Réseau indépendant des diffuseurs d’événements artistiques unis (RIDEAU)

© RIDEAU
23 septembre 2014 Allocution de Stéphan La Roche à l’Assemblée générale annuelle de RIDEAU
Notes pour une allocution de
Stéphan La Roche, président-directeur général
du Conseil des arts et des lettres du Québec,
à l’occasion de l’Assemblée générale annuelle de RIDEAU

Maison des arts de Laval
23 septembre 2014 à 9 h 30

LA VERSION LUE FAIT FOI.

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Bonjour à toutes et tous,

Permettez-moi tout d’abord de féliciter Louise Martin et de lui souhaiter le meilleur des succès dans son nouveau mandat à titre de présidente de RIDEAU. J’en profite également pour souligner l’engagement et le travail dévoué et passionné de Jean-Pierre Leduc à titre de président au cours des sept dernières années. Merci pour cette contribution exceptionnelle.

C’est avec un réel plaisir que j’ai accepté l’invitation de Colette Brouillé de vous adresser la parole dans le cadre de l’Assemblée générale annuelle de RIDEAU. Cette tribune me donne l’occasion de partager notre réflexion sur les enjeux actuels de la diffusion avec ceux qui les vivent en première ligne.

C’est d’abord l’occasion de saluer avec enthousiasme la centaine de nos nouveaux partenaires de la diffusion, les diffuseurs pluridisciplinaires, qui font désormais partie de la famille du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ). Vous êtes les bienvenus et je souhaite de tout coeur que vous vous sentiez rapidement chez vous.

Mais je saisis aussi l’occasion pour aborder quelques légendes (urbaines ou autres) au sujet du CALQ et vous le présenter tel qu’il est en 2014 et tel qu’il a évolué après 20 ans d’existence et de soutien aux milieux artistiques et culturels.

Je sais pertinemment que certains d’entre vous ont des craintes face au changement qui vient de s’opérer. Nous comprenons fort bien l’incertitude et l’insécurité que vous éprouvez face à cette nouvelle réalité.

J’espère que cette première communication officielle saura apporter certaines réponses et vous faire comprendre que le CALQ est votre partenaire, tout autant qu’il l’est depuis 20 ans pour les créateurs.

Je tiens à vous dire que nous sommes très heureux de pouvoir travailler avec vous au rayonnement des arts à travers le Québec. Votre présence aux côtés des autres joueurs de la diffusion qui sont soutenus au CALQ, comme les diffuseurs spécialisés, les organisateurs d’événements et de festivals, les organismes de création et de production en arts de la scène, les organismes de service, les associations professionnelles et les regroupements disciplinaires, nous offre la chance d’élargir notre action et d’intervenir à toutes les étapes de la production artistique, allant de l’inspiration créatrice à l’ovation spontanée d’une salle subjuguée.

Vous représentez des ancrages au sein des régions et votre rôle est capital pour le rayonnement de la culture au Québec. Nous avons la chance de vivre dans une société qui est ouverte à l’expression artistique sous toutes ses formes. Le public québécois est privilégié d’avoir accès sur l’ensemble du territoire à des productions artistiques diversifiées qui enrichissent la vie culturelle des localités et des collectivités.

Depuis toujours, les diffuseurs pluridisciplinaires sont des alliés naturels de la création. Déployés sur l’ensemble du territoire, vous êtes le maillon de la chaîne qui permet à l’oeuvre d’exister dans le coeur de son public. D’une certaine façon, vous étiez notre chaînon manquant.

Car c’est là l’objectif fondamental de la réforme qui vient de se produire avec le transfert de la responsabilité du soutien aux diffuseurs pluridisciplinaires du ministère de la Culture et des Communications (MCC) vers le CALQ: assurer une meilleure cohérence et une plus grande cohésion de l’action gouvernementale en matière de diffusion.

L’arrivée de diffuseurs pluridisciplinaires au CALQ contribuera à enrichir notre réflexion en cours qui vise à repenser ses actions pour les rendre plus cohérentes, plus intégrées, plus efficientes. Pour faire en sorte que chaque étape de nos champs d’intervention – la création, la production, la diffusion – se fasse de façon optimale et adaptée à la réalité actuelle. Une réalité en pleine mutation comme vous le savez.

La vision d’ensemble que procure l’intégration de tous les partenaires de la diffusion est nécessairement garante de résultats positifs pour tous les maillons de cette chaîne. Et je vous assure que ce sera notre but au CALQ.

Ce qui m’amène à vous présenter les actions du CALQ en faveur du développement et du rayonnement de la créativité québécoise sur l’ensemble du territoire.

En premier lieu, nous sommes convaincus que l’intégration des diffuseurs pluridisciplinaires au CALQ s’inscrit parfaitement et en droite ligne avec notre nouvelle structure organisationnelle pour la gestion des programmes de soutien qui a permis la mise en place d’une direction spécifique consacrée à la diffusion sous la direction de Réjean Perron.

Vous me permettez au passage de souligner qu’outre Réjean, qui compte de nombreuses années au service notamment de la circulation et de la diffusion des oeuvres, vous pourrez compter sur de nombreux alliés au sein de notre organisation, des gens qui connaissent et qui comprennent votre réalité. À commencer par Marie Daveluy, secrétaire générale et directrice de la Planification et des affaires institutionnelles, ex-directrice générale de RIDEAU, Louis-Yves Nolin, directeur des Ressources humaines, de l’administration et du mécénat, ex-directeur général du Palais Montcalm, et votre humble serviteur, ex-directeur général du Palais Montcalm aussi, ex-membre du conseil d’administration de RIDEAU, et qui a participé activement et avec passion à l’élaboration et à la mise en oeuvre de la première et seule politique de la diffusion des arts de la scène au Québec (avec Marie Daveluy à l’autre bout de la table !).

Je souligne aussi la présence au sein de notre conseil d’administration, d’Alan Côté, de Petite-Vallée, que vous connaissez tous, et de Paule Beaudry, directrice générale de la Danse sur les routes du Québec.

De plus, le CALQ comptait déjà parmi ses clientèles 62 diffuseurs spécialisés dont le rôle est d’offrir une plateforme de diffusion aux artistes et aux organismes oeuvrant dans une discipline artistique spécifique. Le décloisonnement de nos champs d’intervention, qui était autrefois par discipline artistique, permet de concilier plus adéquatement les étapes liées au processus de création, à la production des oeuvres artistiques et à leur rayonnement dans des lieux de diffusion appropriés.

L’action du CALQ en diffusion se concrétise de plusieurs façons. D’abord, en soutenant les activités des diffuseurs spécialisés et maintenant des diffuseurs pluridisciplinaires, ainsi que celles dans le cadre des festivals, manifestations et événements; en soutenant l’accueil de spectacles étrangers et des projets structurants en diffusion; en soutenant les tournées au Québec et hors Québec des diverses compagnies en arts de la scène et les déplacements des artistes; en soutenant diverses initiatives, telles que les résidences de création…Voilà plusieurs maillons de la chaîne…

En outre, dans une perspective de développement de notre action dans l’ensemble des régions du Québec, nous avons mis en place différentes mesures pour stimuler le développement artistique et culturel en région.

Parmi les mesures qui ont favorisé un meilleur soutien aux artistes et aux organismes des régions, mentionnons l’une d’elles qui a connu un essor impressionnant au cours des dix dernières années. Il s’agit de la signature et de la mise en oeuvre d’ententes régionales visant le développement artistique dans chaque région avec les conférences régionales des élus (CRÉ), plusieurs municipalités et divers autres partenaires tels que des forums jeunesse, des municipalités régionales de comté et des centres locaux de développement.

Ces ententes constituent un levier important pour assurer un développement durable du soutien aux artistes professionnels et aux organismes artistiques en région, le financement de ces ententes étant assuré à parité. Aujourd’hui, les partenaires qui participent à ces ententes viennent doubler, parfois tripler même, l’investissement financier du CALQ. Le soutien dans le cadre des ententes régionales assure une aide financière complémentaire aux programmes réguliers.

Ces ententes régionales permettent aussi une approche plus cohérente du développement artistique et culturel en région. On peut remarquer une adéquation entre les ententes et les orientations figurant au plan stratégique des CRÉ. Il est désormais reconnu que le CALQ fait partie intégrante du développement culturel en région et du développement régional en général.

Mieux encore, ces ententes nous ont permis d’enrichir et de développer une connaissance et une expertise des enjeux régionaux et de leur évolution.

Il est clair que les diffuseurs pluridisciplinaires en région sont désormais admissibles à ces ententes qui visent à associer les communautés artistiques et les collectivités territoriales à la gestion du soutien qui leur est destiné.

Je vous invite à vous tenir à l’affut des prochaines inscriptions pour les dépôts de projets dans le cadre des programmes issus de ces ententes qui couvrent l’ensemble du territoire québécois, à l’exception d’une seule région, celle où nous nous trouvons, Laval.

Mais j’ai de bonnes nouvelles pour Laval ! L’an dernier, j’étais ici-même dans cette Maison des arts de Laval pour l’ouverture de l‘événement Parcours Danse (peut-être certains d’entre vous étiez présent et s’en souviendront) et j’interpellais les représentants de la Ville de Laval pour les inviter à discuter d’une telle entente avec nous. Eh bien, je suis heureux de vous dire que j’ai été entendu et que les discussions sont amorcées avec Laval en vue d’une nouvelle entente qui prendra effet en 2015.

Pour l’élaboration et la mise en oeuvre de ces ententes régionales, je signale que nous travaillons en collaboration avec les directions régionales du MCC. Cette collaboration sera maintenue et même renforcée au cours des prochains mois. Nous sommes en effet à finaliser une entente de partenariat unissant le CALQ et le MCC afin de renforcer la synergie unissant le CALQ aux directions régionales. Cette volonté de travailler de concert avec nos collègues du MCC en faisant appel à leur expertise nous habitera également dans la gestion du programme de soutien aux diffuseurs pluridisciplinaires. Je tiens à vous assurer que nous sommes sensibles à votre réalité et que nous n’hésiterons pas à faire appel aux connaissances acquises au fil des ans par les équipes régionales du MCC.

Par ailleurs, pour témoigner de notre préoccupation constante pour les régions, je souligne qu’il est obligatoire que des artistes, diffuseurs et gestionnaires d’organismes oeuvrant en région siègent à tous nos jurys et comités d’évaluation et ce, pour l’ensemble des programmes du CALQ, qu’ils soient nationaux ou régionaux. D’ailleurs, nous n’avons jamais hésité à inviter des diffuseurs pluridisciplinaires à faire partie de nos comités d’évaluation et leur contribution a toujours été précieuse et appréciée.

Toujours sous l’angle de la représentativité, je signale que le conseil d’administration du CALQ compte six représentants des régions autres que Montréal et Québec (sur quinze membres). Le CALQ est aussi constitué de cinq commissions consultatives, qui guident nos actions et nos orientations stratégiques et veillent sur nos programmes. Toutes comportent un nombre important de représentants des régions. Parmi ces cinq commissions, deux vous concernent au premier chef: la Commission des arts de la scène et de la diffusion et la Commission des régions. Ces commissions nous ont permis de développer une meilleure connaissance des réalités, des besoins et des attentes en matière de diffusion et en matière de développement régional.

Je suis heureux de vous annoncer que nous élargirons dès cet automne la composition de ces deux commissions pour y accueillir des diffuseurs pluridisciplinaires de façon à nous assurer de prendre en compte encore mieux vos réalités, vos enjeux et vos besoins.

Ces commissions jouent et joueront un rôle d’importance dans le processus de révision des programmes que nous amorçons.

Comme nous nous sommes déjà engagés avec la direction de RIDEAU, je vous confirme que nous allons réviser le programme de soutien aux diffuseurs au cours des prochains mois. Une révision que nous ferons évidemment en partenariat avec RIDEAU, mais aussi avec les autres partenaires de la diffusion afin d’accroître les complémentarités.

Pour procéder à cette révision, le CALQ invitera les diffuseurs pluridisciplinaires à lui faire part de leurs réflexions et des défis auxquels ils doivent faire face qui, nous en convenons, se distinguent de ceux vécus par les diffuseurs spécialisés et autres joueurs du secteur.

Déjà, nous sommes à pied d’oeuvre. Une première rencontre aura lieu avec RIDEAU, le 8 octobre prochain à ce sujet.

Au cours de l’été, le CALQ a répondu aux urgences liées à l’attribution du soutien financier et les quelque 101 dossiers de diffuseurs pluridisciplinaires ont été pris en charge comme il se doit. Je tiens à remercier la contribution de Marie Daveluy et de Réjean Perron de même que celle de leurs équipes respectives qui ont besogné afin de faire en sorte que la transition se passe dans les meilleures conditions possibles. Ce genre de situation constitue toujours un défi administratif et je crois que l’on peut dire qu’ils ont livré la marchandise avec efficacité.

Parmi les effets positifs de votre arrivée au CALQ, je vous annonce que les diffuseurs pluridisciplinaires peuvent dès maintenant déposer une demande d’aide pour des projets structurants en diffusion. Avec ce programme, le CALQ souhaite encourager les actions structurantes qui contribuent au développement et à la consolidation de la diffusion ou qui permettent un rapprochement entre les créateurs, les producteurs, les diffuseurs et leurs publics. L’information sur ce programme est disponible dès maintenant sur notre site Web.

En définitive, nous sommes déterminés à faire en sorte que l’intégration des diffuseurs pluridisciplinaires au CALQ permette une meilleure concertation entre les acteurs de la chaîne de diffusion et une meilleure synergie sur le plan régional, notamment avec les directions régionales du MCC en assurant un dialogue avec les organismes de création et de production de même qu’avec les artistes.

Vous le savez mieux que quiconque, il existe déjà plusieurs formes de collaboration entre des artistes et des diffuseurs. Par exemple, de plus en plus de diffuseurs offrent des résidences de création, parfois permanentes, à des artistes ou des organismes de production, oeuvrant dans leur région ou à l’extérieur.

En rendant ainsi disponibles leurs équipements, ces diffuseurs voient leur structure d’accueil devenir aussi des lieux de recherche et de création. Ils deviennent plus attirants. Cette collaboration peut s’élargir à la collectivité en impliquant des écoles ou des groupes communautaires et en demandant aux artistes en résidence d’inviter les élèves ou les citoyens à participer au processus de création. Dans ce genre de collaboration triangulaire, tout le monde est gagnant. C’est là une autre des pistes que nous pourrons explorer ensemble au cours des prochains mois.

J’ai mentionné précédemment « vous le savez mieux que quiconque »… car, s’il est une chose dont nous sommes persuadés, c’est que vous êtes des experts, non seulement de la diffusion, mais aussi de la création ! Vous avez acquis une solide connaissance des mécanismes de la création et de la production artistiques. Vous avez développé une vision artistique et vous la faites vivre et rayonner. C’est cette expertise que nous voudrons mettre de l’avant et valoriser davantage.

Et comment, me direz-vous ? Sans vouloir présumer des résultats de nos travaux de consultation et de révision des programmes, je me permets de lancer quelques pistes:

  • Ne devrait-on pas encourager davantage les initiatives et particulièrement celles faisant appel aux partenariats ? On peut penser aux résidences de création évidemment, comme je l’ai déjà mentionné, mais à bien d’autres choses aussi…
  • Ne devrait-on pas innover dans l’établissement d’une nouvelle formule de financement?
  • Ne devrait-on pas imaginer un nouveau modèle de financement, plus souple et équitable, étant capable de moduler son approche aux diverses réalités?
  • Ne devrait-on pas être capable de reconnaître que la réalité d’un diffuseur établi à Fermont ou aux Iles-de-la-Madeleine est différente de celle de ses collègues oeuvrant à Rimouski ou à Gatineau?
  • Ne pourrait-on pas reconnaître des pôles culturels régionaux auxquels contribuent fortement les diffuseurs?

Voilà des questions que nous nous poserons, ensemble, et auxquelles je nous invite à trouver des réponses pertinentes et efficaces.

Que voilà un chantier stimulant !

Les chantiers

Parlant de chantier, je ne peux m’adresser à vous aujourd’hui sans aborder ce grand processus de réflexion axé sur quatre grands thèmes que j’ai lancé il y a tout juste un an.

Comme vous le savez, nous vivons en ce moment et faisons collectivement face à une période de mutations profondes de notre société.

Nos créateurs et nos organisations artistiques, diffuseurs inclus, doivent s’adapter à ces mutations sociales et technologiques. Tous ces défis solliciteront comme jamais notre capacité à innover, à inventer, à créer. C’est pourquoi nous avons déclenché quatre chantiers de réflexion pour répondre à ces enjeux majeurs liés au virage numérique, aux changements démographiques et à la mondialisation.

Ces chantiers portent sur:

  • le rayonnement
  • le renouvellement générationnel
  • la diversité culturelle
  • l’interdisciplinarité et la pluridisciplinarité

Il s’agit de réfléchir ensemble pour nous permettre de mieux répondre à ces préoccupations, mais aussi redéfinir nos façons de faire. Nous voulons mieux épauler nos créateurs et nos organisations artistiques qui doivent s’adapter à ces mutations sociales.

Vous serez évidemment invité à y contribuer pour enrichir la réflexion sur ces questions importantes pour l’avenir et pour nourrir notre vision et la quête de solutions à ces défis.

Défi pour les diffuseurs

Des défis, il y en a de nombreux pour les diffuseurs.

Une récente étude de Hill Stratégies (Facteurs dans la fréquentation des activités artistiques par les Canadiens en 2010, publiée en septembre 2012) montre que les publics sont aussi interdisciplinaires. Ceux fréquentant les galeries d’art et les musées fréquentent aussi les arts de la scène. Il y a une corrélation similaire entre les personnes qui assistent à des concerts de musique classique, de musique traditionnelle et de musique populaire. « Une des principales conclusions de ce rapport est que de nombreuses activités culturelles ont une incidence sur les taux de fréquentation d’autres activités au-delà des facteurs démographiques. De fait, l’analyse présentée par ce rapport démontre que l’exposition aux activités culturelles et les expériences culturelles sont des facteurs plus importants dans la fréquentation des arts que les facteurs démographiques. » On parle de chevauchements culturels.

Plusieurs observateurs constatent aussi que les publics sont de plus en plus éclectiques et butinent les expériences artistiques. Ils constatent aussi que la culture « classique » est en perte de vitesse, surtout chez les jeunes.

Les stratégies des diffuseurs, même disciplinaires, vont aussi dans ce sens puisqu’ils participent à divers festivals qui ne sont pas nécessairement en lien avec leur discipline. Un diffuseur en danse qui collabore avec un festival de littérature. Et inversement, un festival de littérature qui inscrit à sa programmation une activité de lecture et de musique. Le but étant de rejoindre de nouveaux publics. Ces stratégies m’apparaissent très saines et j’ose croire qu’elles sont porteuses.

Les diffuseurs et les organisateurs d’événements ont aussi de la difficulté à trouver du financement pour les projets « pluridisciplinaires » auprès des institutions actuelles, parce qu’il faut absolument y accoler une spécialité qui n’est pas nécessairement représentative de la réalité. Dans quelle discipline artistique faire la demande ? Selon la nature de l’événement ou le lieu de diffusion?

C’est à tout cela qu’il faudra trouver des réponses.

Perspective

Au cours des dernières années, la révolution numérique a provoqué une crise sans précédent dans les médias, mais aussi dans la chaine de diffusion des industries culturelles où les intermédiaires, notamment dans les domaines du livre, de la musique enregistrée et de la vidéo, voient leur rôle remis en question au profit de distributeurs numériques tels que Apple, Google, Amazon, Netflix, etc. Relativement épargné jusqu’à maintenant, le spectacle vivant (arts de la scène) devrait vivre sa révolution numérique également. Bientôt, des salles de diffusion seront en mesure de présenter en direct sur grand écran en haute définition, des oeuvres théâtrales, chorégraphiques ou musicales, comme le fait déjà le Metropolitan Opera depuis une dizaine d’années. Le temps n’est plus loin où une pièce de théâtre à Montréal pourra être vue à Baie-Comeau et à Rouyn-Noranda en même temps. Mais aussi à Paris ou à New York. Et inversement, un spectacle de chants de gorge de Kuujjuaq pourrait être diffusé à Montréal, et même, pourquoi pas, simultanément à Tokyo.

Le numérique

Vous le savez, le MCC planche depuis plusieurs mois avec ses partenaires du réseau ministériel, comme le CALQ et la SODEC, sur les mesures qui mettront en oeuvre la stratégie culturelle numérique. Des annonces seront faites très bientôt à ce sujet.

Vous avez bénéficié d’une première annonce lors du lancement de cette stratégie il y a quelques mois. Avec l’implantation du programme d’aide pour l’acquisition d’équipement numérique et votre volonté d’en connaître davantage sur les besoins des artistes et des organismes artistiques, vous pouvez compter sur l’appui du CALQ pour favoriser une concertation qui vous permettra de faire des choix judicieux dans ce monde en mutation.

Conclusion

Tous ces changements solliciteront la capacité d’adaptation des milieux artistiques dans ses façons de faire connaître les oeuvres, de les faire rayonner, et même de les concevoir.

Le grand défi reste la concertation. Une approche concertée, flexible et adaptée aux réalités des différentes disciplines artistiques et des régions est nécessaire pour maximiser les retombées de la présentation d’une oeuvre. La diffusion, c’est une « oeuvre collective ».

Je suis convaincu que tous ensemble, par le dialogue et les échanges d’idées, nous saurons trouver des réponses stimulantes, originales et structurantes qui nous permettront de poursuivre le développement des arts au Québec.

Au-delà de tout ce qui précède, je souhaite que vous reteniez de mon intervention que le CALQ est votre maison:

  • une maison ouverte;
  • une équipe à l’écoute;
  • une organisation capable de souplesse et qui recherche l’équité;
  • une approche sensible aux réalités régionales;
  • une volonté de favoriser les liens entre les créateurs et les diffuseurs;
  • une vision qui fait appel à l’excellence et à l’innovation.

Je vous souhaite la bienvenue chez vous, au CALQ, de tout coeur !

Merci de votre attention.

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