiques.

En conséquence, elle instituait une administration multiforme dans laquelle les mécanismes de décision et de participation sont variés et adaptés aux différents axes culturels et aux divers objectifs poursuivis.

 

Le Conseil des arts et des lettres du Québec : l’outil

Sa mission

Soutenir, sur l’ensemble du territoire québécois, la recherche et la création artistique et littéraire, l’expérimentation, la production et la diffusion dans les domaines des arts visuels, des métiers d’art, de la littérature, du théâtre, de la musique, de la chanson, de la danse, des arts du cirque, des arts multidisciplinaires, du cinéma et de la vidéo indépendante, des arts numériques et de la recherche architecturale.

Soutenir le rayonnement des artistes et des écrivains, des organismes artistiques et de leurs œuvres au Québec, dans le reste du Canada et le monde.

Sa gouvernance

Le conseil d’administration est formé de 15 membres, incluant la présidente et le PDG.

Les membres sont nommés par la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine.

Le CALQ s’inspire des principes suivants :

Le respect de la liberté de création
Le respect de l’indépendance des organismes artistiques
La reconnaissance de l’excellence artistique par les pairs
La rigueur et la transparence des modes d’attribution de l’aide financière
La concertation avec les milieux artistique et littéraire

Gouvernance des fonds

En 2009-10, Le CALQ a bénéficié d’un budget de 100M$ dont plus de 92% a été versé sous forme d’aide financière.

Le cadre de la gouvernance retenu est davantage une décentralisation vers les artistes: c’est à eux que revient de faire des recommandations pour l’attribution des bourses et des subventions à la création.

L’évaluation par les pairs est l’une des caractéristiques fondamentales de la gestion des aides à la création. Le mérite artistique est à la base de tous les choix de soutien.

Le CALQ dispose d’une banque de personnes-ressources provenant de tout le Québec pour la formation des jurys et des comités consultatifs.

Chaque année, près de 300 artistes, écrivains et gestionnaires de toutes les régions du Québec participent à l’analyse de quelque 6 000 demandes d’aide financière et formulent des recommandations.

Le cadre de la gouvernance s’appuie également sur les éléments clés suivants: planification stratégique, orientations disciplinaires, programmes adaptés aux besoins spécifiques de chaque discipline et des diverses dynamiques régionales.

Un soutien stratégique aux artistes et à la création

Pour s’actualiser et se développer, une culture a besoin du savoir-faire et du travail de ses créateurs. Il faut donc leur procurer un environnement favorable à l’exercice de leur art, à l’innovation et au perfectionnement afin de permettre l’épanouissement des disciplines, des modes d’expression, des courants et des visions qui reflètent le pluralisme de notre société.

Aide individuelle

Programmes de bourses destinés aux artistes et aux écrivains professionnels, collectifs d’artistes et commissaires à différentes étapes de leur carrière: bourses de relève, bourses de développement, bourses de mi-carrière et bourses de carrière.

Types de soutien : recherche et création, exploration, commandes d’œuvres, déplacements, résidences de création, promotion et perfectionnement.

Prix à la création artistique du CALQ en région; prix nationaux en lien avec les secteurs disciplinaires.

Bourses issues des ententes régionales conclues entre le CALQ, les administrations régionales et autres partenaires.

En 2009-2010 :

5 312 demandes pour un total de 61,1 M$

1 389 bourses accordées pour un total de 10 M$

Taux de réponse : 26 % (en nombre) ; 16,4 % (en $)

Le soutien à la création (organismes)

  • Centres d’artistes
  • Collectifs d’artistes qui partagent des lieux et des équipements
  • Compagnies à créateur unique en arts de la scène
  • Organismes de service à la création
  • Organismes de diffusion
  • Périodiques culturels
  • Associations professionnelles d’artistes

Types de programmes

  • Fonctionnement
  • Projets de production
  • Accueil de spectacles d’étrangers
  • Circulation des productions au Québec
  • Diffusion hors Québec
  • Organisation d’événements nationaux et internationaux
  • Édition et promotion de périodiques culturels
  • Projets de publication et de prospection
  • Mécénat Placements Culture

L’ouverture à la diversité des expressions culturelles

Les ententes régionales, qui impliquent plusieurs partenaires des milieux politique, culturel et des affaires en région, visent l’appui à la diversité des expressions culturelles.

Ces ententes permet de mieux cibler les besoins de clientèles spécifiques et de faire connaître leur réalité aux partenaires financiers. Par exemple : les soutiens destinés aux artistes autochtones et inuits ainsi que le programme Vivacité Montréal

 

L’occupation culturelle du territoire

L’occupation culturelle du territoire québécois est une préoccupation stratégique du CALQ.

Les arts et la culture sont pour chaque région du Québec un levier essentiel de développement culturel et économique puisque les activités artistiques qui s’y déroulent, en plus d’avoir des retombées directes en termes de salaires versés et d’achats de biens et de services, constituent un moteur pour le développement touristique en attirant et en retenant les touristes.

La culture doit être accessible à toute la population, pouvoir s’épanouir en toute liberté et se renouveler pour être vivante et enracinée dans un territoire. Un défi important si nous considérons l’étendu du territoire québécois, la faible densité de la population, la nécessité d’assurer l’autonomie de la création et d’associer les communautés artistiques et territoriales à la gestion de leur soutien.

L’exercice du soutien à l’excellence permet-il de rejoindre cet équilibre ? Voilà une question à laquelle le CALQ est confronté et pour laquelle il a entrepris une stratégie de « réseautage » en mettant en place notamment l’établissement de cibles budgétaires pour les régions et la signature d’ententes de partenariat dans une perspective d’occupation culturelle du territoire québécois.

En mettant en relief le volet des ententes régionales, impliquant de nouveaux partenaires financiers des quatre coins du Québec, cette action s’inscrit dans un contexte plus large sur la capacité des États à faire face aux contraintes issues de leur propre territoire.

Il s’agit de transformer ces « contraintes » en « opportunités » pour une vie artistique dynamique et stimulante, adaptée avec souplesse aux différents contextes territoriaux, qui font face à leurs propres défis, tant sur les plans social, démographique que géographique et culturel.

Le CALQ est engagé dans un mode d’appariement financier, de gestion et de valeurs partagées, avec plus de 21 administrations différentes, dans 16 des 17 régions administratives du Québec (incluant le Nunavik et bientôt la Jamésie).

Ces actions permettent d’adapter des programmes d’aide financière destinés aux artistes, aux écrivains et aux organismes selon les besoins exprimés par les différents milieux régionaux, en complémentarité aux programmes d’aide financière existants.

 

Impact dans les communautés

Sensibilisation du citoyen et de l’élu à la reconnaissance du travail professionnel de l’artiste et des organismes artistiques :

  • les élus sont plus sensibles à l’activité culturelle sur leur territoire;
  • ils comprennent mieux le principe de reconnaissance par les pairs.

Meilleur accès à des œuvres diversifiées et de qualité.

Engagement des communautés et meilleur soutien des initiatives en lien avec la population.

Découverte de talents locaux.

Résultat: les ententes sont bonifiées.

Le CALQ demeure ainsi à l’écoute des milieux régionaux qui expriment leur volonté de prendre en charge leur propre développement.

 

La présence de la création québécoise à l’international : un enjeu vital

Pour le Québec

La présence affirmée et régulière de nos écrivains, artistes et organismes artistiques sur la scène internationale apporte une contribution exceptionnelle au rayonnement du Québec.

La diffusion et la promotion des œuvres québécoises à l’étranger constituent un gage solide de rayonnement et de renouvellement de la création permettant de conquérir de nouveaux marchés et d’accroître la durée de vie des productions artistiques.

Les artistes et écrivains québécois demeurent les ambassadeurs les plus percutants du Québec : l’expression de la création est un langage universel et s’inscrit dans les missions diplomatiques et commerciales du Québec.

Pour les artistes

  • L’ouverture sur le monde et le ressourcement.
  • L’émulation artistique.
  • Le développement de réseaux et d’affinités artistiques avec des créateurs étrangers.
  • La rencontre de nouveaux publics.
  • Le développement de marchés et une prolongation de la durée des productions artistiques et littéraires.
  • Le rayonnement de l’excellence artistique québécoise.

Le programme de résidences de création du CALQ :

  • 6 studios nationaux : Paris (1965), New York (1981), Rome (2001), Berlin (2004), Londres et Tokyo (2009)
  • Une quinzaine d’échanges d’artistes avec la Finlande, la Suisse, la France, le Mexique, l’Écosse, la Catalogne, la Belgique, le Pays de Galles, le Brésil, l’Ontario, le Nouveau-Brunswick, le Nunavik
  • Autres résidences à Montréal, Banff Centre for the Arts, British School at Rome, Pépinières européennes pour jeunes artistes, programme Unesco-Ashberg, résidences avec des ententes municipales.
  • Récipiendaire en 2010 du Prix pour l’excellence de l’Administration publique du Québec dans la catégorie du rayonnement international.

En 2008-2009 :

  • 39 boursiers québécois ont réalisé une résidence de création dans une vingtaine de lieux répartis dans une quinzaine de pays.
  • 23 artistes du Canada, d’Europe, d’Afrique et d’Amérique latine ont été accueillis dans 5 villes du Québec, avec la collaboration de plusieurs organismes québécois.
  • Des diffuseurs québécois ont été subventionnés pour accueillir 20 projets étrangers assurant ainsi la réciprocité aux pays hôtes de productions québécoises.

Résultats:

140 tournées et plus de 1 500 représentations sur quatre continents par rapport à 90 tournées et 1 400 représentations en 2006-2007.

 

Une expérience particulière: la CITF

La CITF a été créée en 1987 par voie de mémoire d’entente entre des parlementaires de la France, de la Belgique, du Canada et du Québec.

Trois objectifs qui deviendront des fondements :

  1. Faire reconnaître les écritures et les pratiques théâtrale contemporaines de langue française.
  2. Susciter des échanges, des collaborations et des réalisations communes entre tous les pays de la Francophonie.
  3. Favoriser la circulation des spectacles produits par ces pays.

Le CALQ est fier d’être partenaire de la CITF :

  • c’est un autre modèle de soutien à la diversité des expressions culturelles;
  • repousse les frontières et les distances géographiques et culturelles;
  • favorise les rencontres multilatérales entre artistes et créateurs de théâtre provenant de divers continents et de différents pays de la francophonie;
  • et permet la création d’œuvres tripartites qui rayonnent dans l’espace francophone.

Plus de 200 projets ont été réalisé en 24 ans, impliquant 25 pays ou communautés de la francophonie.

Pays membres de la CITF : Canada, Québec, France, Communauté française de la Belgique, Suisse, Roumanie, Mali, Côte d’Ivoire, République démocratique du Congo, Burkina Faso, Algérie, Égypte, Niger, Zaïre, Guinée, Maroc, Tunisie, Île de la Réunion, Burundi, Guyane Française, Bénin, Cameroun, Sénégal, Togo, Liban

Bilan visible et invisible

Les artistes et les écrivains québécois remportent un succès retentissant au Québec et dans le monde :

  • Le théâtre québécois a été l’invité d’honneur à l’édition 2009 du Festival d’Avignon.
  • La danse contemporaine québécoise a reçu les mêmes honneurs à la Biennale de Venise en 2010.
  • En littérature, Dany Laferrière et Kim Thuy ont remporté des grands prix internationaux.
  • En musique, l’Orchestre symphonique de Montréal rayonne et les chefs Yannick Nézet-Séguin et Bernard Labadie font partie des figures prééminentes de la musique classique.
  • En arts visuel, les œuvres de David Altmejd – lauréat du Prix Sobey 2009 – ont été présentées à la Biennale de Venise.
  • Les œuvres de Robert Lepage sont applaudies à travers le monde.
  • Un nouveau festival a propulsé les arts du cirque vers le grand public et lancé le Cirque Éloize dans une vaste tournée internationale.
  • La version musicale de la pièce-phare de Michel Tremblay, Les Belles-Sœurs, amorcera bientôt une tournée en Europe.
  • En France, plusieurs artistes québécois tiennent l’affiche : Fred Pellerin y poursuit sa réinvention du conte et la jeune chanteuse de Cœur de Pirate y a remporté un Victoire de la musique et est en lice pour un second.
  • Sur la scène internationale, la formation montréalais Arcade Fire appartient désormais à l’élite mondiale des groupes rock. De son côté, le groupe francophone Karkwa a été reçu le prix Polaris pour le meilleur album canadien.
  • La soliste Marie-Nicole Lemieux a reçu l’un des plus prestigieux honneurs musicaux en France, le prix de l’Académie Charles-Cros.

En plus de valoir des succès flatteurs pour l’image du Québec, le secteur des arts et de la culture est une importante source de revenus et d’emplois: plus de 1,1 million d’emplois étaient attribuables au secteur culturel en 2007. [1]

Le Conference Board du Canada estime que l’empreinte économique du secteur culturel canadien s’élevait à 84,6 milliards de dollars en 2007, soit plus de 7 % du produit intérieur brut total (PIB) du pays, en tenant compte des contributions directes, indirectes et induites.

Pour les domaines des arts visuels, des métiers d’art, de la littérature, des arts de la scène, des arts multidisciplinaires et des arts médiatiques, plus de 30 000 créateurs et artistes professionnels vivent et travaillent dans de petites et grandes communautés sur l’ensemble du territoire.

Entre 2001 et 2006, le nombre de ces créateurs et artistes a crû de 10 % comparativement à 3 % pour la population active. Le nombre de femmes au sein des professions artistiques s’est accru de 12 % en comparaison de 8 % pour celui des hommes. [2]

Même si la valeur ajoutée du secteur des arts et des lettres se mesure en valeur monétaire, on doit aussi tenir en compte son influence sur l’amélioration de la qualité de la vie des citoyens dans l’ensemble des régions du Québec.

Les avantages sociaux engendrés font que ce secteur joue, entre autres, un rôle fondamental d’intégration sociale en favorisant l’identité communautaire, la créativité, la cohésion et la vitalité.

Il s’avère aussi un facteur de développement humain et un moyen de mener une vie intellectuelle, émotionnelle et spirituelle plus satisfaisante.

La culture s’acquiert d’abord et toujours au contact des créateurs, des écrivains et des artistes.

Les activités artistiques et culturelles sont des expériences qui enrichissent les capacités de communication et la pensée créative des jeunes du préscolaire, du primaire et du secondaire. Ces activités, proposées par les artistes, les écrivains, les organismes culturels, les lieux de diffusion et de conservation, transmettent une passion culturelle aux jeunes, les sensibilisent aux arts, à la littérature et à la fréquentation des lieux et des organismes culturels. Cet accès constitue un enjeu majeur du développement des politiques culturelles et de démocratisation de la culture et est un des fondements de la société distincte du Québec de demain.

  • Professionnalisation et développement marqué de la pratique artistique au Québec.
  • Rayonnement inégalé d’œuvres artistiques riches, originales et porteuse d’identité.
  • Soutien à l’activité artistique sur tout le territoire québécois.
  • Présence artistique et culturelle du Québec dans plus de 40 pays.

Les nouveaux enjeux planétaires

La révolution numérique
Les technologies numériques représentent l’un des défis les plus importants pour l’ensemble de la société québécoise et particulièrement pour les arts et la culture.

La vague numérique touche depuis quelques années tous les aspects de notre société et remplace graduellement les modes analogiques (nécessitant un support physique) de création, de production, de diffusion, de consommation ainsi que les façons de rejoindre le public.

Les changements technologiques bouleversent les industries culturelles, notamment en musique, et permettent au créateur de développer de nouvelles formes d’expression, de produire et de diffuser lui même ses propres œuvres en plus d’avoir un accès direct au grand public sans l’intermédiaire de la chaîne de production traditionnelle.

Le développement des arts numériques, le succès de la diffusion de la musique en ligne, des outils de lecture électroniques, de la diffusion en direct de grandes productions (comme celles du Metropolitan Opera) sont des exemples des bouleversements en cours.

Autres enjeux:

  • La démocratisation planétaire de la création;
  • La protection des droits d’auteur;
  • L’accès aux technologies numériques;
  • L’expression des diversités culturelles à l’échelle internationale
  • La démographie

Pour les années à venir, quel rôle l’État doit-il jouer dans la culture? Quelle sera sa structure? Ses priorités? Et ses stratégies?

Nécessité d’adapter les organisations et de cibler les interventions, de regrouper les intérêts et d’établir de nouveaux partenariats souples et opérationnels.

Références

[1] Conference Board du Canada, Valoriser notre culture, août 2008, pages 4-5.

[2] Statistique Canada, données des recensements de 2001 et 2006.

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