Transcription

La poète autochtone Joséphine Bacon est un sourire. On l’entend dans sa voix. Et on le lit entre les lignes de ses poèmes, imprégnés d’amour et de respect pour ses ancêtres. Depuis plus de 40 ans, elle mène un combat contre l’oubli et la disparition de la culture innue, de sa langue et de ses traditions.

 

En enrichissant la littérature québécoise d’une œuvre basée sur le devoir de mémoire, Joséphine Bacon a aussi inspiré la relève à faire entendre les voix des peuples des Premières Nations. Parmi cette relève, on note Marie-Andrée Gill qui, en trois livres, est rapidement devenue, elle aussi, une icône de la poésie autochtone québécoise.


En 2019, le Conseil des arts et des lettres du Québec a réuni les deux femmes, le temps d’une discussion devant public à la Grande Bibliothèque. Avec ce balado, on vous propose de réécouter cet entretien très touchant, ponctué de récits d’ancêtres, de sagesse et d’une grande dose d’humour. 

Joséphine Bacon

Marie-André Gill (MAG) : J’ai vu dans mon cahier, t’sais le mot que tu m’avais dit que je connaissais pas, kuapitsheu.

Joséphine Bacon (JB) : Kuapitsheu.

MAG : Kuapitsheu. Y’a un « u » à la fin?

JB : Oui, « eu ».

MAG : Ça veut dire puiser de l’eau…

JB : Oui, aller chercher de l’eau. Et puis, je te racontais que j’étais un peu inquiète parce que c’est une action qu’on ne pose plus, presque plus. T’sais, j’avais peur qu’il disparaisse dans le temps, comme beaucoup de mots d’ailleurs, parce qu’on vit plus de la même façon que dans le temps, quand on était dans le Nutshimit. T’sais, c’est plus les mêmes actions qu’on vit donc tous ces mots qu’on utilisait quand on était dans le Nutshimit, j’ai peur qu’on les oublie. Alors, une fois, j’avais dit à une de mes amies innues: sais-tu ce que je vais faire? J’ai dit : je vais aller tout récupérer ces mots-là, pis je vais faire de la poésie avec ces mots pour qu’ils puissent continuer à vivre. Voilà.

MAG : Ben oui. T’sais, tu dis : on peut leur faire vivre avec la poésie, ces mots-là, mais aussi il faut leur faire vivre en le faisant, t’sais, en faisant le geste aussi là. Il y a plus beaucoup de monde, c’est ça que tu me disais, qui font certains gestes comme ça ou certains mots justement du Nutshimit.

JB : Puis moi tu vois, j’arrive des rassemblements des aînés à Mishta Shipu, à la Moisie. Et puis ma définition des aînés, pour moi, c’est ceux qui sont allés dans l’intérieur des terres, qui ont chassé, qui ont portagé, mais qui ont vécu finalement de cueillette, de chasse et de pêche.

JB : Le premier rassemblement des aînés auquel j’ai assisté, c’était en 95, à Schefferville, puis là, il y en avait des aînés, t’sais, encore beaucoup. Puis là, je me rends compte qu’ils s’en vont tranquillement, tranquillement, tranquillement. Puis c’est ça que je trouve un peu triste parce que, eux autres, en s’en allant, ils s’en vont avec toutes leurs connaissances. Ils s’en vont aussi avec la langue. C’est pas juste… Ils ne font pas que mourir, c’est qu’ils partent avec tout leur savoir, tout l’enseignement qu’on aurait pu continuer à vivre.

MAG : Puis ça, y’a une génération de jeunes aussi, qui voient ça aussi partir, puis qui auraient aimé ça, comme avoir certains savoirs, mais vu que ça s’est comme perdu au travers la génération peut être aussi des pensionnats, eh bien t’sais, c’est difficile d’avoir accès à ça. C’est pour ça que, mettons, ton travail permet de ramener ça, t’sais, dans la connaissance pour les plus jeunes, mettons.

JB : Ouais…

JB : Tu vois, je vis beaucoup dans les récits que les aînés m’ont racontés. Par exemple, il y a un aîné qui me racontait, t’sais, parce qu’ils vivaient, ils marchaient beaucoup beaucoup, dans l’intérieur des terres dans le Nutshimit, mais il arrivait parfois qu’ils connaissent la famine. T’sais quand tu manges pas pendant plusieurs jours, tu es faible. Le chasseur, il devient très très très faible. Alors, ce qu’ils faisaient : la femme donnait le sein à son mari pour qu’il puisse continuer à marcher, puis trouver des animaux qui l’aideraient à subvenir aux besoins de ses enfants. Tu vois, la femme était quelqu’un dans ce temps-là…

MAG : Et le gars, il était bien content aussi! Mais aussi, les femmes, comme j’ai entendu dans des récits et tout ça, c’est qu’on entend et on beaucoup entendu le récit des chasseurs qui tuaient des centaines de caribous et tout ça, puis c’est beaucoup les hommes. Mais les femmes, elles, qui restaient au campement, elles chassaient, elles aussi.

JB : Bien sûr. Elles chassaient autour. Parce que, des fois, les hommes, ils partaient quelques jours loin du campement, donc les femmes, il fallait qu’elles s’occupent de nourrir la famille. T’sais, donc elles chassaient le petit gibier comme la perdrix, le lièvre, pour continuer à nourrir leurs enfants et leurs vieux aussi. Leurs vieux, leurs vieilles. Les vieux, c’était tellement important, important! C’était des trésors, autant que les enfants l’étaient. Il y a des gens, ils me racontaient souvent que, quand ils montaient à l’intérieur dans le Nutshimit, en septembre ou fin août, tu amenais toujours tes vieux avec toi, tes aînés. Des fois, ils étaient tellement vieux qu’ils avaient de la misère à marcher, donc ils les portaient sur leur dos. Eux autres, ils avaient toute l’expérience de la terre, ils connaissaient tout. C’est comme si t’amenais ton université sur ton dos, c’était comme ça, exactement.

MAG : Ouais, ou bien que tu amenais ton Google pour poser toutes tes questions!

JB : Oui! Le Google Home tout intégré. T’sais, t’avais pas besoin… T’avais juste à être là, puis écouter. Savoir écouter.

MAG : Mais si on revient, mettons à aujourd’hui, tout ce que t’écris aujourd’hui, c’est pour faire la transmission d’avant jusqu’à aujourd’hui. Mais tu mets quand même du tien, t’sais, dans tout ça. Fait que, comment tu vois ton rôle? Parce que tantôt t’sais, ils te nommaient genre cinéaste tout ça, poète, mais moi je te vois vraiment comme un transmetteur. Tu sais, t’es toujours en train de transmettre…

JB : Comme me disait Ian Boyd, quand on a écouté ensemble I.L.A.M., qui est un Sénégalais, il me disait : « c’est un griot ». Pis il m’a dit « toi aussi t’es un griot ». Mais j’ai dit, « je peux pas être de la bouffe quand même!» Parce que moi, le mot « griot » que je connaissais, t’sais quand tu vas dans les restaurants haïtiens, tu manges des griots. Pis là, il m’a expliqué, c’est quelqu’un qui transmettait la musique de sa famille ou de sa nation sénégalaise. Alors, j’ai compris que « griot », c’est pas juste la viande très cuite.

Tu vois, ça fait 50 ans que j’habite Montréal, mais les choses que je sais raconter, ce sont les récits que tous ces aînés m’ont racontés parce que je sais que ces récits-là me ressemblent, plus que si je racontais Blanche-Neige ou Cendrillon. Des récits me reviennent toujours en mémoire. Et puis, quand ils me reviennent en mémoire, eh bien je retourne dans le Nutshimit.

MAG : Tu fermes les yeux, puis t’es capable d’y retourner.

JB : Ouais, ouais, je me laisse aller.

MAG : Moi, tant qu’à être là, j’avais des questions pour toi aussi, parce que je viens de Mashteuiatsh, comme tu sais…

JB : Aweille donc! Ben oui!

MAG : Je sais que t’as déjà passé du temps aussi là-bas.

JB : Ouais!

MAG : Puis tu sais, ça a comme manqué quand même, ça aussi dans mon éducation, l’histoire des aînés, même à Mashteuiatsh, parce qu’il y a eu justement une coupure. Puis comme bien du monde, je me suis ramassée que, quand j’étais jeune, c’est pas quand j’étais jeune que j’ai appris des choses, c’est plus tard dans ma vie… T’sais, un peu comme toi aussi, t’sais.

JB : Oui

MAG : Au début, dans notre éducation, on n’apprend pas nécessairement ça, mais plus tard, y’a d’autres transmetteurs qui viennent nous apprendre c’est quoi notre culture.

JB : Mais, tu vois! Moi, tu vois, j’ai passé 14 ans au pensionnat. Tu vois, tous ces récits que je raconte aujourd’hui, je les connaissais pas du tout, mais vraiment pas du tout. C’est à Montréal, parce que j’ai habité Montréal, que j’ai appris tout ça. Parce que j’ai eu de la chance de rencontrer trois anthropologues. Y’a eu Rémi Savard, qui lui m’a raconté les mythes fondateurs. T’sais, j’allais le voir à son bureau, puis là, je l’écoutais me raconter les mythes que j’aurais dû entendre si j’avais été nomade. Puis Josée Mailloux, elle m’a appris à écrire ma langue en phonétique. Et puis, Sylvie Vincent, elle m’a amené comme assistante de recherche dans les communautés. Alors, au lieu qu’ils racontent à Syvie, les aînés, c’est à moi qu’ils racontaient, et puis je pouvais poser toutes les questions que je voulais. T’sais, tous les mots que je ne comprenais pas, ils me les expliquaient.

JB : (Mot innu), les vieux ou les vieilles disaient en (mot innu) : les esprits sont là. Tu peux sentir l’esprit de Papakassik, par exemple, qui est le maître du caribou. Mon grand-père, il disait, apparemment des fois ils arrivaient presque à la maison de Papakassik. Aussitôt que tu approchais, ben tu perdais connaissance comme si t’arrivais jamais à l’atteindre. C’est ça qu’il m’a raconté. Et puis, mon père adoptif, lui il a déjà rêvé à Papakassik, le maître du caribou, mais quand tu rêves à Papakassik, tu peux pas raconter ton rêve. Et puis j’ai essayé par toutes les manières, toutes sortes de manigances, mais il me l’a jamais raconté.

MAG : Ah ouais? Mais pourquoi tu peux pas? C’est une tradition…

JB : Tu vois, quand t’es chasseur, nomade, t’sais quand ils étaient encore des (mot innu), je dirais, eh bien on m’a dit souvent qu’il y a des rêves que tu peux raconter et d’autres rêves que tu peux pas parce que ça pourrait devenir dangereux pour toi. Mais ils avaient besoin de leurs rêves pour subvenir à leurs besoins. Tu vois, c’est pour ça qu’ils mangeaient de la graisse de caribou souvent avant de se coucher parce qu’apparemment ça favorisait le rêve. Mais tu sais, comme nous tous, je sais bien qu’il y a des gens qui disent, moi je rêve jamais, jamais. Alors ces chasseurs-là, c’est leurs femmes qui rêvaient à leur place.

MAG : OK! J’ai lu puis j’ai entendu que le rêve justement, il paraît que dans le temps, c’était considéré comme, c’est la réalité autant que la vraie réalité. Si tu rêves à quelque chose, si tu choisis que ce soit vrai, ça peut être vrai tout ça.

JB : Ouais ouais! Mais tu vois, chez les aînés, t’avais toujours un aîné qui lui comprenait les rêves. Fait que, c’est à lui que t’allais raconter ton rêve pour qu’il te l’explique. Par exemple, pour un chasseur, rêver à une très, très belle femme… Eh bien quand tu rêves à une très, très belle femme, ça voulait dire que t’allais faire une bonne chasse. Il y avait comme des symboles dans les rêves qui te disaient comment serait ta chasse le lendemain. Et il fallait être beau aussi pour un chasseur. Il fallait qu’il se fasse beau quand il partait chasser parce que c’était important qu’il plaise à cette femme qu’on appelle (mot innu). S’il plaisait à cette femme-là… s’arranger pour diriger ses raquettes vers des pistes d’animaux, c’est ce que les aînés racontaient.

MAG : C’est comme si le rêve, la chasse, la sexualité, tout ça était entremêlé.

JB : Oui! L’hiver, la neige, elle est tellement blanche, tu vois presque des mirages…

MAG : Mais j’imagine que quand ils vivaient vraiment en harmonie avec le territoire, tout ça, tu peux dans ce temps-là voir des choses parce que t’es tellement en symbiose avec ton monde, que tu peux mélanger toutes ces affaires-là, je pense, sans problème, c’est sûr.

JB : Ben oui! Ben oui! Comme tu pouvais pas insulter la neige. Fallait pas manquer de respect à la neige. Une fois, un chasseur, tu vois que l’hiver avait été particulièrement dur. Puis là, le printemps est arrivé, tu sais, c’était de la neige qui est déjà mouillée. Tu sais que c’est le printemps qui va s’installer. Puis il a donné un coup de pied dans la neige! Il dit : hey, t’as pas réussi! En tout cas, il a nargué la neige. Puis, le soir, il est allé se coucher, puis là il a fait un rêve. Et dans son rêve, l’esprit du froid est venu le voir. Puis il lui a dit : tu vas descendre à la côte (mot innu). Je te laisse aller, mais il dit : tu vas revenir. Fait qu’il a dit : fais attention à toi. Évidemment, le chasseur est parti, puis il a passé l’été à la côte comme on faisait là, pour laisser reposer le Nutshimit, tous les esprits, même l’esprit des (mot innu) se reposer. Fait que là quand est venu le temps de retourner dans le Nutshimit, fin août, début septembre, là où il avait l’habitude de chasser, le froid était déjà installé. Puis là, son rêve est revenu le voir.

Puis là, il s’est souvenu du rêve qu’il avait fait, alors il a fait son bois de chauffage. Il en a fait en masse. Beaucoup, beaucoup, beaucoup! Il a fait beaucoup de graisse de caribou. Beaucoup! Il a cumulé… Il a séché de la viande, en tout cas, pour pas en manquer. Effectivement, quand l’hiver est arrivé, au moment où c’est le plus froid, il a eu de la visite. Puis surtout quand t’es nomade, la visite est plutôt rare, hein! Puis, c’était un homme qu’il connaissait pas, fait que quand il l’a vu arriver et il l’a invité à rentrer dans sa maison. Et puis là aussitôt qu’il est rentré, sa maison est devenue froide. Et là, de plus en plus froid. Fait qu’il réchauffait sa maison, du feu du feu, mais un moment donné le bois de chauffage diminuait alors il a commencé à faire chauffer la graisse de caribou. Puis tranquillement, il a réussi à réchauffer sa maison, il a pu la garder chaude. Puis là, il s’est rendu compte que c’était l’esprit du froid, qui était venu lui rendre visite. Puis là, quand l’esprit est parti, il a dit : Prends garde d’insulter, de manquer de respect à la neige. C’était comme ça, c’était ouais…

MAG : C’est une bonne leçon à apprendre ça.

JB : Notre hiver est long, hein!

MAG : Le monde chiale contre la neige. Après ça, ils ont frette en dedans chez eux. Ils se demandent pourquoi!

JB : Passage en innu

J’ai 100 mots à te raconter

Mon vieil âge, mes rides

Je n’ai plus l’alerte des pas

Le souffle court

J’avance dans mon songe, sans fatigue

Je sais entendre les feuilles

J’apprends le monde

Mon âge vieillit avec moi

Je n’ai pas 100 mots

Je n’ai pas 100 ans

MAG : Tu as bien repris le thème que tu avais proposé…

JB : Ah ouais oui! Ben écoute! C’est surtout quand on me demande d’écrire quelque chose pour une revue, puis il faut qu’il y ait 3000 mots. J’ai dit : où est-ce que je vais trouver 3000 mots? C’est toujours… Je panique toujours. C’est comme l’autre jour, j’étais à Mémoire d’encrier, y’avait comme une petite fête, puis un des auteurs de Mémoire d’encrier m’a offert son livre. T’sais, il était ça d’épais. J’ai dit : mais où est-ce que t’as trouvé tous ces mots? Fait que, je me dis que j’aimerais bien, un jour, écrire un roman, mais ça demande tellement de mots. Je sais pas où est-ce que je pourrais les trouver.

MAG : Mais c’est ça ton rapport à l’écriture? Mettons, quand vient le temps d’écrire, c’est difficile pour toi d’écrire ou ben… Comment tu fais ça?

JB : Écoute, ça n’a pas de bon sens. Écoute! J’ai jamais pensé que j’étais poète parce que c’était pas un mot français qu’on apprenait au pensionnat. Mais j’ai connu une jeune fille, une Bretonne, qui s’appelle Laure Morali, qui elle, est une grande poète. Elle écrit de la belle poésie. Puis depuis toute jeune, qu’elle venait au Québec, de sa Bretagne jusqu’au Québec, puis elle allait toujours à Mingan, qu’ils ont fini par l’adopter. Puis, elle a fait un rêve. Elle a rêvé comme les anciens, puis son rêve lui disait de jumeler des auteurs québécois et poètes québécois aux Premières Nations.

MAG : (mot innu)

JB : Ouais! Fait que là, on est devenu des amies plus tard, et puis elle m’a raconté son rêve. J’ai dit : mais il faut que tu le fasses! Puis elle m’a demandé si je voulais bien participer à son rêve. J’ai dit oui! Fait qu’elle a trouvé tout son monde, 15 auteurs québécois et poètes, et 15 Indiens. Moi, j’étais jumelée à un poète qui s’appelait José Acquelin, un grand poète aussi. Laure, elle appelait ça « correspondance ». Puis moi, le mot « correspondance » que j’avais appris en français, c’est que tu écris une lettre. J’ai reçu une première enveloppe de José, je l’ai ouverte, puis là c’était écrit « rondez-vous ». Moi, j’étais sûre qu’il avait fait une faute d’orthographe, mais non c’était une tournure, tu vois. Il faisait pas, il commençait pas au bout de la page pour finir à la fin de la page. C’était plutôt en long, court… Fait que j’ai lu, j’ai relu, mais je comprenais pas où est-ce qu’il voulait en venir. Fait que là, je me suis dit, je vais attendre sa deuxième lettre. Fait que, comme de fait, la deuxième lettre est arrivée. Ça s’appelait, « sphère-toi ». Ben j’ai dit ça va bien. Mais là, j’ai plus compris. J’ai relu et relu et relu que j’ai fini par comprendre comment il écrivait. Alors, je me suis dit: mais je vais lui répondre de la même façon qu’il m’écrit. Je me posais un peu la question sur son orientation sexuelle. Mais quand on le connaît, c’est un grand poète, puis quand il dit sa poésie, c’est un peu comme toi, y’a que toi qui dis ta poésie comme tu dis. J’ai écrit, ça s’appelait Two-spirit. Alors, je disais : fût-il, fut-elle, est-elle, est-il… Fait que, ça a été le premier poème que je lui envoyais puis c’est comme ça que tout a commencé finalement.

MAG : Fait que c’était ça, ton premier poème dans le fond?

JB : C’est comme si la poésie que j’écris est née d’un rêve, mais le rêve de Laure Morali. Mais moi, j’ai toujours écrit sur des bouts de papier, n’importe quoi, comme ce que j’ai pu voir hier en faisant le ménage dans ma paperasse. J’ai dit, finalement Laure a raison, j’écris sur n’importe quoi, n’importe quand, n’importe où. Alors, c’est ça.

Je m’appelle Nicolas Ouellet et vous venez d’écouter Dialogues, un balado produit par le Conseil des arts et des lettres du Québec, en partenariat avec le journal Le Devoir, BAnQ et Savoir Média. Musique et montage : Magnéto

Si vous avez aimé ce balado, poursuivez votre écoute dans les prochains épisodes avec Michel Tremblay, Michel Marc Bouchard et Kim Thúy.