Leonard Cohen, 2013

© Leonard Cohen

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Leonard Cohen, 1967

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Leonard Cohen

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Quelques albums de Leonard Cohen

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11 novembre 2016 Leonard Cohen, C.A.L.Q.
Leonard Cohen

 

Leonard Cohen
(1934-2016)

En 2015, le CALQ a décerné l’Ordre des arts et des lettres du Québec à 35 personnalités québécoises pour leurs réalisations exemplaires. Leonard Cohen en faisait partie, mais n’avait pu assister à la remise de l’insigne symbolisant l’Ordre. Nous avions conservé l’espoir de lui remettre à une autre occasion qui ne s’est malheureusement jamais présentée. C’est avec une infinie tristesse que nous avons appris son décès, avec le sentiment d’être orphelins, partagé mondialement par tous ceux que son œuvre immense a touchés.

Le parcours légendaire de Leonard Cohen s’est amorcé à Montréal, en 1967. C’était l’année de l’Expo, et celle de Suzanne. Avec une désinvolture mélancolique, un jeune poète passait de la littérature à la chanson en affirmant son credo : l’amour, la femme, la liberté, tandis qu’en contrepoint se profilaient la solitude, la blessure et la trahison. Son talent et la puissance de son verbe allaient se manifester dans toutes les chansons qui ont suivi, qu’il travaillait avec un soin d’orfèvre, organisant le chaos à coups de mots précis, cherchant l’accord secret qui saurait « plaire à Dieu ».

« Si je savais d’où viennent les bonnes chansons, je m’y rendrais plus souvent », lançait en boutade celui qui, à la manière d’un oiseau migrateur, effectuait d’incessants allers-retours entre l’île de Montréal et celle d’Hydra, en Grèce. Moins en quête d’inspiration qu’en quête spirituelle. Ses grands voyages étaient intérieurs, dans un labyrinthe où cohabitent la vérité et le Minotaure qui s’expriment tous deux dans ses chansons polarisées. Il avait l’art de conjuguer profane et sacré dans ses déclarations d’amour, de relater ses « défaites invincibles » et d’opposer l’humour aux idées noires qui le taraudaient.

Avec autant de générosité que de modestie, il veillait discrètement sur la suite du monde, solidaire de ses pairs. Lorsque le Prix Denise-Pelletier lui fut attribué en 2012, il a décidé d’offrir au CALQ les 30 000 $ qui l’accompagnaient pour qu’ils soient reversés à un jeune auteur-compositeur. C’est ainsi que Vincent Vallières a pu effectuer une tournée dans des écoles secondaires de plusieurs régions.

Leonard Cohen voyait la faille en toute chose mais avait choisi de croire qu’elle permettait à la lumière de se frayer un chemin. Cette lumière qu’il a braquée sur la complexité de l’âme humaine continuera à nous guider, comme sa voix grave et chaleureuse à nous bercer.

Au nom de l’équipe et du conseil d’administration du Conseil des arts et des lettres du Québec, j’exprime mes sincères condoléances aux membres de sa famille, à ses proches et à l’ensemble de ses admirateurs.

Anne-Marie Jean
Présidente-directrice générale

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